Bagnols-sur-Cèze

18 500 hab. (Bagnolais) dont 460 à part, 3 137 ha dont 770 de bois et 997 de vignes, chef-lieu de canton du département du Gard dans l'arrondissement de Nîmes, 51 km à l'est d'Alès. Bagnols, devenue sur Cèze en 1891, a été transformée par l'installation du centre nucléaire de Marcoule, dont elle loge la plupart des travailleurs. À l'origine station balnéaire gallo-romaine comme son nom l'indique, elle était devenue depuis le 13e siècle un gros bourg-marché de la plaine du Rhône et s'était tenue entre 4 000 et 5 000 hab. pendant tout le 19e s. et la première moitié du 20e. Elle est passée brusquement à 13 000 en 1963, 17 500 en 1975, et n'a ensuite crû que lentement; elle aurait même perdu une centaine d'habitants entre 1999 et 2009.

Le bourg est desservi par la N 86 et la voie ferrée de rive droite du Rhône. Bagnols a reçu de son passé un centre-ville en rond tassé dans sa ceinture de boulevards, une belle place à arcades, un beffroi (tour de l'horloge), des maisons anciennes et des hôtels bourgeois; musée de peinture (collection de post-impressionnistes), musée d'archéologie. Tous les abords méridionaux du centre-ville sont classés en zone urbaine sensible.

Le centre hospitalier emploie 600 personnes (207 lits), la mairie 400; polyclinique (110 sal., 57 lits), maisons pour enfants inadaptés, 130 lits psychiatriques; trois lycées et trois collèges publics, un collège privé; festivals de blues en juillet, Ja'Sound en août. Bagnols accueille les magasins Intermarché (100 sal.) et Carrefour (120 sal.), Leader Price (25 sal.) et le bricolage Vabema (Weldom, 40 sal.); les aménagements paysagers Atout Environnement (25 sal.); les autocars Faure (35 sal.) et transports Blancher (45 sal.), publicité Mediapost (30 sal.), gardiennage Securitas (110 sal.), nettoyage Onet (230 sal.), enlèvement de déchets Nicollin (30 sal.); une cave coopérative; centre d’aide par le travail.

La proximité de Marcoule a contribué à la présence de plusieurs sociétés d’ingénierie, SGTN (Générale pour les techniques nouvelles, 560 sal.), Cerap Sud (90 sal.), Spiral (50 sal.), Sematec (50 sal.), Technicatome (30 sal.), Ametra (20 sal.), Aptus (20 sal.) et de services comme la Sogedec (Générale de Décontamination, groupe Onet, 120 sal.) ou le conseil en informatique Euriware (170 sal.), le conseil de gestion Ecla (25 sal.); maintenance mécanique Endel (150 sal.), et constructions mécaniques Comat (20 sal.), installations électriques Snef (130 sal.) et ETDE (35 sal.).

Le maire est Jean-Christian Rey, socialiste; également conseiller régional. Bagnols est le siège d’une communauté de communes Rhône-Cèze-Languedoc qui groupe 10 communes et 43 000 hab. L’unité urbaine aurait 21 000 hab., l’aire urbaine 22 600 seulement, ce qui surprend. Le canton a 33 600 hab. (32 300 en 1999), 18 communes, 22 481 ha dont 6 918 de bois et garrigues; traversé par la Cèze, il est bordé à l’est par le Rhône et limitrophe du Vaucluse. Sa principale originalité est d’abriter le site de Marcoule, spécialisé dans la recherche et l’expérimentation en énergie nucléaire; la plupart des employés de Marcoule habitant au chef-lieu.

Marcoule est en effet un lieu-dit de la commune de Chusclan (1 000 Chusclanois, 1 323 ha dont 701 ha de vignes et 495 de bois), juste à l’est de Bagnols au bord du Rhône, que domine la Dent de Marcoule à 221 m. Les installations nucléaires relèvent du Commissariat à l'Énergie atomique (CEA ,1 700 sal.); de la Cogema (Areva NC, 1 300 sal.), et de Melox (830 sal.); machines spécialisées Mecachimie (45 sal.). La population de Chusclan a relativement peu progressé: elle était de 580 hab. en 1962 et ne s'est accrue que de 70 hab. après 1999. Sur la hauteur dans le bois de Gicon, des tours à signaux très anciennes, remployées et complétées comme élément de défense, forment un ensemble en cours de restauration avec l’aide de la coopérative viticole locale.

