Arles-sur-Tech

2 800 hab. (Arlésiens), 2 882 ha dont 1 757 de bois, chef-lieu de canton des Pyrénées-Orientales dans l'arrondissement de Céret, 12 km OSO sur la rive gauche du Tech; Arles de Tec en catalan. C'est la vieille capitale du Vallespir, où s'était établie une abbaye dont il reste un très bel ensemble d'église et cloître. C'était aussi une capitale du fer, recevant et traitant les minerais du massif du Canigou; la dernière forge catalane a fermé en 1932, mais du minerai a été trié et expédié encore jusqu'en 1994; la tradition de travail du fer vaut à Arles le label de «ville et métiers d'art». La forge catalane, ou à la catalane, utilisait un mélange de bois et de charbon ventilé par un énorme soufflet actionné par une roue à eau; le métal en fusion était frappé et étiré par un maillet ou martinet, également mû par la force hydraulique. Ces forges pouvaient donc se disperser en montagne.

Le bourg a un équipement complet de commerces et de services, un collège public; maison de la nature (musée), centre international de basket-ball depuis 1992; maison de convalescence spécialisée; autocars Vallis Asperi (35 sal.). La commune occupe tout le versant méridional du Vallespir sous la crête de Montmer (1 258 m) mais n'atteint pas la frontière; on y visite la cascade et l'étroit vallon de la Maria Valente. Côté nord, la commune lance un ruban en direction du Canigou jusqu'à 1 061 m, le long du ravin del Freixe. La population communale a assez peu changé: 2 500 hab. en 1876 comme en 1926 et 1960, une légère progression jusqu'en 1975 (2 950 hab. sdc) et un tassement depuis.

Le canton a 7 300 hab. (6 900 en 1999), 8 communes, 18 638 ha dont 8 025 de bois; il touche aux abords du Canigou au NO, aux Aspres au NE, à la frontière d'Espagne au SE, par Amélie-les-Bains-Palalda, plus peuplée que le chef-lieu. Au sud-ouest, Montferrer (210 Montferrérois, 2 195 ha dont 608 de bois), au nom évocateur des ressources en fer, est perché à 830 m au bout d'une petite route à 12 km OSO d'Arles; la commune monte à 1 626 m à la Souque; elle atteint à l'est les fraîches gorges de la Fou, profondes de 200 m et longues de 1 700 m, si étroites que ses parois se rapprochent jusqu'à 30 cm, et qu'il a fallu équiper de passerelles; Montferrer propose un musée communal.

Corsavy (260 Corsavinois dont 40 à part, 4 702 ha dont 1 425 de bois) partage ces gorges avec Montferrer. Mais le village est perché à 800 m, et la commune s'étend jusqu'au puig dels Tres Vents (2 731 m) et au Roc Nègre (2 714 m) tout près du Canigou; maison d'enfants (les Chantevents). Le territoire de Corsavy est surtout connu pour les mines de fer de Batère, tout au nord sous la crête, qui étaient devenues les principales du département. Les mines de Batère, sous une tour ruinée de ce nom, ont comporté 14 km de galeries creusées dans le massif du Canigou entre 1 100 et 1 600 m; elles communiquaient avec celles de la Pinouse à Valmanya, de l'autre côté de la crête. Longtemps sorti à dos d'homme et d'âne ou de mulet, le minerai a pu l'être à partir de 1900 par un téléphérique de 9 km qui l'amenait à Arles-sur-Tech. Une société locale avait été constituée, mais a été progressivement intégrée dans des groupes, le dernier étant Denain-Anzin, notamment en liaison avec les charbonnages de Decazeville. L'extraction n'a été arrêtée qu'en 1987, les stocks accumulés permettant encore des expéditions vers Decazeville et Fos-sur-Mer jusqu'en 1994. La commune comptait plus de 1 000 habitants au milieu du 19e s. Toute une série de routes forestières permettent d'y circuler; le GR 10 passe par le col de la Cirère (1 731 m); un musée de la mine est ouvert; le dépeuplement est enrayé depuis 1982.

L'est du canton, dans les hautes Aspres non viticoles, compte quatre communes fort dépeuplées: Montbolo 190 Bolomontains, 2 198 ha dont 1 652 de bois), à 580 m, juste au-dessus d’Amélie, qui a une maison de convalescence Al Sola (35 sal.) et une clinique de 90 lits et une centaine d’emplois (Supervaltech, pneumologie), et qui a gagné 40 hab. entre 1999 et 2009; Taulis (50 Taulisiens, 619 ha dont 192 de bois, à 530 m); Saint-Marsal (100 Saint-Marsalois, 1 536 ha dont 591 de bois, à 720 m) sur la route d’Amélie à Ille, qui eut plus de 600 hab. au 19e siècle; La Bastide (90 Bastidois, 1 563 ha dont 574 de bois) plus haut (790 m) et un peu à l’écart, déjà 30 km au NNO d’Amélie, aux sources du Boulès; la mine de fer des Menerots y fut exploitée et le village avait 555 hab. en 1856, 400 en 1910.