Barèges

240 hab. (Barégeois), 4 584 ha dont 405 de bois, commune des Hautes-Pyrénées dans le canton de Luz-Saint-Sauveur, 7 km au NE du chef-lieu, à 1 250 m; elle a été détachée de Betpouey en 1946, avec 330 hab. Son finage occupe l'ombrée du Bastan jusqu'au col du Tourmalet (2 115 m) à l'est, au pic du Néouvielle au sud (3 091 m). Deux vallées descendent de la crête du Néouvielle, de part et d'autre du pic d'Astazou (2 622, différent de l'Astazou de Gavarnie): celle de la Glère à l'ouest, qui mène au refuge de la Glère et au cirque sous le pic de Néouvielle, constellé de laquets; celle des Coubous et de l'Aygues-Cluses à l'est, issue de deux cirques également piquetés de petits lacs glaciaires.

C'est sur cette ombrée qu'a été aménagée la grande station de ski de Barèges, complétée par Super-Barèges du côté du Tourmalet. L'ensemble dispose de 70 pistes (100 km) et 45 remontées mécaniques, ainsi que d'un domaine de ski de fond. Toute la soulane du Baston, au nord de Barèges, relève cependant de la commune de Sers. Barèges a d'abord été une station thermale, la plus haute des Pyrénées à 1 200 m, déjà active au 17e siècle et disposant alors d'un établissement de cure civil. Elle fut rapidement orientée vers la clientèle militaire, dès 1732, car ses eaux sont supposées traiter les séquelles des blessures de guerre et les syphilis, «les maux de Mars et de Vénus» selon l'hyperbole euphémique; un hôpital militaire y a été construit en 1744, réaménagé en 1864 et désaffecté seulement en 1967.

L'ensemble est toujours sous l'autorité du syndicat de la vallée de Bastan; il comprend deux établissements thermaux (Barèges et Barzun), 800 studios et appartements, mais pas de casino. La fréquentation est de l'ordre de 2 400 curistes par an (44 000 nuitées), ce qui en fait la cinquième des huit stations haut-pyrénéennes. Barèges a 7 hôtels (120 chambres), un camping, 900 résidences secondaires pour 140 principales. On vante aussi les mérites de la barégine, un mucilage soufré formé dans les bassins, réputé antibiotique et anti-inflammatoire. C'est dès 1921 que le syndicat a jugé bon de s'orienter aussi vers les sports d'hiver; le funiculaire de l'Ayré, au sud de Barèges dans la vallée de la Glère, a été inauguré en 1949.

La station est maintenant reliée à celle de la Mongie par-delà le Tourmalet et inclut le jardin botanique du Tourmalet au pont de la Gaubie (2 ha). Une race de brebis de Barèges, issue de souche locale et de mérinos, compte environ 4 000 têtes dans le pays Toy, et a été orientée surtout vers la viande. La balaguère est à Barèges le nom du vent chaud du sud, descendu du Néouvielle avec un effet de foehn qui réduit très vite la couche de neige; le nom signifie la balayeuse…

Barèges

Barèges doit une part de son développement à Urbain Cazaux, né en 1899, qui y fut instituteur, puis conseiller général du canton de Luz, et maire de Barèges dès la scission communale de 1946, qu'il avait pu obtenir. Il exerça de multiples fonctions dans les milieux du ski et de la politique, qui l'avaient fait surnommer «l'homme aux 35 présidences», et fut comme le seigneur des lieux dans les années 1950 et 1960; il est mort en 1979 et la place principale de Barèges porte son nom.