Apt

11 500 hab. (Aptois ou Aptésiens) dont 320 à part, 4 457 ha dont 1 226 de bois, sous-préfecture du Vaucluse, 52 km à l'est de la préfecture dans le couloir drainé par le Calavon entre le Luberon au sud et le plateau de Vaucluse au nord. Elle fut Apta Julia à l'époque romaine, poste militaire et colonie romaine sur la Via Domitia; mais les vestiges archéologiques sont enfouis sous la ville. Le centre-ville est sur la rive gauche du Calavon, dans une ellipse de boulevards; il offre des restes de remparts et la porte de Saignon à l'est, l'ancienne cathédrale (11e-12e s. mais très remaniée) avec crypte et trésor, et le palais épiscopal du 18e s., une tour de l'horloge (16e s.), des maisons bourgeoises.

Apt abrite la maison du Parc du Luberon, un musée d'histoire et archéologie, une collection d'arts décoratifs à l'hôtel Colin d'Albertas et un musée de l'Aventure industrielle, installé dans une ancienne usine de confiserie et évoquant les trois anciennes spécialités aptiennes, les fruits confits, les ocres et les faïences. La commune a aussi au sud-ouest des ruines du château et de la chapelle des Tourettes, ancienne abbaye des 11e-12e s., à l'ouest le château viticole de Mille. Au nord, la colline des Puits a reçu un ensemble résidentiel dit cité Saint-Michel; il abrite notamment les 110 appartements et 42 villas des cadres du camp du régiment de la Légion étrangère de Saint-Christol, qui est à 21 km au NNE.

La ville est dotée d'un collège public et un privé, un lycée public; un centre hospitalier (90 lits médicaux, 200 en tout), deux maisons de retraite (80 et 35 places). En 1840, d'Orbigny a donné le nom d'aptien à un étage géologique du crétacé inférieur. Apt est classée «site remarquable du goût» pour ses fruits confits, une spécialité d'ancienne origine; ses vignerons cultivent 474 ha de vignes et disposent d'une cave coopérative.

Les principales entreprises sont une fabrique de fruits confits Kerry Aptunion (550 sal.) et de préparations spéciales de fruits (PSF) à un groupe britannique, issu d'une coopérative d'Irlande du Nord, qui a une autre usine à Bougé dans la Drôme; les fournitures médicochirurgicales Eurosilicone (200 sal., implants pour seins du groupe Medicor du Delaware); pièces en silicones Progress (50 sal.), appareils d'éclairage Blachère (35 sal.), mécanique Snep (30 sal.); il reste un petit atelier de faïences fines. Apt a un centre Leclerc (95 sal.) et des magasins Atac (40 sal.), Intermarché (35 sal.), Mr.Bricolage (40 sal.); négoce de fournitures industrielles Delta Plus (160 sal., équipements de protection individuelle), maçonnerie Les Bourguignons (35 sal.), travaux publics Miditraçage (35 sal.) et Sacer (30 sal.).

Apt avait 6 000 hab. en 1836 et s'est à peu près maintenue à ce niveau jusqu'en 1950, puis a connu un essor dans le troisième quart du 20e s. et s'est stabilisée depuis. Les estimations pour 2005 sont de 11 300 hab. (sdc). Le conseil municipal a une majorité de gauche; le maire élu en 2008 est Olivier Curel, agriculteur (PS); la municipalité était passée à droite en 2001, après le long mandat de Pierre Boyer (PS), médecin, maire pendant 22 ans et qui reste conseiller général et adjoint au maire. L'arrondissement a 116 600 hab., 6 cantons, 56 communes, 137 717 ha. La ville est le siège de la communauté de communes du pays d'Apt, qui rassemble 10 communes et 20 200 hab.

Le canton a 20 400 hab., 13 communes, 35 136 ha dont 17 011 de bois. Il est limité au sud par la crête du Luberon, qui atteint 1 125 m au Mourre Nègre. Il conserve de nombreuses bories de pierres sèches, en général protégées. Saint-Saturnin-lès-Apt et Gargas sont les communes les plus occidentales et les plus peuplées. Villars (700 Villarsois, 3 005 ha dont 1 843 de bois) est à 6 km au nord d'Apt et son finage s'étire loin vers le nord sur le plateau de Vaucluse; on y cultive 231 ha de vignes; la population remonte un peu depuis le minimum de 1950 (330 hab.). Lagarde-d'Apt (30 hab., 2 179 ha dont 1 019 de bois), Lagarde jusqu'en 1953, est un petit village de quelques maisons sur le plateau, à plus de 1 000 m d'altitude, 20 km au NNE d'Apt et 9 km au sud de Saint-Christol, qui avait 140 hab. en 1831. Il avait reçu l'une des bases de lancement de missiles du plateau d'Albion; le relief y monte à 1 256 m au mont Saint-Pierre, point culminant du Vaucluse.

