Aston

230 hab. (Astonnais), 15 380 ha dont 6 000 de bois, commune de l'Ariège dans le canton des Cabannes, 2 km au SO du chef-lieu à 560 m; c'est la seconde du département pour sa superficie, après Auzat. Le village est tout en aval de la vallée de l'Aston, affluent de gauche de l'Ariège, où seule la petite commune de Château-Verdun la sépare du confluent avec l'Ariège. Elle compte quelques petites entreprises comme l'électronique Aria (30 sal.), les instruments scientifiques Minco (45 sal.) et un centre d'hébergement touristique; un camping, et 40% de résidences secondaire. L'usine hydroélectrique, la plus productive des Pyrénées (400 GWh/an), y est alimentée en partie par l'Aston, en partie par une conduite de 20 km qui vient de Mérens-les-Vals et traverse toutes les vallées de l'ombrée de l'Aston, en y captant des eaux au passage.

Le finage communal est très étendu et va jusqu'à la crête frontière de l'Andorre, dont il occupe 15 km entre le pic de Bagnels à l'ouest (2 638 m) et celui de Ruf à l'est (2 616 m). Le point culminant est le pic de Serrère (2 857 m). Cette crête n'a jamais offert de passage bien commode et ses cols ont peu servi sauf, aux deux extrémités le port de Bagnels et surtout celui de Fontargente (2 262 m). Des petits cirques de la crête sortent une demi-douzaine de vallées qui se rassemblent en deux branches principales, celle du Quioulès à l'ouest et celle de l'Aston à l'est; elles confluent au barrage de Riète, qui contribue à l'alimentation de la centrale d'Aston depuis 1956 (barrage-voûte de 34 m de haut, retenue de 0,8 Mm3 et 7 ha).

La haute vallée de l'Aston est la plus équipée, avec le barrage et l'étang de Laparan à 1 539 m, accessible par une étroite route, et le refuge de Rulhe construit en 1991 à 2 195 m pour 50 places, sous le pic de même nom. Le barrage, construit en 1985, est le plus haut barrage-voûte des Pyrénées, avec 110 m de hauteur; il retient 15,7 Mm3 d'eau, le lac formant un plan d'eau de 29 ha. Au-dessus du refuge, s'ouvre le beau cirque de Fontargente avec des étangs glaciaires, dont le Grand étang de Fontargente qui mesure 17 ha.

La plus grande partie de la commune se développe sur la haute surface du plateau de l'Aston, reste d'un ancien aplanissement de la Zone axiale des Pyrénées, vers 1 800 m; son témoin le plus étendu forme le plateau de Beille, à l'est de la vallée de l'Aston, que la commune partage avec les communes de Luzenac, Lassur et Albiès. Il est traversé par le GR 10, et une route y grimpe depuis Les Cabannes à travers la commune de Pech. On y juge l'arrivée de certaines étapes du Tour de France et une station de ski de fond y a été aménagée, avec 16 pistes (70 km), des traîneaux à chiens et à rennes, une base d'aventures Angaka. Néanmoins le site est protégé. La commune n'a jamais été très peuplée: elle a culminé à 600 hab. en 1851 et son minimum s'est situé à 180 hab. en 1936. Elle a autant de résidences secondaires que de principales (une centaine de chaque sorte).