Ardennes (département des)

département au nord de la région Champagne-Ardenne, frontalier de la Belgique. Il a pour préfecture Charleville-Mézières et pour sous-préfectures Rethel, Sedan et Vouziers. Il s'étend sur 5 246 km2 et compte 37 cantons, 453 communes; celles-ci sont regroupées en 15 communautés de communes, dont certaines très étendues, plus une communauté d'agglomération, et en 7 pays officiels en incluant cette dernière. Sa population diminue; estimée à 284 200 hab. en 2008 (population municipale, chiffres de 2011), elle était de 290 000 hab. en 1999, déjà en recul par rapport à 1990 (296 000) et 1975 (309 000). Le nombre d'habitants avait atteint un maximum en 1881 (334 000 hab.); la reprise après la dernière guerre l'avait porté à un maximum secondaire vers 1970 mais le déficit migratoire est nettement supérieur à l'excédent de naissances et le dépeuplement se poursuit depuis. L'estimation est de 287 000 hab. pour 2004.

Le département est frontalier de la Belgique mais a peu de voisins en France: la Marne, l'Aisne et la Meuse; il s'interpose ainsi entre deux angles forts de l'hexagone national, la région du Nord et la Picardie d'un côté, la Lorraine de l'autre. Le conseil général des Ardennes a une majorité de droite (23 sièges dont 15 UMP, contre 14 à la gauche); il est présidé par Benoît Huré, agriculteur, élu du canton de Signy-le-Petit et sénateur UMP; il élit deux sénateurs (UMP), et trois députés (un socialiste, deux UMP dont une femme).

Le produit brut annuel du département estimé est entre 5 et 6 milliards d'euros, ce qui lui donnait par habitant le dernier rang dans la région, par emploi l'avant-dernier (18 400 euros et 52 600). Le taux de chômage est supérieur à la moyenne nationale et régionale, en raison notamment des difficultés de la base industrielle: les Ardennes sont l'un des départements les plus industriels de France, avec 26% des emplois dans l'industrie (environ 25 000 personnes).

Son territoire se divise en trois parties principales, ce pourquoi le pluriel «les Ardennes» s'est imposé, et il est structuré par trois axes majeurs. Au nord, il avance une pointe dans le massif ardennais, vaste plateau partiellement défoncé par les cours encaissés de la Meuse et de son affluent la Semoy. Le plateau est flanqué au sud par un ensemble de collines et de couloirs formant les Crêtes préardennaises, qui dessinent un vaste arc de cercle, aminci vers l'ouest, élargi vers le sud-est aux abords de l'Argonne, dans une ambiance de prés et de bois où s'insinue avec insistance la grande culture. Au sud-ouest, de part et d'autre du cours de l'Aisne, on passe à la Champagne crayeuse, à ses paysages nus et à son opulente agriculture.

L'axe le plus fréquenté, qui n'a rien de naturel, est une radiale parisienne; elle relie la préfecture ardennaise à Paris par Reims; l'ancienne nationale 51 y a été dotée d'aménagements autoroutiers et correspond à l'axe européen E 46 (A 34). Un autre axe majeur est transversal et a un double caractère: d'une part, il est un élément d'une liaison un peu délaissée mais qui a eu son intérêt, entre le Nord et la Lorraine; sa voie ferrée assura naguère de lourds échanges de fer et de charbon sur la fameuse liaison «Valenciennes-Thionville», dotée d'un mode original d'électrification en 1954 (courant alternatif monophasé); d'autre part, il sert d'avenue urbaine principale de la conurbation Charleville-Sedan, sur un tracé momentanément emprunté par la vallée de la Meuse. Le faisceau de circulation utilise ici une longue dépression naturelle qui longe le massif ardennais, au pied des premières côtes des Crêtes préardennaises.

Le troisième est celui de la vallée sud-nord de la Meuse vers la Belgique, en aval de Charleville: une rue d'industrie, avec voie ferrée, route et voie navigable, au milieu de l'avancée que dessine vers le nord la frontière; mais la circulation y est difficile et la voie navigable est à petit gabarit: c'est seulement en aval de Givet que commence le gabarit européen, sans grand avantage d'ailleurs pour le port de Givet. La Meuse elle-même a dans les Ardennes un tracé en tronçons, et traverse des paysages très différents, agrestes à l'entrée, urbains ensuite au long du massif, étroits, encaissés, à la fois touristiques et industriels dans la traversée sud-nord du massif en aval de Charleville.