Rustrel (620 Rustreliens, 2 826 ha dont 1 891 de bois) est dans la petite vallée de la Doua, 10 km au NE d'Apt. Les reliefs au sud de la commune offrent d'intéressants paysages dans les ocres ravinées du «Colorado provençal», rehaussées de cheminées des fées; on y voit des carrières d'ocre et les ruines de la chapelle mariale des Anges (14e et 17e s.) près d'une ancienne usine de fer dont les installations sont protégées. Vers le nord, le relief monte bien plus haut sur le plateau de Vaucluse ou d'Albion, atteignant 1 062 m à la Grande Montagne. La commune conserve un château Duclos du 17e s. à l'ouest du village, un moulin à huile, cultive 45 ha de vignes et offre parcours d'aventure et école de parapente au «Colorado»; la Société du Canal de Provence y a créé un réservoir en vue de l'irrigation. Rustrel a eu plus de 800 hab. au milieu du 19e s., et n'en avait plus que 270 en 1962.

Sur le plateau qui domine le village, l'armée avait installé un poste de commandement de tir de missiles, souterrain et comportant à 500 m de profondeur une capsule blindée insonorisée de 28 m de long. Ces installations servent à présent au Laboratoire souterrain à bas bruit du Cnrs et de l'Université de Nice (LSBB, v. http://lsbb.oca.eu/), «le plus silencieux de la planète», où s'étudient les ondes sismiques et cosmiques et les composants de la nanoindustrie. Intéressant site scolaire http://rustrel.free.fr.

Gignac (50 hab., 815 ha dont 677 de bois) est dans le même couloir, 3 km à l'est de Rustrel à 450 m, mais reste hors du Parc du Luberon; elle a un château du 18e s.; de 250 hab. en 1856, sa population était tombée à 21 hab. en 1975; elle augmente un peu. Caseneuve (360 Caseneuviens, 1 811 ha dont 813 de bois) est à 10 km à l'est d'Apt, à 555 m. Elle offre un château avec réceptions à la tête d'un domaine viticole et céréalier de 500 ha, une tour isolée, le grand oratoire des Ramodes (17e s.); 43 ha de vignes, centre d'aide par le travail. La commune a eu plus de 700 hab. avant 1850, 175 seulement en 1952; elle a gagné 50 hab. entre 1999 et 2007.

Viens (500 Viensois, 3 459 ha dont 1 664 de bois), 23 km à l'est d'Apt à 610 m, est la commune la plus orientale du canton. Son village d'allure médiévale a une porte sarrasine et une tour de l'horloge, des restes de remparts et maisons vénérables, un château renaissance rénové au 19e s., plusieurs bories. La commune fait partie de la réserve géologique du Luberon et elle est traversée par la vallée du Calavon. Viens a eu plus de 1 200 hab. avant 1850, 290 seulement en 1962, et a gagné 70 hab. de 1999 à 2006; elle a 250 résidences secondaires.

Le village de Saint-Martin-de-Castillon (610 Saint-Martiniens dont 50 à part, 3 821 ha dont 1 551 de bois) est à 13 km ESE d'Apt sur l'ancienne Via Domitia, à 486 m, et domine le couloir du Calavon, face au Luberon; son finage s'étend de part et d'autre du couloir et atteint 1 064 m sur la crête du Luberon. La commune a un institut médico-éducatif, 81 ha de vignes, 230 résidences secondaires, chapelle restaurée des pénitents blancs (expositions). Elle a eu plus de 1 500 hab. avant 1850, 380 seulement dans les années 1960; elle a gagné 165 hab. (+30%) de 1999 à 2005.

Castellet (110 Castellants, 984 ha dont 678 de bois, à 510 m) et Auribeau (60 Auribelliens, 750 ha dont 521 de bois, à 600 m) sont deux minuscules villages de l'ubac du Luberon; ils s'en partagent le sommet du Mourre Nègre, mais ne font pas partie du Parc du Luberon, qui cependant les entoure. Castellet n'avait plus que 50 hab. en 1975 (280 vers 1830), Auribeau 16 hab. en 1962 (dix fois plus vers 1820).

Saignon (1 000 Saignonnais, 1 960 ha) est un beau village perché à 50 m sous de hauts rochers à 4 km au sud-est d'Apt, au label de «village de caractère du Vaucluse»; il a une église romane du 12e s., chapelle castrale et tour de l'horloge, belles fontaines, potager-conservatoire. Le finage est bordé au nord par la rive gauche du Calavon et s'arrête au sud au pied du Luberon; ancienne abbaye Saint-Eusèbe (12e s.). La population communale était descendue à moins de 400 hab. en 1962 (plus de 1 100 dans la première moitié du 19e s.); Saignon enregistre 220 résidences secondaires et abrite un institut médico-éducatif.

Les ocres du bassin d'Apt

Les ocres d'Apt donnent des affleurements de superbes couleurs et des formes de terrain très spectaculaires, ravinées par l'érosion et par l'exploitation des mines et carrières au 19e s. Elles correspondent à une strate géologique de l'albien, dont les sables glauconieux, suvent à stratification entrecroisée caractéristique des dépôts torrentiels, ont été ferruginisés sous climat tropical, de façon nuancée donnant toute une gamme de coloris. Il reste des carrières à Gargas et Rustrel, et plus guère qu'une entreprise. Mais Roussillon a reçu un Conservatoire des ocres et pigments naturels.