Alsace


région de la France, limitrophe de la Suisse et de l'Allemagne, 1 732 600 hab. (en 1999), 827 764 ha, 2 départements, 13 arrondissements, 75 cantons, 903 communes, chef-lieu Strasbourg. L'estimation de population pour 2004 est de 1 792 500 hab., soit un gain de 59 900 personnes par rapport à 1999 (3,46%), 9e rang en France et record pour la partie nord-est du pays.

Son nom est apparu pour la première fois en 610 sous la forme d'un Alsacius pagus, d'étymologie discutée. Elle s'étire sur 180 km du Jura, au sud, à la Lauter, au nord, le long du Rhin et occupe le versant oriental des Vosges; sa largeur se réduit à 35 km au droit de Colmar. Elle a pour voisins la Lorraine et la Franche-Comté. C'est la moins étendue de toutes les régions métropolitaines, mais la plus densément peuplée. Le nombre de communes est très élevé, en dépit de tentatives de fusions, pas toujours réussies, autour de 1973 surtout. Les communautés de communes sont également nombreuses, surtout dans le Bas-Rhin. En 2004, par exception, son Conseil régional a conservé une majorité de droite, la seule en France métropolitaine; il est présidée par Adrien Zeller (UMP ex-UDF), né en 1940 à Saverne, ingénieur agronome, qui a été député, député européen, secrétaire d'État à la sécurité sociale (1986-1988) et longtemps maire de Saverne.

La région se distingue en France par ses fortes densités de population (209 hab./km2), qui la font appartenir à la grande dorsale européenne, et par la forte croissance récente de la population, exceptionnelle dans la France septentrionale; ainsi que par la forte proportion de jeunes, et spécialement de jeunes au travail; par le niveau relativement élevé de l'activité, des salaires et des revenus, confortés par l'intensité du travail outre-frontière; par l'abondance des industries, et spécialement des investissements étrangers.

De culture germanique à l'origine, elle a été incorporée à la France pour l'essentiel en 1648 (1689 pour Strasbourg, 1798 pour Mulhouse), possession confirmée en 1678 par le traité de Nimègue; ses limites ont été rectifiées par le traité de Francfort en 1817, puis en 1871 avec la formation du Territoire de Belfort, partie de l'Alsace d'alors restée en France. Le protestantisme y avait établi de solides bases, qui perdurent; de son passage en Allemagne entre 1871 et 1918, l'Alsace a conservé quelques particularités juridiques et scolaires, qui n'ont jamais été abolies.

Occupant une partie du fossé tectonique du Rhin (Alsace-Bade), elle communique surtout avec les régions françaises voisines par la difficile «trouée de Saverne» au nord-ouest et par la «trouée de Belfort» au sud-est; mais plusieurs passages secondaires ont été aménagés à travers les Vosges.

Dans l'ensemble, l'Alsace se divise d'ouest en est en quatre unités: le massif vosgien, le vignoble ou piémont, la plaine alternant terrasses et fonds alluviaux (rieds), la vallée du Rhin. Elle est divisée du nord au sud par les deux départements, l'un nettement dominé par la métropole strasbourgeoise, l'autre plus partagé. Les axes Strasbourg-Paris et Mulhouse-Paris ont longtemps été plus actifs que l'axe nord-sud, qui a été long à s'équiper, notamment sous forme autoroutière, et qui ne se prolonge guère en Allemagne côté nord.