Barrême

440 hab. (Barrêmois), 3 705 ha dont 1 860 de bois, chef-lieu de canton des Alpes-de-Haute-Provence dans l'arrondissement de Digne-les-Bains, 28 km au SE de la préfecture à 720 m. Le village est au confluent de l'Asse de Blieux et de l'Asse, qui reçoit juste en amont l'Asse de Moriez, et au carrefour de la N 85 (route Napoléon) et de la N 202 vers la vallée du Var. Il a une gare sur le chamin de fer de Provence et un musée géologique. Barrême est le lieu éponyme de l'étage barrémien du Crétacé et le canton, dont les roches sont riches en fossiles, fait partie de la réserve géologique de Haute Provence. Le finage, accidenté, est axé sur les trois vallées et contient à l'est la forêt domaniale des Trois Asses. Il culmine à 1 620 m à l'ouest, où sont quelques ruines de petits hameaux. Barrême avait 1 100 hab. dans la première moitié du 19e s. et s'est dépeuplée jusqu'en 1982 (420 hab.).

Le canton a 1 100 hab., 8 communes, 31 637 ha dont 7 857 de bois. Blieux (60 Blieuxiens, 5 680 ha dont 690 de bois) est la commune la plus méridionale, à 14 km au sud de Barrême, à 950 m, dans une large vallée empruntée par l'Asse de Blieux et qui fut calibrée par les glaciers quaternaires. Elle est la seule commune du canton incluse dans le Parc du Verdon et conserve quelques restes de fortifications. Le relief atteint 1 930 m au sud au Mourre de Chanier, 1 905 m à l'ouest au Chiran, 1 682 m au nord à la Sapée. Un observatoire est installé au mont Chiran, accessible par une route forestière venant de Majastres. Blieux a eu jusqu'à 970 hab. en 1836 et s'est dépeuplée jusqu'en 1968; le nombre d'habitants s'est à peu près stabilisé depuis.

Senez (150 Senéziens, 7 027 ha dont 2 229 de bois) est également au bord de l'Asse de Blieux, mais à 5 km au SSE de Barrême, à 780 m. Elle fut siège d'un évêché dès le 4e siècle; l'église épiscopale est du 12e s. et ornée de tapisseries. La route Napoléon sort de la commune au sud par les clues de la Roche Percée et de Taulanne, qui donnent accès au bassin de Castellane, à une vingtaine de kilomètres au sud-est de Sénez. La commune est en deux parties: elle détient une enclave au nord-ouest, où sont quelques ruines de hameaux dans les reliefs bordés à l'ouest par les gorges de Trévans et qui culminent à la Sapée. C'est le résultat d'une fusion de 1973 entre Senez et Le Poil, qui avait eu plus de 300 hab. au 19e s., mais était tombée à 8 hab. en 1968 et en avait 11 en 1999. Senez seule a eu plus de 900 hab. en 1831, 470 en 1900, 170 en 1968. La population communale remonte un peu depuis le minimum de 120 hab. en 1990, et a gagné 32 hab. de 1999 à 2006.

Le nord du canton est tenu par la commune de Tartonne (130 Tartonnais, 4 488 ha dont 200 de bois), qui occupe le haut bassin de l'Asse à 945 m; son habitat y est très dispersé. Le finage culmine à 2 282 m au nord-est dans la Montagne du Cheval Blanc et il est dominé à l'ouest par le crêt de la Montagne de Coupe, qui atteint 1 988 m au sommet du Couard. Tartonne est riche du château de Maladrech (17e s.), de l'église d'Entraigues (12e-14e s.), d'une source salée à l'est sous le col du Défend (1 267 m). La commune avait 500 hab. au début du 19e s., moins de 100 en 1975.

Clumanc (160 Clumancais, 5 369 ha dont 1 124 de bois, à 800 m) relaie Tartonne vers le sud dans le même bassin supérieur de l'Asse, et son habitat n'est pas moins dispersé. Elle a une église des 10e et 13e s., un château des Périer, ruiné mais en partie restauré au 17e s. La commune a eu plus de 1 100 hab. en 1846, 135 en 1975. Saint-Jacques (37 Saint-Jacquois, 466 ha, à 800 m) et Saint-Lions (34 Saint-Lionnais, 1 155 ha dont 475 de bois, à 800 m églement) sont de minuscules communes de part et d'autre de l'Asse juste au nord de Barrême. La première a gagné 20 hab. de 1999 à 2007.

Chaudon-Norante (130 Norantais, 3 748 ha dont 1 279 de bois), au nord-ouest de Barrême, est formée par deux villages. Norante est au bord de l'Asse, à 666 m, et sur la route Napoléon, à l'entrée de la clue de Chabrières. Chaudon est dans une grande combe perchée, séparée de Norante par un ravin dont la petite D 20 gravit péniblement la pente; centre de vacances. Le finage comprend des reliefs de rive gauche de l'Asse, dont les hameaux d'Auran. Chaudon a fusionné avec Norante dès la Révolution, mais a gardé son seul nom jusqu'en 1908 où elle est devenue Chaudon-Bedejun après avoir absorbé la petite commune de Bedejun, qui avait 40 hab.; puis elle a choisi de se nommer Chaudon-Norante en 1919. Elle avait 650 hab. en 1841, 70 seulement en 1975, et a gagné une vingtaine d'habitants de 1999 à 2007.