Agen

34 600 hab. (Agenais), dont 2 000 à part, 1 149 ha, préfecture du Lot-et-Garonne, sur la Garonne et le canal latéral, à mi-distance de Toulouse et Bordeaux. Elle a commencé par l'ancien oppidum celtique Aginnum, chef-lieu des Nitiobriges, et dont le nom vient sans doute du gaulois agino, hauteur; puis elle s'est étendue comme ville gallo-romaine dans la plaine; un évêché y est apparu au 10e s. Le centre est connu pour sa cathédrale, en partie du 12e s. mais refaite au 19e,plusieurs beaux hôtels particuliers des 16e et 17e s. formant le musée des Beaux-arts (avec cinq Goya), deux anciennes tours, trois théâtres et un festival du théâtre; parc des expositions, pont-canal de 1843 et promenade du Gravier le long du fleuve, un hippodrome. La majorité municipale est revenue à droite en 2008, après un intermède sous diretion socialiste. Le maire est Jean Dionis du Séjour (Nouveau Centre), ingénieur, également député.

Les fonctions de préfecture et de métropole départementale apportent à Agen un centre hospitalier public de 420 lits et 1 400 emplois, un hôpital privé (Saint-Lazare, 700 sal.) et des cliniques totalisant 300 lits, dont la clinique Esquirol Saint-Hilaire qui emploie 590 sal.; des maisons de retraite Résidence des Remparts (65 sal.), Orpea (50 sal.) et Tiers Temps (40 sal.); plusieurs lycées et collèges publics et privés, l’activité de l’agglomération est marquée par l’industrie pharmaceutique et alimentaire. Le principal employeur est l’ensemble UPSA, fondé à Agen par le docteur C. Bru en 1935 et appartenant maintenant au groupe états-unien Bristol-Myers-Squibb, qui emploie à la production d'antalgiques 200 personnes à Agen, 640 au Passage et estime induire 4 000 autres emplois par sa présence. Mais les ateliers sont plus nombreux dans les communes de banlieue qu’à Agen même, qui n’a guère en propre que l’Atelier de bobinages électriques (45 sal.) et l'abattoir des viandes Sémeillon (80 sal.).

La commune d’Agen contient de nombreux établissements du secteur tertiaire dont un hypermarché Carrefour (220 sal.) et un supermarché Casino (65 sal.), des magasins comme Castorama (120 sal.), Metro (50 sal.), Galeries Lafayette (45 sal.), Conforama (35 sal.). Se distinguent en outre la banque BNP (55 sal.), les entreprises de travail temporaire Adecco (170 sal.), Morgan (170 sal.), Triangle Guyenne et Gascogne (120 sal.), Astone (85 sal.), l'aide à domicile Avenir Services (80 sal.), les gestionnaires de logements Habitalys (OPHLM, 85 sal.) et Ciliopée (75 sal.), la restauration d'entreprise Avenance (45 sal.); négoce de quincaillerie Cogex (55 sal.); installations électriques Cileos (60 sal.); traitement des eaux Veolia (70 sal.); nettoyage FD 47 (40 sal.), blanchisserie RLD 1 (35 sal.); plâtrerie Moretti (35 sal.); transports Satar (50 sal.), Leclerc Sotap (45 sal.), autocars Pascal (60 sal.) et nombreux garages. La Caisse primaire d'assurance maladie affiche 250 salariés, la Caisse d'Allocations familiales 120, l'URSSAF 75, les Assdic 45; la Chambre de Commerce 40, EDF-ERDF 230, GDF 60.

Le club Sporting Union Agen a 50 sal., un glorieux passé en rugby et a retrouvé en 2010 le haut niveau (Top 14). Agen accueille aussi plusieurs antennes universitaires décentralisées de Bordeaux (dont IUT et IUFM), avec résidence et restaurant universitaires, et l’École nationale de l’administration pénitentiaire (ENAP), ainsi qu’un lycée agricole privé, et le 48e régiment des Transmissions (1 100 personnes en 2011). La population de la commune a longtemps été en croissance modérée: elle atteignait 25 000 hab. dans les années 1930 et a culminé en 1968 à 35 000 (sdc); elle a diminué ensuite: elle était de 32 200 hab. en 1999 (population totale); puis elle a regagné 2 400 hab. de 1999 à 2008, selon les données officielles.

