Arvan

v. Treffort-Cuisiat


Arvan (l')

petite contrée du département de la Savoie en Maurienne, au sud et dans le canton de Saint-Jean-de-Maurienne. Elle correspond au bassin de l'Arvan, torrent qui rejoint l'Arc à Saint-Jean, et ses villages se sont associés dans la communauté de communes de l'Arvan. Elle est devenue un haut lieu du ski alpin, doté d'une demi-douzaine de stations coordonnées par le groupe des Sybelles.

Jarrier (460 Jarriens et Jarrienches, 1 779 ha dont 440 de bois) est juste au-dessus de Saint-Jean, à l'ouest, à 1 080 m; la commune inclut au nord la forêt du Sapey. Elle a eu 950 hab. vers 1896, 360 seulement en 1975 et sa population augmente un peu depuis; elle a plus de résidences secondaires (220) que de résidences principales. Saint-Pancrace (230 Saint-Patins, 559 ha), à 830 m, domine la ville au sud-ouest; sa commune atteint la crête entre Arvan et Villards près du Grand Truc (2 209 m) et s'est équipée de la petite station de ski des Bottières (5 pistes, 3 remontées) qui est reliée à celle des Toussuires. La commune, tombée à 76 hab. en 1968 (contre 420 en 1906) a regagné des habitants, et ajouté 65 hab. entre 1999 et 2005; elle a 130 résidences secondaires pour 105 résidences principales.

Fontcouverte-la-Toussuire (510 Fontcouvertins, 2 152 ha dont 356 de bois), à 1 180 m, a obtenu en 1987 d'ajouter à son nom celui de l'ancien alpage de la Toussuire, qui avait acquis quelque notoriété comme station de neige; c'est l'une des deux plus équipées de l'Arvan, avec 32 pistes de ski alpin (32 km) et 22 remontées. La commune a 1 600 résidences secondaires et a gagné une trentaine d'habitants de 1999 à 2004; elle avait eu 1 400 hab. avant le milieu du 19e s. Son territoire se partage en deux ailes: l'une remonte vers le sud sur le versant de rive gauche de l'Arvan jusqu'au ravin de la Combe Génin et porte la principale route de l'Arvan, qui y traverse un long tunnel; l'autre s'étend vers l'ouest jusqu'à la crête des Villards et porte la station des Toussuires, dominée par la Tête de Bellard (2 235 m). La commune affiche deux églises et cinq chapelles baroques (17e s.), ainsi qu'un musée du patrimoine; plusieurs centres de vacances, 1 700 résidences secondaires.

Villarembert (290 Rembertins, 958 ha), au-dessus et au sud-ouest de Fontcouverte, à 1 290 m, est une petite commune dont le territoire n'atteint ni le cours de l'Arvan ni la crête; mais il occupe le grand vallon de la rivière des Moulins, où s'est établie la station de neige du Corbier (28 pistes, 25 remontées), sous la Tête de Corbier (2 266 m), servie par la Satvac (Villarambert-Arves-Corbier, 60 sal.). La commune avait 2 140 résidences secondaires en 2004, ce qui lui donne la première place en Arvan. De 450 hab. en 1886, sa population s'était abaissée à 130 en 1962; elle a remonté depuis, mais a perdu à nouveau 25 habitants de 1999 à 2004.

