Bavay

3 600 hab. (Bavaisiens) dont 110 à part, 1 012 ha, chef-lieu de canton du département du Nord dans l'arrondissement d'Avesnes-sur-Helpe, 24 km au NNO de celle-ci et à 18 km SSO de Mons (Belgique). Elle fut Bagacum, créée vers 20 avant notre ère pour servir de chef-lieu à la Nervie conquise par les légions de César. Elle est ensuite devenue autour de l'an 50 de notre ère un remarquable carrefour au centre d'une étoile de six routes romaines; la plupart subsistent de nos jours sous forme de routes et de chemins connus sous le nom de chaussées Brunehaut, et les limites communales les suivent volontiers, ainsi que la limite nord de la forêt de Mormal.

La ville ancienne dessine une ellipse de boulevards et conserve des ruines gallo-romaines avec des restes assez complets du forum, un musée archéologique et une maison du patrimoine. Elle offre aussi son enceinte médiévale du 14e s., une belle place des 17e-18e s. et des maisons de pierre bleue, la colonne Brunehaut des 17e et 19e s. Bavay a un collège public et un privé, un lycée public, un lycée agricole privé (LPER), une maison de retraite. SSon principal établissement est l’atelier de mécanique CPI-Liard (90 sal.) ; métallerie Ligare (30 sal.), engrais Angibaud-Derome (30 sal.); peinture Cloez-Trehout (30 sal.), supermarchés Match (45 sal.) et Carrefour (30 sal.).

Bavay, dont le nom a pu jadis s'écrire Bavai, a fusionné en 1946 avec sa voisine Louvignies-Bavay, qui avait alors 1 200 hab. et avait elle-même absorbé Buvigny en 1825. Bavay n'a atteint les 2 000 hab. qu'en 1946, grâce à cette fusion; puis sa population a augmenté jusqu'en 1982 (4 200 hab. sdc), mais elle diminue depuis et a perdu 150 hab. entre 1999 et 2010. La ville est le siège de la communauté de communes du Bavaisis, qui associe 154 communes (12 800 hab.).

Le canton, frontalier, a 20 400 hab., 16 communes, 12 662 ha dont 1 233 de bois. Houdain-lez-Bavay (880 Houdinois, 1 218 ha) est juste au nord de Bavay et s'orne du château de Warnicamp (15e, 17e et 18e s.). Son finage atteint la frontière belge au château du Fontenoy et comprend plusieurs hameaux et d'anciennes carrières souterraines. Bellignies (910 Bellignois, 518 ha dont 140 de bois) est à 4 km au NO de Bavay sur une ancienne route romaine vers Tournai. Le village domine le confluent de l'Hogneau et du ruisseau de Bavay; il a une rue sur le plateau et une autre dans la vallée encaissée de l'Hogneau. Son grand château à tour du 13e s. et corps des 17e au 19e s. possède un parc avec dolmen. Bellignies a aussi une église inscrite, un musée du marbre et de la pierre bleue et d'anciennes carrières de marbre; la Secab (Gagneraud, 35 sal.) continue à extraire des pieres d'ornement. La commune a absorbé Bréangis en 1825 et eu son maximum de population en 1911 (1 100 hab.); le nombre de ses habitants avait peu changé depuis les années 1930, mais a augmenté après 1999 (+70 hab.) mais plafonne depuis 2005.

Gussignies (360 Gussigniens, 346 ha) et Bettrechies (250 Bettriciens, 336 ha) sont deux petites communes frontalières à l'angle nord-ouest du canton. Gussignies a un grand château des 18e et 19e s., et a gagné 60 hab. de 1999 à 2006; jardin de nature, petite brasserie en activité, réserve naturelle du bois d'Encade dans un site encaissé de 2 ha, autour des ruines d'une scierie qui ont accueilli une végétation originale. Bettrechies a reçu en 1934 sur son territoire une météorite à chondrite de près de 20 kg, dont des fragments sont au muséum de Lille; sa population ne change guère.