La ville dirige un pays de l'Agenais (52 communes, 101 000 hab.) et une communauté d'agglomération d'Agen, de 70 200 hab. et 10 communes, Colayrac et Foulayronnes au nord, Bon-Encontre et Boé au sud-est, Le Passage et Layrac de l'autre côté de la Garonne,plus Saint-Hilaire-de-Lusignan, Sauvagnas et Bajamont qui sont moins peuplées. L'unité urbaine Insee est donnée pour 77 000 hab. (69 500 hab. en 1999), l’aire urbaine pour 104 800 hab. (94 700 en 1999, 82e de France). L'aéroport (Agen-la Garenne, au Passage-d'Agen), dont le Conseil général est le principal propriétaire, bénéficie d'une ligne régulière vers Paris (3 allers-retours quotidiens), assurée par la compagnie portugaise Aerocondor avec un ATR et des Shorts, et d'une liaison hebdomadaire avec Bragance (Portugal); de catégorie C, avec piste de 2 165 m, il dépasse les 30 000 passagers. Une école de formation de pilotes (Airways) y est installée. Dans l'agglomération au sud d'Agen, le technoparc dit «Agropole», avec pépinière d'entreprises et centre de ressources, a reçu 70 établissements sur 70 ha; un marché d'intérêt national fonctionne à Boé.

L'arrondissement d'Agen a 116 100 hab. (105 400 en 1999), 71 communes, 12 cantons; il couvre le quart SE du département (101 300 ha). Les cinq cantons d'Agen groupent 68 200 hab. (63 100 en 1999), 9 communes, 15 980 ha et s'étendent surtout dans les serres au nord et au nord-est de la ville et comprennent Le Passage, Foulayronnes, Colayrac-Saint-Cirq, Pont-du Casse, Bon-Encontre; côté sud, ils se limitent à la rive droite de la Garonne, c'est-à-dire presque seulement à la commune de Boé à l'est.

À l'ouest à 10 km d'Agen, Saint-Hilaire-de-Lusignan (1 400 hab., 1 677 ha), dans le canton d'Agen-Nord, occupe la plaine au confluent du Bourbon, qui descend du Castella en passant sous le vieux château de Madaillan; le village principal étire ses maisons le long de l'ex-N 113, tandis que le hameau de Lusignan-le-Grand se perche sur l'éperon de confluences. La commune a de nombreux hameaux dispersés; l'un d'eux, Maurignac, assez étoffé, se perche sur une forte colline au nord-ouest Le nom de la commune, d'abord Saint-Hilaire, était devenu Saint-Hilaire-sur-Garonne en 1834 et a changé à nouveau en 1970 avec l'absorption de la commune de Lusignan-Grand, qui a apporté 250 hab. La population de la commune a doublé depuis 1954, en raison de cet apport et de la proximité d’Agen; le minimum de population est des années 1930.

Au nord-est, dans le canton d'Agen-Nord-Est, Bajamont (940 hab., 1 220 ha dont 169 de bois) avait fusionné avec Pont-du-Casse en 1973 mais a repris son indépendance en 1983. Étiré du SO au NE avec pour axe la vallée de la Masse, son finage a un habitat totalement dispersé, avec toutefois une esquisse de centre en fond de vallée, au lieu-dit Saint-Arnaud; tout près a été aménagé un lac de barrage de 22 ha dans le vallon affluent du ruisseau de Laroque, en partie au moins pour la régulation des crues. La commune, qui a eu plus de 700 hab. dans la première moitié du 19e s., était descendue à 390 hab. en 1968; elle croît depuis.

Le pruneau d'Agen

Le pruneau d'Agen est une prune séchée, d'assez longue conservation. Il semble que les moines de Clairac, dès le 13e s., aient réussi à croiser par greffage un prunier local avec le prunier de Damas, rapporté d'Orient par les Croisés: d'où le nom de prune d'ente associé à cette production. D'abord séchée au soleil, la prune l'a été ensuite dans des fours ou des étuves. La marine marchande fut un grand consommateur de pruneaux au 19e siècle, Agen étant alors leur principal port d'expédition. Le séchage se fait de nos jours dans des tunnels: il y faut environ 20 heures à 75°C. La profession compte 2 250 producteurs, dont environ mille ont leur propre tunnel (deux tiers de la production), les autres utilisant l'un des 200 fours collectifs (coopératifs ou privés). Il existe 8 groupements de producteurs (4 coopératives et 4 syndicats) et 22 transformateurs privés. En fait, la principale aire de production n'est pas à Agen mais autour de Villeneuve-sur-Lot, où se trouve le Bureau interprofessionnel.