Le site nucléaire du parc Marcel Boiteux s’étend aussi sur la commune de Codolet (710 Codolétiens, 517 ha dont 267 de vignes), au sud-est, dont le nom désigne le galet, et qui a aussi une cave coopérative; travaillent à Codolet la Socodel (Centraco, déchets nucléaires, 200 sal.), la fabrique de médicaments Cisbio Bioassays (180 sal.), Axxo (maintenance mécanique, 120 sal.), STMI (Techniques en milieu ionisant, 100 sal.), ingénierie Ekis (30 sal.)le fournisseur de chaleur Dalkia (50 sal.); transports TN (120 sal.) et Lemaréchal (60 sal.). Codolet, où sont les nouvelles installations de la cave coopérative des vignerons de Laudun et Chusclan (50 sal.), a gagné 150 hab. de 1999 à 2009.

Des employés du complexe nucléaire résident aussi dans la commune voisine Orsan (1 120 Orsanais, 690 ha dont 342 de vignes), 5 km au SE de Bagnols, qui n’avait pas 500 hab. en 1954 et en a encore gagné une centaine entre 1999 et 2009. La commune est dotée par ailleurs d’une cave coopérative, et d’une tradition taurine suivie; manutention Rouméas (45 sal.). Codolet est le siège de la communauté de communes de Cèze-Sud (3 communes, 2 800 hab.) qu’elle forme précisément avec Chusclan et Orsan.

Au NE de Bagnols (11 km), Saint-Étienne-des-Sorts (520 Stéphanois, 985 ha dont 286 de bois) s’étire au bord du Rhône, à 4 km au nord de Marcoule; le TGV passe en face, sur l’autre rive, mais en partie dans une extension de la commune qui suit un ancien cours du fleuve (île des Brotteaux); 375 ha de vignes sont exploitées. Vénéjan (1 230 Vénéjanois, 1 855 ha dont 297 de bois et 354 de vignes) est à 6 km NNE de Bagnols mais la commune touche à la rive du Rhône dans l’ancienne «île Saint-Georges» où passe le TGV, rive droite cette fois. Elle accueille un gros poste d’interconnexion de lignes électriques, un moulin à vent de 1813 remis en état, un château d’origine féodale; cave coopérative. La population a fait un bond depuis les 400 hab. des années 1950, et encore gagné 160 hab. de 1999 à 2009. Juste à l'ouest, Saint-Nazaire (1 200 Nazairiens, 668 ha), 3 km au nord de Bagnols, a un négoce de produits agricoles Charrière (30 sal.); la commune a gagné 70 hab. de 1999 à 2009.

La partie nord-occidentale du canton est plus accidentée et plus rurale. Saint-Gervais (690 Gervasiens, 1 187 ha dont 491 de bois), juste au nord de la Cèze à 6 km ONO de Bagnols, cultive 680 ha de vignes et mord au nord sur la forêt de Valbonne; elle a une cave coopérative; la progression démographique récente est faible, et même nulle entre 1999 et 2009. Plus loin, La Roque-sur-Cèze (180 Roquairols, 837 ha dont 300 de bois et 117 de vignes), sur la rive droite de la rivière à 9 km ONO de Bagnols, se signale par un ancien pont dit Charles Martel, et les cascades du Sautadet, avec marmites de géants; il figure parmi les «villages de charme»; mais sa population, après une reprise de 1975 (104 hab. contre plus de 300 au 19e s.) diminue un peu (8 habitants de moins entre 1999 et 2005).

Sabran (1 780 Sabranois, 3 564 ha dont 1 208 de vignes et 1 528 de bois), 7 km à l’ouest de Bagnols, se signale par les ruines de son château et par un habitat très dispersé dans la garrigue; cave coopérative, hôtellerie du château de Montcaud (30 sal.) au hameau de Combes. La commune a eu plus de 1 500 hab. au milieu du 19e siècle et s’était dépeuplée jusqu’à 800 hab. vers 1950; le nombre de ses habitants a doublé depuis; il s'est accru de 60 hab. depuis 1999.

Au sud du canton apparaît un espace fréquenté et en expansion, dans la plaine drainée par le Tave, qui conflue avec le Rhône à L’Ardoise. Tresques (1 850 Tresquois, 1 790 ha dont 985 ha de vignes et 420 de bois), à 7 km au sud du chef-lieu, a une cave coopérative et quelques entreprises; négoce de produits chimiques Perret (45 sal.), travaux publics Bec (35 sal.); Tresques n’avait pas 700 hab. en 1954 et a surtout grandi entre 1975 et 1982; la croissance a été de 40 hab. entre 1999 et 2009. Connaux (1 620 Connaulais, 958 ha dont 317 de bois et 222 de vignes), 2 km au sud de Tresques, bénéficie comme elle de la N 86 et de bons terroirs agricoles. La commune a grandi depuis les 530 hab. de 1954, mais sa population plafonne et a même perdu 80 hab. de 1999 à 2009.

