Aiguilles

450 hab. (Aiguillons), 4 016 ha dont 1 130 de bois, chef-lieu de canton des Hautes-Alpes dans l'arrondissement de Briançon, 42 km au sud-est de la ville (22 à vol d'oiseau), à 1 470 m d'altitude. Le village est en adret au bord du Guil, qui lui a donné son nom (Ad Guillum), sans rapport avec des aiguilles. Il abrite la Maison du Parc du Queyras et il contient quelques maisons cossues bâties par d'anciens expatriés ayant réussi aux Amériques (barcelonnettes), ainsi qu'une maison Eiffel en fer à tour carrée; il conserve un hôpital local (4 lits médicaux, 120 en tout), un vieux pont en amont, une église du 17e s. Au sud a été aménagée la station de sports d'hiver de Peynin avec 16 pistes et 7 remontées mécaniques; ski de fond, un village de vacances, un centre de vacances dans l'ancien Grand Hôtel de 1910, base de loisirs de l'Aiguillon.

Le finage, perpendiculaire au cours du Guil, monte au nord au Petit Rochebrune (3 083 m) et au sud jusqu'au pic du Fond du Peynin (2 897 m); il offre de beaux contrastes d'exposition entre les versants d'ombrée, boisés, et les adrets, nus. La commune a eu jusqu'à 980 hab. au début du 19e s.; sa population est passée par un minimum de 250 hab. dans les années 1960 puis s'est accrue jusqu'en 1999 puis a perdu une vingtaine d'habitants de 1999 à 2006. Aiguilles est le siège de la communauté de communes de l'Escarton du Queyras, qui rassemble 8 communes et 2 400 hab.

Le canton a 2 100 hab., 7 communes, 43 736 ha dont 9 168 de bois. Il couvre tout le haut bassin du Guil. Ristolas (78 Ristolins, 8 218 ha dont 1 324 de bois) est la commune la plus en amont. Le village, à 1 610 m, a été détruit en 1944 par faits de guerre et reconstruit; une Maison de la Nature y a été aménagée par le Parc du Queyras. S'il n'est qu'à 9 km à l'est d'Aiguilles, la pointe sud-est du finage est à 15 km au SE du village, et proche du mont Viso. L'altitude y atteint 3 210 m à la pointe Gastaldi, juste au-dessus des sources du Pô, 3 284 m à la Grande Aiguillette plus à l'ouest. Vers le nord sur la crête frontalière, le mont Granero parvient à 3 171 m et a été doté d'un refuge côté italien; un tunnel avait été creusé dès 1480 sous le col de la Traversette pour faciliter le passage vers le haut Pô, mais il a été abandonné un siècle après.

La route parvient jusqu'au Belvédère du Viso à 2 133 m, près du chaos de la Roche Écroulée (école d'escalade); le refuge du Viso est un peu au-delà, à 2 460 m sur le GR 58c. En aval, le Petit Belvédère du Viso est à 1 894 m; sentier écologique du Pré Michel. Le hameau de la Monta et celui de l'Échalp prolongent l'habitat de Ristolas; l'Échalp, vers 1 700 m, est le dernier habitat au bord du Guil; on y voit un canal sur pilotis de bois; le GR 58 passe en Italie par le col de la Croix (2 299 m), près duquel sont un ancien refuge Napoléon vers 2 000 m et, plus bas, un tumulus préhistorique (hallstattien).

Le Guil reçoit à gauche dans la commune deux vallons. L'un part de l'Échalp et, suivi par le GR 38, atteint au sud le Pain de Sucre (3 211 m); il est agrémenté par les lacs Égorgéou (2 394 m), Foréant (2 618 m) et le tout petit lac Baricle. L'autre, plus bas mais plus ample, part de Ristolas et monte au sud jusqu'au Grand Queyras (3 114 m); il est suivi par le torrent de la Ségure qui, malgré son nom («sûre»), a détruit en partie Ristolas en 1957, peu après la reconstruction du village. La commune a plusieurs colonies de vacances et une résidence de tourisme, une petite station de ski près du village (2 pistes, 2 téléskis). Elle a eu 750 hab. au début du 19e s. et un minimum de 49 en 1962; elle a gagné 15 hab. de 1999 à 2007. Elle avait en outre une soixantaine de résidences secondaires en 1999.

