Annot

1 000 hab. (Annotains), 2 980 ha dont 2 712 de bois, chef-lieu de canton des Alpes-de-Haute-Provence dans l'arrondissement de Castellane, 32 km au NE de celle-ci. Le village «de caractère» est à 620 m sur le versant qui domine la rive gauche de la Vaïre, petit affluent du Coulomp. Il a un collège public, une fabrique de biscottes Faissole (90 sal.); travaux publics Screg (40 sal.), gare du train des Pignes. Un train à vapeur circule d'Annot à Puget-Théniers les dimanches et fêtes de la saison d'été. La commune est «station verte de vacances» et conserve les chapelles de Vermande et de Vers-la-Ville (12e s.), une croix couverte du 10e s.

Les rochers des grès d'Annot offrent des parcours d'escalade au-dessus de la gare des Scaffarels au sud-est; sentier botanique. Les grès d'Annot sont des formations détritiques consolidées de la charnière éocène-oligocène; les châtaigniers apprécient leurs sols. Au sud, la commune est bordée par la clue de Rouaine où se faufile la Galange, qui descend vers la Vaïre. La population communale n'a pas beaucoup varié: 1 100 à 1 200 hab. dans la première moitié du 19e s., entre 900 et 1 000 de 1920 à 1980, une légère augmentation ensuite et un nouveau palier; il s'y ajoute 350 résidences secondaires. Annot est le siège de la communauté de communes Terres de Lumière, qui correspond au canton.

Le canton a 1 700 hab., 7 communes, 20 500 ha dont 11 196 de bois. Vergons (110 Vergonais, 4 573 ha dont 3 309 de bois) occupe le sud-ouest du canton; le village, à 1 024 m, est à 17 km au NE de Castellane et à 17 km au SO d'Annot; il a eu 500 hab. vers 1850, 72 seulement en 1975 et en regagne un peu depuis (125 hab. en 2007); chapelle classée du 12e s. Le finage est partagé entre le haut bassin du torrent d'Anfles, qui rejoint le Verdon dans la partie nord du lac de Castillon, et le torrent de l'Iscle, partie amont de la Galange, qui descend à l'est vers la Vaïre et le Coulomp. Entre les deux, la route N 202 emprunte le col de Toutes Aures (1 120 m), qui sépare donc les bassins de la Durance et du Var; vers l'ouest, elle s'enfonce dans la clue de Vergons avant d'atteindre la rive orientale du lac de Castillon. L'ensellement est dominé au nord par le pic de Chamatte (1 878 m), au sud par les sommets de Crémon (1 760 m) et de la Bernade (1 941 m).

Ubraye (90 Ubrayens, 3 565 ha dont 960 de bois) est à 13 km au SSE d'Annot dans le vallon de la Bernade, à 900 m. Elle partage avec Vergons le sommet de la Bernade. La route continue vers le sud-est où elle passe en col de basse altitude vers Entrevaux; du village, une petite route va jusqu'au hameau du Touyet, au sud-ouest; une autre va jusqu'au hameau de Rouainette au-dessus de l'entrée de la clue de Rouaine. Ubraye a eu plus de 600 hab. autour de 1850, 43 en 1982. Comme Vergons, elle a deux fois plus de résidences secondaires que de résidences principales, ainsi d'ailleurs que la commune suivante.

À l'est d'Annot, la petite commune de Saint-Benoît (110 Saint-Benoîtiens, 2 103 ha dont 1 200 de bois), à 720 m, s'étend des deux côtés du Coulomp, le long duquel passent la N 202 et la voie ferrée; le pont de la Reine Jeanne, en dos d'âne, est du 14e s. La commune a des grottes, et une centaine de résidences secondaires. Elle a eu 600 hab. en 1846, 54 au creux de 1975. Braux (120 Brauxois, 1 167 ha dont 639 de bois) est une petite commune enclavée sur le versant oriental de la haute vallée nord-sud du Coulomp, dans un environnement de rochers de grès, à 950 m; elle n'en a pas moins 170 résidences secondaires. Contrairement aux précédentes, sa population décline encore; elle avait culminé à 580 hab. en 1851.

Le Fugeret (170 Fugeretois, 2 838 ha dont 1 561 de bois) est un village à 6 km ONO d'Annot dans la vallée de la Vaïre, à 825 m; la voie ferrée y franchit un tunnel hélicoïdal; pont du 16e s. sur la Vaïre. Le finage s'étale en travers de la vallée de la Vaire et, plus à l'est, englobe le versant occidental du haut bassin du Coulomp, où s'isolent les minuscules hameaux de Chabrières, la Béouge et Argenton, qui formaient jadis la paroisse d'Argenton; ils ne sont accessibles que par des pistes forestières, des restes d'un mausolée gallo-romain y ont été trouvés. Le Fugeret a eu plus de 600 hab. vers 1850 et sa population reste stable, à son minimum, depuis 1960 environ.

Enfin, Méailles (90 Méaillais, 3 274 ha dont 815 de bois) se perche à 1 050 m à 3 km au nord et en amont du Fugeret, disposant également d'une gare; le relief atteint 1 996 m au Puy de Rent à l'ouest, 2 100 m à la Tête de Buch à l'est, 2 189 m à la limite nord de la commune; grottes. La commune a eu 640 hab. en 1851 et son minimum a été de 69 hab. en 1990; elle a 140 résidences secondaires (45 résidences principales).