À 2 km à l’est, Saint-Paul-les-Fonts (790 Saint-Paulois, 546 ha) s’est séparée de Connaux en 1949 avec 180 hab. et s’est étoffée depuis et a gagné 170 hab. de 1999 à 2009; entreprise d’installation de réseaux Carminati (40 sal.). Gaujac (980 Gaujacois, 1 028 ha dont 570 de bois et 213 de vignes), un peu plus loin à 11 km SSO de Bagnols, a un château au village et de nombreux restes archéologiques à l’oppidum Saint-Vincent, sur le rebord faillé des Costes que l’on suit jusqu’à Roquemaure; cave coopérative, Gaujacoise de voies ferrées (20 sal.). La commune est en progrès: elle n’avait que 280 hab. en 1975 et en a gagné 320 de 1999 à 2009, soit +48%!

Saint-Pons-la-Calm (430 Saint-Ponais, 637 ha dont 165 de bois), 3 km à l’ouest de Tresques, compte 330 ha de vignes et une cave coopérative; réseaux et canalisations Carminati (45 sal.); le village est le siège de la communauté de communes du Val de Tauve, qui rassemble 7 communes et 6 000 habitants. À 3 km plus à l’ouest, Cavillargues (830 Cavillargais, 1 127 ha dont 200 de bois) cultive 470 ha de vignes, a une cave coopérative et se signale par une chapelle du 12e s.; elle s'est accrue de 160 hab. depuis 1999.

Marcoule

Le site de Marcoule a été un pionnier de l'industrie nucléaire en France, dès 1954; il a été choisi pour une combinaison intéressante entre un environnement attractif pour les techniciens, les eaux et le couloir du Rhône, une situation locale relativement isolée. Il a eu pour fonction principale la fourniture de la force de dissuasion militaire française, puis la mise au point de la filière graphite-gaz pour la production d'électricité. De nos jours il s'occupe surtout de recherche et de retraitement de combustible. La Cogema (aujourd'hui groupe Areva) a été chargée des opérations industrielles, tout en s'appuyant sur quelques sous-traitants spécialisés. Le premier réacteur français, G1, y a été installé en 1956 pour la production de plutonium, et a fonctionné jusqu'en 1968. G2 et G3 ont suivi entre 1957 et 1960 et ont été arrêtés en 1980 et 1984.

Le premier réacteur Célestin (plutonium et tritium) est entré en fonction en 1967, suivi peu après d'un second, le surgénérateur Phénix à neutrons rapides en 1973. Puis ont été installés en 1978 un atelier de vitrification des déchets (AVM), en 1990 un autre pour le traitement des effluents liquides (STEL). En 1993 a cessé la production de plutonium à usage militaire, mais la production de tritium pour l'armée se poursuit et les Célestin sont toujours en fonction. En 1995 a commencé la production de mox (mixed oxydes) dans la nouvelle usine Melox. En 1997 la filière graphite gaz a été supprimée, tandis que commençait le programme de démantèlement de l'ensemble initial (usine dite UP1).

L'ensemble forme aujourd'hui une «installation nucléaire de base» considérée comme secrète par l'Autorité de sûreté nucléaire et comprenant quatre éléments: le réacteur de démonstration Phénix, le laboratoire de retraitement Atalante, l'usine Melox de fabrication du combustible nucléaire mox, le centre de conditionnement des déchets radioactifs Centraco (arrêté par une explosion mortelle en septembre 2011). Les installations comprennent en outre un grand centre de recherche du CEA (Commissariat à l'énergie atomique) travaillant surtout sur le retraitement des combustibles nucléaires et les déchets et qui occupe un millier de personnes dont 800 chercheurs, un institut de formation (INSTN, Institut national des sciences et techniques nucléaires) et le centre d'information du Belvédère avec un musée-exposition Visiatome.

Marcoule et Pierrelatte forment ensemble le site Valrhô du CEA. Marcoule est ainsi le deuxième pôle de recherche de la région Languedoc-Roussillon après Montpellier, et participe aux efforts de développement local à travers un Pôle de compétitivité Marcoule-Tricastin. En vue de clarifier une situation qui a pu être passablement compliquée, le CEA a obtenu le 17 mars 2006 le titre d'exploitant nucléaire du site de Marcoule; Areva NC (ex-Cogema) a de ce fait le statut de sous-traitant industriel.