Aire-sur-la-Lys

10 200 hab. (Airois) dont 300 à part, 3 326 ha, chef-lieu de canton du Pas-de-Calais dans l'arrondissement de Saint-Omer, 18 km au sud-est de celle-ci. Son nom était simplement Aire jusqu'en 1982. La ville est dans la plaine de la Lys, surtout rive droite, où le canal de Neufossé et le canal d'Aire à La Bassée se rejoignent, à la tête de la Lys canalisée, et où convergent des affluents de la Lys, le Surgeon et la Laquette au sud et la Melde et la Liauwette au nord.

Aire fut une place forte, remaniée par Vauban et dont l'enceinte n'a été démantelée qu'en 1893; elle conserve des restes de fortifications du 17e s. avec deux portes du 16e s. et un bastion sur le port. Une rénovation urbaine imposée au début du 18e s. lui a procuré une réelle unité de style autour de sa grand-place. Elle a un hôtel de ville du 18e s et un beffroi de 45 m, les anciens hôtels du Bailliage (16e-17e s.) et du Gouverneur (17e s.), des hôtels particuliers et plusieurs églises, dont la grande collégiale flamboyante des 16e-18e s. issue de l'ancienne abbaye de Clarques. Elle y ajoute de nombreux restes du passé industriel de brasseries, malteries et moulins, grès et poteries. On y fête et l'on y jette l'andouille début septembre.

Le territoire communal a été étendu entre 1790 et 1806 par l'intégration de quatre communes voisines, Le Widdebroucq à l'est, Saint-Martin au nord, Rincq au nord-ouest et Saint-Quentin à l'ouest. Il comprend ainsi plusieurs hameaux, dont ces anciens villages, et le vieux fort Gassion (17e s.), qui servit encore de pénitencier au début du 20e s. Les étangs au nord de la ville forment une réserve de 109 ha.

Aire-sur-la-Lys est dotée de nombreux équipements culturels et sportifs, d'un collège public et un privé, un lycée public, un lycée agricole privé; elle a un hôpital local (20 lits, plus 160 places de longue durée) avec maison de retraite (60 places), deux instituts médico-éducatifs (30 et 70 places). Les principaux établissements sont l’usine de mécanique des Machines et Matériel de Verrerie (MMV, 210 sal.), l’imprimerie Mordacq (110 sal.), les hypermarchés Carrefour (190 sal.) et Champion (140 sal.) et l’entreposage Logidis du groupe Carrefour (360 sal.) ; transports Inglard & Vandermeersch (85 sal.), travaux publics VATP (230 sal.) et Christiann (30 sal.), publicité Comm’Marketing (80 sal.), assurances Pillot (30 sal.) ; minoterie des Moulins du Nord et aliments du bétail du groupe coopératif Unéal (45 sal.), plats préparés Terre des Lys (70 sal.).

La population communale a peu varié durant tout le 19e et la première moitié du 20e s., autour de 8 000 hab. ; elle a légèrement augmenté de 1954 à 1982 puis s’est maintenue ; elle a repris une lente croissance. Le maire est Jean-Claude Dissaux, socialiste, également conseiller général. La ville est le siège de la communauté de communes du pays d'Aire, qui groupe 5 communes et 15 100 hab. Le nom de pays d'Aire a été donné à une «petite région agricole» du Pas-de-Calais au sud et à l'ouest de la ville.

Le canton a 24 750 hab., 14 communes, 11 558 ha dont 437 de bois. Il s'étend vers l'ouest du chef-lieu, jusqu'aux premières collines de l'Artois. À la limite nord du canton, un long et étroit élément de plateau, dit parfois plateau d'Helfaut, sépare les bassins de l'Aa et de la Lys entre Helfaut et Racquinghem; plusieurs réserves naturelles, dites des landes, y ont été délimitées. L'A 26 passe dans sa partie occidentale au pied de ces collines.