Le haut bassin de l'Arvan est divisé en deux communes. La plus haute est Saint-Sorlin-d'Arves (330 Saint-Sorlinois, 3 900 ha), déjà à 23 km de Saint-Jean-de-Maurienne, à 1 500 m. Son territoire occupe la sud-ouest du canton de Saint-Jean et de l'Arvan. Il monte ainsi jusqu'au pic de l'Étendard (3 464 m), sur l'ubac duquel subsiste le glacier de Saint-Sorlin; juste en aval, les lacs Tournant et Blanc sont d'origine glaciaire; le refuge de l'Étendard facilite l'accès de ce secteur réputé de haute montagne. Une autre station de ski alpin a été aménagée sur l'ubac qui domine le village et qui monte jusqu'à la Roche Noire (2 237 m); elle dispose de 30 pistes et 31 remontées mécaniques, record en Arvan, et affichait 1 080 résidences secondaires en 2005 (600 résidences secondaires en 1999). La commune reste cependant faiblement peuplée: elle avait plus de 900 hab. en 1846 et a peu regagné depuis son minimum de 1975 (270 hab.): à peine 9 hab. entre 1999 et 2005. Saint-Sorlin maintient une laiterie coopérative, qui produit du fromage de beaufort, et a une maison pour enfants spécialisée. La route monte à l'ouest au-dessus du village et franchit la crête des Villards au col de la Croix de Fer (2 064 m), qui donne accès à celui du Glandon. Le territoire communal déborde de l'autre côté de la crête, mettant le col entièrement dans la commune.

Saint-Jean-d'Arves (220 Arvins et Arvinches, 7 560 ha dont 314 de bois) est à 3 km ESE de Saint-Sorlin sur le même adret, à 1 550 m, mais la commune est beaucoup plus étendue vers le sud, car elle englobe tout le bassin de la Valfroide, dite aussi l'Arvette, affluent de l'Arvan qui descend du sud depuis le grand cirque en ubac que dominent les aiguilles d'Arves (3 510 m). Toute la haute montagne est incluse ici dans le champ de tir du Galibier, et elle est dépourvue d'équipement. Saint-Jean-d'Arves a cependant un petit équipement de ski (5 pistes, 3 remontées) relié à la station du Corbier. La commune avait 370 résidences secondaires en 1999, et 650 en 2004. Sa population avait dépassé 2 000 hab. en 1846 et n'était plus que de 180 hab. en 1982; elle a tout juste cessé de baisser.

Les deux autres communes de l'Arvan sont à l'est du torrent et portent le même nom. Albiez-Montrond (390 Albiens et Albiennes, 4 858 ha dont 350 de bois) est la plus haute et la plus étendue; elle résulte de la fusion d'Albiez-le-Vieux (à 1 550 m) et de Montrond en 1972. Son territoire atteint au sud les aiguilles d'Arves, mais non leur point culminant, se contentant de 3 363 m, et monte l'est à la Grande Chible (2 932 m), la pointe d'Émy (2 797) et la pointe des Chaudannes (2 519) au-dessus du champ de neige des Karellis. La commune compte de nombreux hameaux, plusieurs centres de vacances, et deux stations de ski associées réunissant 22 pistes et 12 remontées sur 50 ha, plus 30 km de pistes de ski de fond; la commune offrirait 3 200 lits en saison et compte 725 résidences secondaires pour 150 résidences principales. Elle avait 1 000 hab. au milieu du 19e s., 830 à la fin, et son minimum a été de 300 hab. en 1990; elle a reperdu 30 hab. entre 1999 et 2004. C'est à Albiez-le-Vieux, au hameau de Gévaudaz au bord de l'Arvan, qu'était installée la petite forge des Opinel; Joseph y mit au point dans les années 1890 le couteau pliant, déposé en 1909 et qui reste célèbre.

Juste au nord, Albiez-le-Jeune (60 hab., 1 245 ha dont 700 de bois) est perchée à 1 365 m au sommet du grand versant qui descend vers l'Arc, au-dessus de Villergondran. Elle culmine à 1 968 m seulement et offre quelques possibilités de ski nordique, et 100 résidences secondaires (30 résidences principales). Elle avait plus de 500 hab. au début du 19e s., encore 420 un siècle après, et s'est dépeuplée jusqu'en 1990. Elle a presque doublé sa population municipale de 1999 à 2007 (104 hab. au lieu de 57).

La communauté de communes de l'Arvan est un groupement intercommunal de Savoie réunissant les 8 communes (2 400 hab.); le siège est actuellement à Saint-Jean-de-Maurienne, qui n'en fait pas partie.