Aigurande

1 700 hab., 2 777 ha, chef-lieu de canton de l'Indre dans l'arrondissement de La Châtre, à 26 km au SO de celle-ci, au nord de la Bouzanne. Située dans le bocage du massif ancien à l'extrême limite de la région Centre, Aigurande fait traditionnellement figure de bourg de passage, entre le bassin de la Creuse et celui de l'Indre, et longtemps à la frontière de la Marche et du Berry. Le nom même évoque cette situation, comme les Ingrandes de la région. La population communale a atteint 2 000 hab. en 1841 et s'est élevée jusqu'à près de 2 600 en 1911, puis a régulièrement baissé, perdant 260 hab. de 1990 à 1999, mais seulement une dizaine de 1999 à 2006.

Le village est composé de deux noyaux qui n'ont été réunis qu'en 1847, et s'aère de nombreuses places et placettes. Il a tous les équipements d'un centre local, dont un collège public, et accueille une zone d'activités et la grande imprimerie Rault (160 sal.); un Intermarché (40 sal.), transports Deschartrettes (40 sal.). Mais la confection, naguère active notamment avec Veyrier qui travaillait pour l'armée et employait près de 400 personnes, a disparu. Aigurande organise un festival annuel de l'écrevisse. La communauté de communes de la Marche Berrichonne siège à Aigurande et rassemble exactement les communes du canton.

Le canton a 6 100 hab., 9 communes et 28 419 ha dont 2 085 de bois; sa population diminue encore; il s'étire d'ouest en est sur 30 km le long de la limite du département de la Creuse, partagé entre Vallée Noire au nord et plateau granitique au sud. Tout à l'ouest, la commune de Saint-Plantaire (560 Saint-Pantaléoniens, 3 407 ha dont 298 de bois), dont le village est à 15 km à l'ouest d'Aigurande, s'étend jusqu'aux gorges de la Creuse et au lac de Chambon, qui lui offre une plage face à Crozant; centre de rééducation, dolmen classé de la Pierre à la Marte (c'est-à-dire à la fée), petite forêt de Murat; la population communale dépassait 1 500 hab. au début du 20e s.

Orsennes (820 hab., 4 928 ha dont 474 de bois), juste au nord de Saint-Plantaire, est à la tête d'un vaste finage qui s'étend sur 14 km du nord au sud, où il atteint la limite régionale. La commune contient une église des 12e et 15e s., plus le dolmen de Chardy et celui du Bois Plantaire au sud, le château de Breuil-Yvain (ou du Breuil, 15e et 18e s.) au nord. Orsennes a eu 2 400 hab. en 1911, puis s'est fortement dépeuplée jusqu'en 1999; pourtant, elle vient de reprendre une cinquantaine d'habitants de 1999 à 2005.

Montchevrier (550 Montcabriens, 3 470 ha), plus proche d'Aigurande, 9 km au nord-ouest du chef-lieu, conserve un autre dolmen classé, dit aussi Pierre à la Marte; la commune a eu plus de 1 400 hab. autour de 1910 et sa population diminue encore. Saint-Denis-de-Jouhet (970 hab., 4 348 ha dont 228 de bois), 13 km NNE d'Aigurande, est à la source du Gourdon et s'orne d'une église classée des 12e-13e s.; la commune a eu 2 200 hab. autour de 1910 et se dépeuple toujours, mais a freiné ce mouvement après 1999.

Tout à l'est du canton, Crevant (730 Crevandiaux, 3 654 ha dont 298 de bois), 13 km à l'ENE d'Aigurande, se signale par l'extraction de granite, un festival international de la pomme de terre et du dahlia, une Maison du Pérou en hommage au pays d'origine de la pomme de terre, et le parc floral des Parelles, orné de blocs de granite et d'un amphithéâtre aménagé dans une ancienne carrière; artisanat d'art, église des 13e-14e s., quelques étangs, bois de Fontenay tout au sud à la limite de la région. Comme ses voisines, Crevant s'était fortement dépeuplée depuis le maximum du début du 20e s., supérieur à 1 800 hab.; mais, pour la première fois depuis longtemps, elle a gagné 20 hab. de 1999 à 2004.