Abriès (360 Abriessois, 7 713 ha dont 1 254 de bois) est un charmant village à une confluence du Guil, à 1 547 m. Son ban, creusé de plusieurs profonds vallons, est encadré par les sommets frontaliers du Bric Bouchet (2 997 m, refuge côté italien) et du Grand Queyron (3 038 m) à l'est, du Bric Froid (3 302 m) au nord et du Grand Glaiza au nord-ouest (3 286 m). Le GR 58 y a plusieurs ramifications. Le hameau du Roux, au nord, est le principal habitat hors du bourg; au-dessus à 1 850 m, Valpréveyre est une base appréciée d'excursions; mais son camping a été dévasté par des crues en 2000. À la limite occidentale de la commune, le vallon de Malrif mène au lac de Laus (2 579 m); le col de Malrif (2 857 m) donne accès à Cervières dans le canton de Briançon par un rude sentier.

Abriès a été l'une des plus anciennes places de marché au passage de la frontière, et l'un des premiers villages électrifiés du massif, une petite usine hydroélectrique y ayant été construite en 1896. Il subi des destructions en 1945 et lors des inondations de 1975. La commune a eu plus de 2 000 hab. au début du 19e s., 195 au minimum de 1968; elle a gagné 20 hab. entre 1999 et 2004 et a plus de 400 résidences secondaires pour 150 résidences principales. Le village propose un musée du costume; église des 16e-18e s., nombreuses chapelles (17e-19e s.), halle de 1609, où sont la mairie et l'office du tourisme; institut médico-éducatif. Une petite station de ski de 15 pistes dispose de trois remontées mécaniques; centre de vacances du Bric Bouchet. La commune plante des mélèzes et construit des cabanes pastorales.

Château-Ville-Vieille (320 hab., 6 690 ha dont 2 493 de bois) est en aval d'Aiguilles à 1 340 m et réunit les deux villages de Ville-Vieille, à 5 km OSO du chef-lieu, et de Château-Queyras à 7 km, tous deux au bord du Guil. Château-Queyras était le siège de la seigneurie du Queyras. La commune a eu près de 1 400 hab. au début du 19e s., 270 au minimum de 1982; après avoir un peu augmenté sa population, elle a perdu une vingtaine d'habitants de 1999 à 2005 mais a deux fois plus de résidences secondaires (240) que de résidences principales. Le Fort-Queyras y est une citadelle médiévale restaurée par Vauban et enfermant un haut château; on y visite un Espace géologique sur les Alpes, une Maison de l'Artisanat. Une armoire exposée dans la mairie comporte huit serrures symbolisant la fédération de paroisses du Queyras, qui composaient au 18e s. la «république» des Escartons. Le Guil offre ici un grand site de sports nautiques. La commune a une trentaine de commerçants et artisans, dont une petite fromagerie au hameau de Montbardon, juché tout au sud-ouest de la commune au-dessus du défilé du Guil.

Son finage est piqueté par plusieurs hameaux dispersés et des chalets et cabanes d'alpage; il offre plusieurs sites fréquentés, comme la Demoiselle Coiffée, la Pierre Fiche et le Sommet Bucher au sud, ainsi que le défilé du Guil au Rocher de l'Ange Gardien, amas morainique à l'éntrée de la Combe du Queyras et proche du grand monument aux 210 morts queyrassins de la Grande Guerre, érigé en 1926. Le finage monte au nord jusqu'à 3 325 m au Grand Pic de Rochebrune, mais ne dépasse guère au sud la limite des forêts qui couvrent son ubac. Une petite station de ski est desservie par deux télésièges.

