Aigle (L')

8 500 (Aiglons), 1 802 ha, chef-lieu de canton du département de l’Orne dans l’arrondissement de Mortagne-au-Perche, à 32 km au nord de celle-ci sur la Risle. Le nom s’écrivait Laigle avant 1961. Considéré comme le chef-lieu du pays d’Ouche, L’Aigle est au centre d’une étoile de routes et sur la voie ferrée de Paris à Granville; elle dispose d’un aérodrome avec aéroclub. La ville ancienne a un château de 1690 selon Mansart (hôtel de ville), une tour de l’horloge du 11e s., et nombre de vieilles maisons; musée de Juin 1944 et musée des instruments de musique.

Solide centre de services avec un centre hospitalier de 150 lits, deux lycées publics, des collèges, L’Aigle a longtemps disposé d’une base industrielle, notamment dans la petite métallurgie, renouvelée par des implantations du temps de la «décentralisation» vers l’Ouest. Il en reste plusieurs ateliers fabriquant des tôles et des portes pour l’industrie, et un spécialiste de crochets pour toitures et gouttières (Frénehard-Michaux, 40 sal., depuis 1889) mais dont les principales instalaltions sont à Saint-Symphorien-des-Bruyères. Une ancienne usine Hoechst, reprise par Aventis puis cédée au groupe grec Marinopoulos, fabrique des médicaments (Famar, 180 sal.).

D’assez nombreux ateliers émergent les cartonnages Coffret Pack (ex-Davoise, 35 sal.), les machines pour les papeteries James Burn (35 sal.), la tôlerie F2A (La Tôlerie industrielle, 45 sal.). Bolloré-Jival (groupe allemand Sofico-Mäder, 50 sal.) prépare des peintures pour l’industrie. Dans le tertiaire, Intermarché (85 sal.) et Bricomarché (25 sal.); hôtel du Dauphin (25 sal.); tranports Perret (25 sal.) et autocars Aiglons (50 sal.), comptabilité Seag (20 sal.).

L’Aigle est aussi un centre de services pour l’agriculture avec de gros marchés de bestiaux et des foires, un centre d’élevage et d’insémination; et une spécialité de cervelas. La population communale s’est tenue entre 5 000 et 5 700 hab. de 1800 à 1930, puis a entamé une croissance qui a culminé en 1982 (9 800 hab. sdc). Depuis, elle diminue et a encore perdu 800 hab. entre 1999 et 2008. La communauté de communes du pays de L’Aigle associe 15 communes (19 000 hab.). L’unité urbaine Insee est donnée pour 11 600 hab., l’aire urbaine pour un peu moins de 20 000.

Les 2 cantons, dont l’un est limitrophe du département de l’Eure, réunissent 18 600 hab. (18 800 en 1999), 14 communes, 18 588 ha dont 3 219 de bois. Le paysage environnant est marqué par la présence d’une variété particulière de sapins pectinés, relictes de l’époque glaciaire et seul cas en France pour des forêts de plaine; plusieurs toponymes en «Sap» attestent de leur ancienneté. Saint-Symphorien-des-Bruyères (500 hab., 1 602 ha), 5 km au NO de L’Aigle, a trois unités de la métallerie Frénéhard et Michaux (110 sal.) spécialisées dans les matériels de sécurité (garde-corps) et la galvanisation; église inscrite du 15e s. Saint-Martin-d'Écubei (590 Écubleins, 1 194 ha dont 294 de bois), à 5 km au NE de L'Aigle, accueille un mécanique SMA (25 sal.); le village domune le coteau de rive gauche de la Risle et le finage s'étend des deux côtés de la vallée; château du Mesnil (19e s.) avec parc, au sud. La commune a gagné 80 hab. depuis 1999.

Un peu en aval de L’Aigle (3 km NE), Saint-Sulpice-sur-Risle (1 700 hab., 2 845 ha dont 1 199 de bois) est illustrée par la fabrique d’aiguilles à coudre et épingles Bohin, bien connue des couturières et qui fonctionne depuis 1833 (40 sal.). La commune abrite un centre Leclerc (210 sal.), un négoce de matériel agricole (Emeraude, 30 sal.), la comptabilité Fiteco (45 sal.); château du Fontenil (15e au 17e s.) à l'ouest, juste au nord de L'Aigle; église inscrite des 13e et 15e s., dolmen classé au Jarrier. Sa population est légèrement croissante depuis 1975; elle s'est augmentée de 150 hab. entre 1888 et 2008. L'aérodrome de L'Aigle-Saint-Michel (code LFOL) est au sud du finage,avec une piste en dur de 800 m et un aéroclub. Au sud-est, la commune englobe la plus garnde partie de la forêt de L'Aigle, ce qui donne à son finage un périmètre très contourné.

En amont du chef-lieu, à Rai (1 660 hab., 1 603 ha dont 312 de bois), 4 km OSO de L’Aigle, Tréfimétaux (groupe italien KME, ex-SMI) exploite dans la vallée de la Risle une usine de 390 emplois (fils et barres de cuivre, ancienne usine de Boisthorel); un tissage de lin (Rai Tillières) emploie 45 salariés; toitures Gondouin (30 sal.). La population communale a sensiblement augmenté depuis deux siècles, avec un palier à 1 000-1 100 hab. entre 1930 et 1970; elle a perdu 129 hab. de 1999 à 2008. Le nom de la commune vient d'un gué (gaulois rito).

Non loin, 7 km au SO de L’Aigle toujours dans la vallée de la Risle, Aube (1 490 Albins, 574 ha) conserve le château de la comtesse de Ségur (domaine des Nouettes), une bâtisse de brique rose acquise en 1820 et qui abrite aujourd’hui un institut médico-pédagogique (100 emplois); un musée-souvenir a été ouvert à proximité dans l’ancien presbytère; on visite également une ancienne forge, classée depuis 1982 (musée de la Grosse forge). La société d’exploitation forestière et d’élagage Jean Fréon emploie 85 personnes. La population de la commune a augmenté jusqu’en 1990 (540 hab. en 1900, 1 000 dans les années 1950) mais a perdu 130 hab. de 1999 à 2008.

Saint-Ouen-sur-Iton (900 Audoniens, 1 419 ha), 7 km au SO de L’Aigle, a gagné 50 hab. dans le même temps; elle abrite une entreprise de transports (Lecercle, 35 sal.), une fabrique de fils métalliques (Axfil, 30 sal.); IMV Techonologies (ex-Institut de Médecine Vétérinaire, 200 sal.), spécialiste de matériel d’insémination (animale et humaine), a regroupé ses équipes de L'Aigle pour s'installer en 2010 dans de nouveaux locaux en zone industrielle à Saint-Ouen-sur-Iton. Le château du Buat (17e s.) est au nord-ouest, à la limite de la commune et de l'agglomération de L'Aigle; haras.

Saint-Michel-Tubœuf (590 hab., 873 ha dont 167 de bois), 6 km ESE de L’Aigle, a une menuiserie métallique (Sebire, 35 sal.). La commune est née d’une fusion de 1965; Tubœuf est sur l’Iton à 2 km au SE de Saint-Michel et s’orne d’un château du 17e siècle à la corne de la forêt de L’Aigle; une tour de télégraphe Chappe (fin du 18e s.) est proche de Saint-Michel. La commune a gagné 40 hab. après 1999. Crulai (970 Crulaisiens, 2 250 ha dont 235 de bois) et Irai (560 Idriuciens, 1 485 ha), au sud du canton, à 6 et 10 km du chef-lieu, se partagent le plateau entre Avre et Iton; Crulai a gagné 170 hab. de 1999 à 2008, Irai 100.