Thérouanne (1 100 Thérouannais, 837 ha) y occupe l'angle sud-ouest du canton. Le village est au bord de la Lys, 11 km à l'ouest d'Aire, et hérite d'un long passé de communication. Il fut le chef-lieu des Morins puis un carrefour de voies romaines, devenues chaussées Brunehaut, de Cambrai à Calais, vers Boulogne et vers Cassel, et fut promu siège d'évêché au 6e siècle; mais Charles Quint fit raser la ville en 1553. Elle a un atelier de fouilles et un musée archéologique, et conserve des restes de l'ancienne cathédrale, en partie du 7e s. L'ancienne fonction de lieu d'échange persiste modérément avec le négoce de matériel agricole Millamon (35 sal.) et les transports Mequinion (25 sal.); Thérouanne a aussi un collège public. La commune s'est augmentée de Nielles en 1822, au sud; elle a atteint un maximum de 1 100 hab. en 1901, un minimum de 820 dans les années 1930, et sa population s'accroît lentement depuis mais semble plafonner. Le village est le siège de la communauté de communes de la Morinie, qui réunit 9 communes et 8 800 hab.

Herbelles (510 Herbellois, 455 ha) accompagne Thérouanne à 3 km au NO sur l'ancienne chaussée vers Calais, proche de la source de l'Auborne, sous-affluent de gauche de la Lys par la Melde; sa population a crû depuis les 260 hab. de 1975. Du nord au sud au pied des collines, Inghem (360 Inghemois, 319 ha) et Clarques (300 Clarquois, 696 ha) sont longées par l'autoroute; Inghem n'avait que 240 hab. dans les années 1960 et a gagné 50 hab. de 1999 à 2006, Clarques progresse depuis les 210 hab. de 1982; Clarques a une fabrique d'articles de papeterie et d'emballages papier (Envenort Kuvert, 80 sal. et Envelnor Packaging 40 sal., groupe allemand), un château et parc du début du 19e s.; le mont Brûlé s'élève à 83 m.

Mametz et Ecques, à l'ouest d'Aire, ont dépassé 2 000 hab. Entre les deux, Rebecques (460 Rebecquois, 484 ha) est dans la vallée de la Lys, assortie d'étangs ; sa population augmente un peu. Heuringhem (1 400 Heuringhemois, 579 ha) est à 3 km au nord d'Ecques, au bord de la Melde et contient l'une des réserves naturelles du plateau d'Helfaut (landes d'Heuringhem, 72 ha); la croissance de sa population est vive depuis 1954 (500 hab.) mais la courbe s'est récemment inversée.

Racquinghem est à 8 km au NNO d'Aire-sur-la-Lys. Wardrecques (1 200 Wardrecquois, 372 ha) est juste au nord, à 11 km NNO du chef-lieu à la pointe nord du canton, et proche d'Arques et de Saint-Omer (4 et 7 km) où travaillent nombre de ses habitants; elle accueille néanmoins la grosse cartonnerie de Gondardennes (410 sal.), transférée des bords de l'Aa en 1911 et qui maintient un embranchement ferroviaire d'Arques au Pont d'Asquin, où la route franchit le canal; la tuilerie dite de Wardrecques est à côté, mais dans la commune de Racquinghem. La population communale est en sensible augmentation: elle était proche de 500 hab. entre 1930 et 1975 et a encore gagné une petite centaine d'habitants depuis 1999.

Deux autres communes sont divisées en hameaux. Quiestède (690 Quiestédois, 283 ha) est à 9 km au nord-ouest d'Aire au confluent de la Melde et de la Lauborne; le château de Laprée y a un beau parc (17e au 19e s.); la population a augmenté après 1975 (290 hab.) mais plafonne. Roquetoire (1 910 Roquetoiriens, 1 071 ha) est à 6 km NO au bord de la Liauwette; la brasserie Bedague y emploie 60 personnes; négoce de matériaux Lilbled Wimez (30 sal.); château de la Morande (18e s.). Roquetoire a gagné près de 600 hab. entre 1954 et 1999, mais ne croît plus que lentement. Wittes (890 Wittois, 392 ha) est un village à 3 km au nord d'Aire au bord du canal de Neufossé, et son finage s'étire vers l'ouest dans la vallée de la Melde en englobant le hameau de Cohem, absorbé en 1821, avec un ancien prieuré. La population n'était que de 380 hab. entre 1960 et 1975 et a encore augmenté de 180 habitants entre 1999 et 2010.