Barthe-de-Neste (La)

1 200 hab. (La Barthois), 762 ha, chef-lieu de canton des Hautes-Pyrénées dans l'arrondissement de Bagnères-de-Bigorre, 6 km au sud de Lannemezan à 500 m. Le village est sur une terrasse alluviale de la Neste dominant le cours de la rivière, sous le rebord du plateau de Lannemezan; il conserve un gros donjon à demi tronqué; travaux publics Lopez (30 sal.). Sa population, de moins de 600 hab. entre 1900 et 1935, est montée à 1 360 en 1975 sous l'attraction des emplois de Lannemezan, puis a sensiblement diminué, mais vient de reprendre une centaine d'habitants de 1999 à 2004. Le village est le siège de la communauté de communes Neste-Baronnies qui réunit 15 communes, 5 200 hab., et du pays des Nestes, réunion d'intercommunalités au SE du département des Hautes-Pyrénées, associant 138 communes (9 communautés de communes et une trentaine d'isolées) et 28 000 hab.

Le canton a 4 400 hab. (4 100 en 1999), 20 communes, 16 501 ha dont 7 665 de bois; il est traversé du sud au nord par la vallée montagnarde de la Neste d'Aure et s'étend, à droite vers les reliefs de la Barousse, à gauche dans les collines des Baronnies. Hèches (649 Héchois, 3 544 ha dont 2 349 de bois), 8 km au sud du chef-lieu à 610 m, est la commune la plus en amont et s'étend des deux côtés de la Neste dans les forêts; des gentilshommes verriers étaient établis au hameau de Rebouc, et la commune avait encore plus de 1 300 hab. en 1876; elle a reçu l'usine hydroélectrique de Sainte-Marie. À Labastide (170 hab., 558 ha, à 520 m), en aval d'Hèches sur le versant de rive gauche, s'ouvre la grotte de l'Aspugue (orthographe erronée de l'IGN) ou Grande Spugue, découverte en 1932 et riche en témoignages magdaléniens; le village est né comme bastide au 14e siècle.

Tout près mais un peu à l'ouest au-delà du col de Coupe (732 m), qui offre une belle vue, sont le gouffre et le village d'Esparros (170 hab., 3 256 ha dont 2 160 de bois). Le finage communal va au sud jusqu'au signal de Bassia (1 921 m), point culminant du canton; elle a révélé trois grottes sépulcrales en plus du gouffre. Esparros avait 840 hab. en 1851; l'intensité du dépeuplement a incité les autorités locales à imaginer en 1966 une foire annuelle aux célibataires, qui se renouvelle régulièrement depuis. La commune d'Avezac-Prat-Lahitte (580 Avezacais, 1 781 ha dont 510 de bois), plus au nord à 6 km à l’ouest de La Barthe, réunit quatre hameaux et résulte d’une fusion de 1972; l’ensemble avait près de 1 000 hab. en 1876; sa population a augmenté de 40 hab. depuis 1999; restes protohistoriques (nécropole du Bronze) et gallo-romains, mottes féodales et ruines d’un donjon.

Un peu à l'ouest se trouve Lomné (40 hab., 294 ha), l'une des anciennes baronnies, qui a encore quelques ruines du petit château féodal. À l'extrémité occidentale du canton, la commune d'Asque (120 Asquois, 1 585 ha dont 976 de bois), au fond d'une des têtes de l'Arros à 700 m, cache la grotte de la Gourgue, qui a révélé des ossements humains du Bronze (1 800 avant notre ère), ainsi que des restes gallo-romains. Asque est le siège de la petite communauté de communes du Haut-Arros (5 communes, 300 hab.).

Les splugues

De nombreux toponymes en splugue, spugue ou spélugue, ou proches de cette forme, existent dans les Pyrénées et alentour. Ils désignent toujours une grotte, comme celles des Espélugues à Lourdes. Le mot dérive du latin spelunca ou speleum et existe aussi en grec (spelaton); de la même racine vient la spéléologie. On le retrouve en italien sous la forme spelonca. Lespugue (Haute-Garonne) en est une déformation, comme la Spoulga en Ariège. C'est pourquoi l'Aspugue est une mauvaise transcription de la Spugue, attirée par la fréquence des aspes dans les Pyrénées.