Saint-Waast (630 Védastiens, 591 ha), 4 km à l'ouest de Bavay au bord du ruisseau de Bavay, reste hors du Parc régional de l'Avesnois. Elle s'orne à l'est du château de Rametz, à tours, douves et jardins, d'origine médiévale; tour sarrasine du 12e s., N 49 élargie de Valenciennes à Maubeuge. La commune est souvent nommée Saint-Waast-la-Vallée, mais ce nom n'a pas de caractère officiel. Sa population a diminué de 1911 (850 hab.) à 1990 (620 hab.). À l'ouest de Saint-Waast, La Flamengrie (430 Flamengrois, 203 ha) est une curieuse commune qui dessine une pointe étroite en territoire belge et qui fut jadis un haut lieu des contrebandes; on y trouve encore quelques-unes des nombreuses bornes-frontières en pierre, portant sur une face le lys de la royauté française et sur l'autre l'aigle de l'empire autrichien, et qui délimitaient laborieusement un territoire longtemps disputé.

Plusieurs communes au sud de Bavay ont des finages qui touchent à la forêt de Mormal: d'ouest en est Amfroipret (220 Aufridiens, 154 ha), qui a gagné 60 habitants entre 1999 et 2010 et dont le gentilé correspond bien à un patronyme germanique originel Aufrid, attesté dans les formes anciennes du nom (le pré d'Aufrid); Bermeries (420 Bermeriens, 529 ha), également en progrès récent, gagnant 110 hab., un tiers, dans le même temps; Obies (730 Obitains, 543 ha), qui a eu 1 200 hab. au milieu du 19e s. et perdait des habitants depuis 1960, mais en a repris 140 depuis 1999; Mecquignies (660 Macogniens, 478 ha), Audignies (310 Aldinois, 366 ha), elles aussi en légère augmentation. À Bermeries, la ferme de Cambron est inscrite. Obies conserve un château du 18e s. Mecquignies, sur le ruisseau de Bavay, a dans son finage un gros hameau (Hautimont) et va au sud-est jusqu'au hameau du Quêne au Leu (le chêne au loup). Le village d'Audignies jouxte les premières maisons de Bavay au sud-est; la commune conserve un château des 14e-15e et 17e-18e s., à douves.

Deux communes touchent au territoire de Bavay au nord-est, sont frontalières et sont traversées par l'Hogneau. Une ancienne voie romaine de Bavay vers le nord-est en direction de Mons sépare leurs finages. Hon-Hergies (840 Hon-Hergeois, 1 102 ha), déjà sous ce nom en 1793, et dont le nombre d'habitants a culminé à 1 150 en 1891, mais qui a cessé de se dépeupler depuis 1982, disperse ses maisons au nord de cette voie, que suit la D 84 et qui s'achève à la frontière au hameau de la Ruelle. Le village a un clocher à bulbe du 18e s.

Taisnières-sur-Hon (940 Taisniérois, 1 622 ha) est au sud, et son finage est traversé par une autre route plus fréquentée, qui suit un moment une autre direction de voie romaine bavaisienne vers l'ENE; église du 16e s. à haut clocher. Taisnières a eu 1 400 hab. en 1872 et se tient à son niveau actuel depuis 1965. Elle fut le site de la bataille de Malplaquet (septembre 1709) qui confirma une série de défaites françaises et contribua à la gloire de Malbrouk (Marlborough), mit en jeu 200 000 hommes, fit au moins 10 000 morts ajoutés au bilan de la guerre dite de Succession d'Espagne; un monument de 1909 commémore ce désastre. Taisnières abrite aussi une très puissante station du Gaz de France pour le mélange et la compression de gaz à l'arrivée des conduites venant des Pays-Bas et de Norvège, où passent plus du tiers des importations de gaz en France. Les deux communes orientales du canton, La Longueville et Feignies, sont hors du Parc régional, et plus peuplées.