Aigueblanche

2 700 hab. (Aigueblancherains), 1 967 ha, commune du département de la Savoie dans le canton de Moûtiers, juste en aval du chef-lieu à 460 m. Étroitement associée aux activités industrielles de sa voisine d'aval La Léchère, elle est plutôt résidentielle mais se signale également par ses commerces et ses productions énergétiques. Elle abrite l'établissement thermal de la Léchère (85 sal.) et son hôtellerie (25 sal.) et comptait 300 résidences secondaires en 1999. Elle a deux grosses usines de carbone et graphite de Carbone Savoie (250 sal.) et de ferrosilicium Ferropem (190 sal.); magasins Super U (35 sal.), jardinerie et espaces verts Martoia (30 sal.), maçonnerie EGBT (30 sal.), ateliers de charpente.

Un barrage a été construit sur l'Isère juste en amont d'Aigueblanche, aux Échelles d'Hannibal, en 1954; il établit une chute de 23 m et retient un plan d'eau de 15 ha. Le nom des Échelles évoque la légende d'un passage hypothétique d'Hannibal et de ses éléphants dans leur traversée des Alpes; du moins signale-t-il une sorte de gué où a pu s'accrocher le barrage, dans la cluse même où l'Isère se fraie un passage entre Moûtiers et Aigueblanche et qui correspond au pli calcaire le plus oriental du Sillon intérieur. La route N 90 a été dédoublée et une moitié passe en tunnel dans cette cluse, dite aussi des gorges du Pont Séran. L'usine électrique souterraine voisine est alimentée aussi par une conduite souterraine de 16 km venant de la vallée des Encombres au sud.

Depuis la fusion avec Villargerel (200 hab.) et Grand-Cœur (500 hab.) en 1971, le territoire communal monte au nord jusqu'au Quermoz (2 296 m), englobant plusieurs villages dont Villaudry et Navette; il contient le petit lac du Gazon sous le Quermoz. Le finage s'étend aussi un peu sur l'ubac au sud-ouest, au-dessus des hameaux de Bellecombe-Tarentaise qui prolongent Aigueblanche sur la rive gauche de l'Isère, depuis la même opération de fusion de 1971, Bellecombe ayant alors 450 hab.; base de loisirs du Morel sur l'Isère. La fusion de 1971 a fait passer Aigueblanche de 970 hab. à 3 100, mais la population a diminué depuis, puis a regagné 300 hab. de 1999 à 2007.

Deux petites communes restées indépendantes encadrent sur le versant d'ubac le territoire d'Aigueblanche, Saint-Oyen (200 Saint-Oyennais, 211 ha) au NO près de La Léchère à 600 m, Le Bois (280 Velborains, 555 ha dont 350 de bois) au sud à 650 m, qui toutes deux ont gagné récemment quelques habitants - presque 50 de 1999 à 2006 pour Le Bois. Le finage du Bois s'orne en hauteur du petit lac de barrage du col de la Coche, à 1 400 m, qui fait partie de l'aménagement hydraulique de la centrale d'Aigueblanche; il peut stocker 2 Mm3, permettant à l'usine de fournir un apport supplémentaire quasi immédiat de 300 MW en pointe; le barrage, terminé en 1975, a 35 m de haut et 150 de long et le plan d'eau occupe 9 ha. Aigueblanche est le siège de la communauté de communes des Vallées d'Aigueblanche, qui groupe 3 communes et 5 200 hab.; les autres sont La Léchère et Les Avanchers-Valmorel, laquelle avait été réunie à Aigueblanche de 1972 à 1987.