Beaucourt

5 090 hab. (Beaucourtois), 495 ha, chef-lieu de canton du Territoire de Belfort, 12 km à l’est de Montbéliard sur le plateau préjurassien de Croix. Ce fut le fief de la maison Japy, l’un des grands animateurs du développement industriel de la Porte de Bourgogne avec la famille Peugeot au 19e s.; un musée européen de l’industrie horlogère porte le nom de Frédéric Japy et il reste une dizaine de châteaux construits par les Japy à Beaucourt, notamment le château des Vignes et le Parc des Cèdres. Beaucourt a un collège public; elle avait 1 000 hab. en 1820, 4 500 en 1900, 3 500 en 1936 puis a entamé une nouvelle croissance jusqu’à 5 700 hab. en 1982, mais la population décroît un peu depuis et a perdu 350 hab. entre 1999 et 2008.

Beaucourt abrite aujourd’hui une fabrique de moteurs électriques CEB du groupe Leroy-Sommer (Constructions électriques de Beaucourt, 230 sal.), héritière de la filière des machines à écrire, qui avait été maintenue un moment par Hermès-Paillard. L’autre gros employeur est la fabrique de pièces métalliques pour automobiles Altia (110 sal.), issue de Wagon Automotive qui avait le double de salariés en 2005. Le reste est de moindre taille: serrurerie FFF (30 sal.), mécanique Biguenet (25 sal.), électronique Becker (20 sal.), traitements de surfaces Sodex Humbert (20 sal.); constructions BM Concastri (25 sal.), espaces verts du groupe ISS (40 sal.), supermarché U (30 sal.).

Japy de Beaucourt

Frédéric Japy, né en 1749, était le fils du serrurier maréchal-ferrant du village de Beaucourt; il créa en 1777 une première fabrique d'horlogerie à Beaucourt après avoir suivi un apprentissage en Suisse au Locle. Il fut ensuite le premier à installer des machines permettant de façonner des milliers d'ébauches par an, quand la production manuelle se limitait à une moyenne de 24 ébauches par an et par travailleur. Il employait 400 ouvriers en 1795, et appliquait une sorte de philanthropie paternaliste et fort productive, avec des magasins d'approvisionnement, école et éducation, dans le style phalanstérien apprécié de certains patrons; il est mort en 1812. Plusieurs autres usines Japy furent implantées à Badevel et Dampierre-les-Bois dans la petite vallée de la Feschotte.

Beaucourt fut l'une des premières villes françaises à recevoir le gaz de ville et le tramway. Le groupe Japy poursuivit sa croissance au 19e siècle jusqu'à employer 5 000 salariés mais commença à décliner dès les années 1870. La dernière usine de machines à coudre a été fermée à Beaucourt en 1975. Une autre branche a mieux réussi: Japy avait installé à Delle en 1807-1809 une usine de vis à bois, ce qui explique que dans ses lointains héritages ait figuré la GFD (Générale de Forgeage et Décolletage) de Delle, créée en 1968 par regroupement de trois entreprises d'origine familiale; devenu GFI en 1977 après avoir intégré Blanc Aéro, l'ensemble fut rebaptisé Lisi (Links solutions for industry) en 2002 et associe une branche dans l'automobile, une dans l'aérospatiale et une dans les cosmétiques.

Le canton 6 900 hab. (7 200 en 1999), 6 communes et 3 098 ha dont 1 150 de bois; il est le plus méridional du département, enserré entre la frontière suisse et la limite du département du Doubs. Fêche-l’Église (820 hab., 393 ha dont 161 de bois), au NE de Beaucourt en contrebas, a eu des mines de fer jusqu'au 17e s., et conserve une belle fontaine classée, dite Mazarin; elle avait moins de 300 hab. entre 1930 et 1960. Les trois petites communes de Saint-Dizier-l’Évêque (410 hab., 1 083 ha dont 560 de bois, à 550 m), Villars-le-Sec (140 hab., 305 ha, à 640 m) et Croix (170 hab., 541 ha), sur le plateau préjurassien qui porte son nom, à 610 m, touchent à la frontière de la Suisse par des routes très secondaires. Saint-Dizier a gagné 40 hab. depuis 1999; une parcelle de vignoble reconstituée sert aux festivités; la mention épiscopale n'a été ajoutée à son nom qu'en 1937. Villars se flatte d'être le village français le plus continetal (le plus loin de toute mer…)