Au-dessus, les reliefs du bassin de l'Aigue Agnelle, affluent de gauche du Guil qui aboutit à Ville-Vieille, relèvent de Molines et de Saint-Véran. Saint-Véran (270 Saint-Véranais, 4 475 ha dont 513 de bois), 16 km au sud d'Aiguilles, est réputé, à 2 040 m, être le plus haut village de France et même d'Europe; son habitat de grands chalets de bois à casets et fustes est remarquablement entretenu; musée Le Soum, exposition sur une ancienne mine de cuivre, artisanat du bois. La population communale a culminé à 875 hab. en 1841 puis a diminué jusqu'en 1968 (220 hab.); elle a un peu repris ensuite et a gagné 25 hab. de 1999 à 2005; s'y ajoutent 320 résidences secondaires. Le finage correspond au grand vallon du torrent de l'Aigue, où le village se tient sur l'adret. Le relief monte au sud-est à la Tête des Toillies (3 176 m), qui est à la fois sur la frontière et à la limite des Alpes-de-Haute-Provence. Le refuge de la Blanche est à 2 499 m sous ce sommet; deux chapelles au fond du vallon; observatoire au pic de Château-Renard (2 989 m).

Le finage de Molines-en-Queyras (330 hab., 5 362 ha dont 638 de bois) enveloppe celui de Saint-Véran et compte sept hameaux. Vers l'ouest, il contient la corniche dite crête de la Combe Arnaude; vers l'est il est beaucoup plus étendu, occupant toute la haute vallée de l'Aigue Agnelle, fermée par le Pain de Sucre et le pic de Caramantran (3 026 m, «carnaval» en occitan). Une route la suit de bout en bout et franchit le col Agnel (2 746 m) avant de descendre vers Pontechianale et Casteldelfino en Italie; un écomusée est au hameau de Fontgillarde, le plus haut de cette vallée à 2 030 m; refuge Agnel à 2 580 m.

Le village, 6 km au sud de Ville-Vieille au confluent des deux Aigues à 1 760 m, conserve de belles maisons anciennes (17e-18e s.) à grands balcons de bois. La station de ski de la montagne de Beauregard est partagée avec Saint-Véran; elle propose 34 pistes et 15 remontées mécaniques, une piste de luge en été; elle est gérée par Queyras Développement (35 sal.). Molines a eu plus de 1 000 hab. au début du 19e s.; sa population est passée par un minimum de 245 hab. en 1968 et a augmenté depuis, mais elle a stagné de 1999 à 2006; les résidences secondaires sont très nombreuses (650 en 2006).

Arvieux (360 Arvidants, 7 262 ha dont 1 816 de bois) est la commune la plus occidentale du canton et n'a pas moins de treize hameaux. Elle a dépassé 1 000 hab. en 1841, et connu un minimum de 320 hab. en 1975; sa population oscille depuis 1982, sans parvenir à croître; mais Arvieux a trois fois plus de résidences secondaires (480) que de résidences principales. Le village, 13 km à l'ouest d'Aiguilles à 1 545 m, est dans le vallon de la Rovière, 4 km au nord du défilé du Guil, sur la route de Briançon; l'ensemble est parfois dénommé Val d'Azur et se distingue par ses maisons traditionnelles à arcades. Celle-ci franchit au nord de la commune le col de l'Izoard (2 361 m), ouvert en 1893 au-dessus du désert pierreux de la Grande Casse. Le point culminant de la commune, à l'ouest du village, est le Béal Traversier (2 912 m); quelques chalets d'alpage et le refuge de Furfande (2 293 m) sont sur les hauteurs occidentales. La station de ski de la Chalp offre 13 pistes et 6 remontées mécaniques; la commune dispose de 45 km de pistes de ski nordique et affiche 3 500 «lits touristiques».

Le hameau de Brunissard, à 1 850 m, sert d'étape sur la route de l'Izoard, et s'orne d'un vieux campanile. La commune abrite deux villages de vacances et son territoire est sillonné par les sentiers des GR 5 et 58; artisanat du bois et des jouets, fromagerie (fruitière), musée des moulins d'Arvieux avec moulin à eau restauré, musée du cyclotourisme au col de l'Izoard; église du 16e s. Dans le défilé du Guil (Combe du Queyras), le site de la Chapelue offre des possibilités d'escalade; les Escoyères sont un hameau qui passe pour être le plus ancien du Queyras, proche d'une chapelle qui remonte au 13e s., mais a été plusieurs fois refaite.