Aubigny-sur-Nère

5 900 hab. (Albiniens), 6 153 ha dont 1 028 de bois, chef-lieu de canton du Cher dans l'arrondissement de Vierzon, 46 km au nord de Bourges, à la limite de la Sologne et du Pays Fort. Ce gros bourg a été marqué par l'histoire des Stuarts, qui l'avaient reçu en fief en récompense de leur soutien à Charles VII et en avaient conservé le titre jusqu'en 1842. On y célèbre chaque année des fêtes franco-écossaises dites de l'Auld Alliance. La ville, riche de maisons anciennes à pans de bois, a quelques restes de remparts. L'ancien château (15e-17e s.) a de beaux jardins dits de la duchesse de Portsmouth qui auraient été dessinés par Le Nôtre et sert de mairie et de triple musée (11 000 visiteurs par an): l'un consacré à l'histoire des Stuarts, un autre à Marguerite Audoux, écrivaine du lieu et auteur de Marie-Claire (prix Femina), morte en 1937, un troisième à Pierre Rateau, qui fut Compagnon de la Libération (histoire de la Seconde Guerre mondiale).

Aubigny est très fleurie (quatre fleurs). Elle fut jadis une ville drapante; mais la mécanique a pris le dessus: les principaux employeurs sont les usines Mecachrome (560 sal.), spécialiste des voitures de course et de l'aéronautique, et Wilo Intec (380 sal.), à un groupe britannique qui a repris l'usine Drouard et fabrique des chaudières et pompes de chauffage. S'y ajoutent Risoud (90 sal., mécanique de précision, depuis 1918), Mécanique du Cher (25 sal.); plus un fabricant de meubles (Sotomob, 40 sal.) et un de bijouterie (GCI Laudier, 30 sal.), un dépôt de Butagaz (30 sal.). Au total, la ville compte près de 1 500 emplois industriels. Dans les services et commerces émergent le nettoyage Casella (35 sal.), le négoce d'électroménager (Rateau, 20 sal.), les supermarchés Carrefour (60 sal.) et Intermarché (40 sal.), les transports Transmen (25 sal.).

Aubigny a un collège public, une maison familiale rurale, un institut médico-éducatif, une maison de retraite, un centre d'aide par le travail. Elle dispose d'un aérodrome (aéroclub avec cours de pilotage, piste en bitume de 1 050 m), un hippodrome et une base de loisirs; elle est classée «station verte de vacances». Un circuit de vélorail de 32 km va jusqu'à Sully-sur-Loire et la gare est donc équipée de cyclodraisines. La commune, agrandie en 1906 par la fusion avec la commune d'Aubigny-Village et qui en a profité pour ajouter «sur Nère» à son nom, avait alors 2 500 hab.; elle est brusquement passée à 4 500 en 1911, niveau qu'elle a retrouvé en 1962 après un léger creux, et poursuit sa croissance mais très modérément depuis 1980; elle aurait perdu 140 habitants de 1999 à 2007. La ville participe à la communauté de communes Sauldre et Sologne, qui associe 13 communes et 15 000 hab. des cantons d'Aubigny, La Chapelle-d'Angillon et Argent-sur-Sauldre, et siège dans celle-ci.

Le canton a 7 000 hab., 4 communes et 22 743 ha dont 5 830 de bois. La partie occidentale, limitrophe de l'Indre-et-Loire, boisée et parsemée d'étangs, est en Sologne. Au SE d'Aubigny, la commune d'Oizon (760 hab., 6 203 ha dont 1 151 de bois), aux horizons dégagés des confins du Pays Fort, inclut au sud une partie de la forêt d'Ivoy et le bois de l'Aumône autour du château de la Verrerie, édifié du 15e au 17e s. par les Stuart, doté d'une belle galerie à l'italienne, d'un étang et d'un beau parc, appartenant aujourd'hui à la famille de Voguë. Oizon a eu 1 300 hab. en 1991 et a décliné jusqu'en 1975 (660 hab. sdc); elle a reperdu des habitants après 1999.

Les deux autres communes, moins peuplées et bien engagées en Sologne, sont Sainte-Montaine (220 Montainais, 5 379 ha dont 1 798 de bois), 9 km à l'ouest d'Aubigny, et Ménétréol-sur-Sauldre (250 hab., 5 008 ha dont 1 853 de bois) 11 km au sud-ouest du chef-lieu. Ménétréol est «station verte de vacances»; elle contient les deux grands domaines et châteaux de Landeroyne et Simouet (19e s.) à l'ouest, le château de la Faye (19e-20e s.) à l'est, près d'une motte féodale et à l'emplacement d'un château du 16e s.; elle a aussi perdu une vingtaine d'habitants de 1999 à 2007, et en avait 650 autour de 1900. Sainte-Montaine, alors à peu près au même niveau, a au contraire gagné une cinquantaine d'habitants dans le même temps; elle a un centre de vacances des employés des postes (80 sal.); à l'extrême nord de la commune au bord de la Nère se cache le château de la Talle (18e-19e s.).