Aveyron (département de l')

département au nord-est de la région Midi-Pyrénées, l'un des plus étendus de France avec 8 735 km2, plus que l'Alsace ou la Corse. La préfecture est à Rodez, les sous-préfectures sont Millau et Villefranche-de-Rouergue. Il est voisin de la Lozère, du Gard et de l'Hérault en Languedoc-Roussillon, du Tarn, du Tarn-et-Garonne et du Lot en Midi-Pyrénées, de la Corrèze en Limousin et du Cantal en Auvergne. Il est divisé en 46 cantons et 304 communes, elles-mêmes associées en 34 communautés de communes et une communauté d'agglomération. Quatre pays officiels sont constitués, le Rouergue occidental autour de Villefranche-de-Rouergue, le Ruthénois autour de Rodez, le Haut-Rouergue en Aveyron autour d'Espalion au nord-est, le petit pays des Monts et Lacs du Lévezou au centre; mais toute la partie méridionale autour de Millau, Sévérac-le-Château et Saint-Affrique n'a pu encore former de pays.

Le conseil général, qui a une majorité de droite, est présidé par Jean-Claude Luche, élu du canton de Saint-Geniez-d'Olt, divers droite, cadre de banque. Deux députés sont UMP, un socialiste; depuis 2008, les deux sénateurs sont de gauche (un socialiste, une radicale de gauche). La population départementale avait connu son maximum dans les années 1880 avec 415 000 habitants; elle a fortement et continûment diminué jusqu’en 1999 où elle s’était abaissée à 263 800 hab.; il semblerait qu’elle augmente depuis, les estimations lui attribuant 277 000 hab. en 2009 (288 000 en population totale).

Le territoire départemental est presque entièrement situé dans le Massif Central, principalement sur les terrains cristallins et siliceux du socle, et en partie aussi sur les Grands Causses (Comtal, de Sévérac, Larzac, Noir). Les rougiers de Camarès et du Vallon contribuent à la variété des paysages avec leurs terrains permiens et quelques vignes, le bassin de Decazeville ajoute ses terrains houillers et ce qui reste de son industrie, l'Aubrac introduit les horizons nus de son haut plateau de basalte et l'avantage de ses possibilités de sports d'hiver, tandis que la pointe nord-occidentale du département, au-delà de la faille de Villefranche-de-Rouergue, mord un peu sur les causses du Quercy. Ce territoire est parcouru d'est en ouest par les profondes vallées du Lot et de la Truyère, de l'Aveyron et du Viaur, du Tarn, en partie obstacles aux circulations, en partie sources d'énergie et lieux d'intérêt; il abonde ainsi en viaducs audacieux (Viaur, Millau), en vieilles forteresses, en sites naturels touristiques et en centrales hydroélectriques. Les aménagements hydrauliques des gorges de la Truyère et celles du Tarn ont été complétés par le système des grands lacs de barrage du Lévezou, qui tirent profit des assez fortes pluies tombant sur le plateau.

La partie centrale du territoire, longtemps réputée pauvre en raison des sols maigres des ségalas, alimenta une forte émigration, plus vers Paris que vers Toulouse à l'instar de l'Auvergne. Les économies des émigrés, l'apparition du chemin de fer et un solide encadrement rural ont permis un premier renouveau du Rouergue, notamment par l'amendement des sols, dans la seconde moitié du 19e siècle; il s'est confirmé à plusieurs reprises au 20e siècle par la qualité de l'organisation coopérative, des choix judicieux et une bonne capacité à tirer parti de la politique agricole commune: les Ségalas sont devenus une solide région agricole, dont témoignent par exemple l'apparition et la réussite d'un Baraqueville. Plus au sud, Roquefort réussissait de son côté dans la production fromagère. Millau a moins bien soutenu son industrie traditionnelle de la ganterie, tandis qu'à l'est Laguiole faisait renaître la coutellerie et la laiterie. Rodez a gagné en dynamisme, a su capter des formations universitaires, un petit trafic aérien et a même reçu des emplois industriels modernes, il est vrai toujours un peu fragiles.

Les pouvoirs publics ont fortement contribué à l'équipement des deux axes principaux de circulation: une voie Paris-Clermont-Ferrand-Languedoc concrétisée par l'autoroute A 75 sur le tracé de l'ancienne nationale 9, récemment rehaussée par le prestige du viaduc de Millau et voulue sans péage (hormis ledit viaduc) en vue de soulager l'axe rhodanien; une voie Toulouse-Lyon (N 88) certes plus aléatoire mais de grand intérêt local; les deux se croisent à Sévérac-le-Château, qui n'a pas nécessairement les moyens d'en tirer un bien grand parti. Les circulations restent difficiles dans les autres sens, et le nord-ouest du département autour de Villefranche et de Decazeville demeure assez éloigné des voies rapides.

L'Aveyron est le troisième département de la région par le produit brut annuel, qui est d'environ 5 milliards d'euros; le produit par habitant est relativement élevé mais le produit par emploi occupé reste faible, au niveau du Gers et du Lot. Le département enregistre quelque 110 000 emplois et un taux de chômage nettement inférieur à la moyenne régionale et nationale; les taux d'emplois industriels et tertiaires sont moyens pour la région, tandis que l'agriculture y tient une place supérieure à la moyenne, avec environ 14 000 emplois et un produit annuel de 700 millions d'euros, dont un quart environ en produits végétaux, et un peu plus de viandes (40%) que de produits laitiers (un tiers).

L'Aveyron a 287 000 ha de bois, soit un taux relativement modéré de 28% du territoire, 250 000 ha en herbe et 262 000 ha cultivés (plus 720 de vignes). Ses agriculteurs ont obtenu trois AOC de fromages (roquefort, laguiole, aubrac) et plusieurs labels rouges en viandes et charcuterie, une indication géographique protégée (veau d'Aveyron et du Ségala); ils apportent annuellement environ 3,3 Mhl de lait de vache et 1,3 Mhl de lait de brebis. L'Aveyron est de loin le premier département d'élevage de la région, avec 480 000 bovins sur 1,3 M, 240 000 porcins sur 530 000, et la moitié des ovins (1,1 M sur 2,2) et des caprins (43 0000 sur 102 000). Le tourisme enregistre environ 10 millions de nuitées par an. Le parc naturel régional des Grands Causses couvre tout le sud et le sud-est du département. L'Aveyron comporte aussi 28 sites Natura 2000.