Bédarieux

6 800 hab. (Bédariciens) dont 260 à part, 2 782 ha dont 480 de bois, chef-lieu de canton du département de l'Hérault dans l'arrondissement de Béziers, 36 km au nord de celle-ci au bord de l'Orb. Ce fut d'abord Bedeiriœ, vicarius de Bitterivis, nom proche des origines de Béziers, d'où le surnom de «petit Béziers», mais avec l'attraction du rieu pour rivière. Sa position géographique en fit la tête d'un petit bassin d'industrie en bord de montagne, ville drapante en partie spécialisée dans les draps pour casquettes. L'activité fut relancée au 19e s. par l'exploitation du charbon (bassin de Graissessac), puis de la bauxite, dont il reste des carrières à l'est de la ville. Le chemin de fer est arrivé de Béziers en 1858, puis a été prolongé vers Neussargues où il se reliait au réseau auvergnat; l'embranchement vers Graissessac fut inauguré en 1865, la nouvelle gare étant construite en 1889 avec une superbe marquise, aujourd'hui quelque peu insolite. Puis la ville a souffert de la dépopulation des hauts cantons et du déclin industriel.

Outre les deux lycées et le collège publics, on y trouve un collège catholique, un hôpital local public (280 sal., 20 lits médicaux) avec maison de retraite et une polyclinique privée (32 lits), un institut médico-éducatif, une Maison de pays, une Maison des Arts (arts et traditions populaires), un musée des sciences naturelles et du rail, un office du tourisme, un centre de loisirs de EdF-GdF, des petites entreprises comme Paul Boyé (vêtements de travail, 65 emplois) et KP1 (préfabriqués, 90 sal.), et une polyclinique (45 sal.); un Super-U (45 sal.), un Bricomarché (25 sal.), ainsi qu’une base des travaux publics Colas (50 sal.) et les transports par autocars Bernard Pons (40 sal.).

Bédarieux organise chaque année des rencontres internationales de folklore. La voie ferrée vers Saint-Pons est fermée au trafic des voyageurs depuis 1972, mais il existe un projet de train touristique entre Bédarieux et Hérépian, voire Lamalou et au-delà. La ville avait 5 400 hab. en 1821, 7 700 en 1876 et a culminé à 9 200 en 1931; sa population a diminué ensuite, ne se stabilisant que dans le courant des années 1990.

Le canton a 10 100 hab. (9 000 en 1975), 9 communes, 15 284 ha dont 5 784 de bois et garrigues; traversé par la vallée de l'Orb, il atteint à l'extrémité NO la limite du département de l'Aveyron au-dessus de Graissessac (700 Graissessacois, 1 003 ha dont 323 de bois), ancienne cité minière construite tout en longueur dans dans le profond vallon du Clédou, affluent de la Mare, 14 km au NO de Bédarieux. La commune avait plus de 3 000 hab. en 1881, encore 2 400 en 1954 puis s'est en partie vidée avec la fermeture de la mine. Toutefois, elle a regagné une soixantaine d’habitants entre 1999 et 2009. D'énormes déblais couvrent encore les serres qui l'encadrent (1 022 m au mont Agut); le village n'a plus que quelques ateliers (zone industrielle de la Gare, 4 ha), les commerces et services de base, plus le siège de la sécurité sociale minière avec pharmacie mutualiste. Le sillon houiller de Graissessac s'étire sur 20 km de l'ONO à l'ESE, jusqu'à Bédarieux. Le charbon a été exploité à partir de la fin du 18e s., et surtout avec l'arrivée du chemin de fer en 1858, qui permettait l'évacuation du charbon vers la verrerie du Bousquet-d'Orb et, par Bédarieux, vers les usines tarnaises; on a compté jusqu'à 1 800 ouvriers en 1893. Les difficultés d'exploitation ont fait arrêter en 1962 la mine même, et la dernière «découverte» peu après.

L'habitat de Saint-Étienne-Estréchoux (250 hab., 358 ha dont 177 de bois) précède Graissessac en aval dans la même vallée, mais Estréchoux-le-Vieux fait partie du territoire de Graissessac; le finage s'étend de part et d'autre du confluent de la Mare et du Clédou, et de la vallée très encaissée de la Mare; au fond à l'ouest se cache le hameau de Verchoux, qui conserve une chapelle. Camplong (250 Camplonnais, 1 325 ha dont 965 de bois), 12 km au nord de Bédarieux à l'est de Graissessac, dont le village est dans la vallée encaissée du ruisseau d'Espaza, affluent de la Mare, a reçu 3 éoliennes Enercon (2,7 MW) en 2008 pour J. Solvain sur les hauteurs des ancienes mines; le finage monte au nord dans la forêt domaniale des Monts d'Orb où l'altitude monte à 885 m au Liourel et où a été aménagé un arboretum paléobotanique des Monts d'Orb. La commune s'est accrue de 60 hab. entre 1999 et 2009. Des restes d'un cimetière wisigothique se voient sur la crête entre Clédou et Espaza, où a été édifiée à 471 m la Chapelle Saint-Sauveur.

La commune de Graissessac avait été créée en 1859 à partir de l’ancienne commune de Boussagues, qui a disparu depuis, la mairie et le nom de la commune ayant été transférés à La Tour-sur-Orb (1 230 Tourorbois, 3 065 ha) en 1884. Ce village, situé à 5 km au nord de Bédarieux, étire ses maisons le long de l’Orb, ainsi que quelques ateliers dont les tubes plastiques Tuvedoc (60 sal.) et les Carrières de Lamalou (Servant, 80 sal.), plus le constructeur de réseaux Lopez Florian (30 sal.); le finage porte 1 200 ha de bois et 1 000 de garrigues, plus 230 ha de vignes. La population communale a un peu fluctué mais sans changer de niveau, sauf un creux dans les années 1960; elle vient de s'accroître de 160 hab. depuis 1999. On voit à Boussagues, ancien village fort qui a gardé beaucoup de son allure médiévale, de nombreux restes de remparts, de deux châteaux et de maisons anciennes (surtout 16e et 17e s., dont la maison du Bailli à tour ronde). L’aérodrome de Bédarieux (code LFNX), doté d’une piste de 975 m et d’un aéroclub, est juché sur le plateau au sud du finage; vol à voile.

Pézènes-les-Mines (230 Pézénois, 2 687 ha), 11 km ESE de Bédarieux, est aux sources de la Peyne qui lui a donné son nom. Le pittoresque village se tasse sur un lobe convexe de méandre au fond de la vallée de la Peyne, proche de l'ancienne carrière de bauxite de l'Arboussas, autour d'un château (en partie restauré) des 12e-17e s. et de son église du 12e s. (plusieurs fois remaniée); la commune a gagné 60 hab. depuis 1999. Des orgues basaltiques se cachent parmi 1 300 ha de forêt et taillis et 800 de garrigues; l’aven du mas Bernet est sur le relief, près de la limite méridionale. La mention des mines ne date que de 1926.

À l’est de Bédarieux à 8 km, la commune dispersée de Carlencas-et-Levas (120 Carlencassois, 1 078 ha dont 600 de bois), sous l’Escandorgue, fruit d'une union des années 1790, a une curieuse et ancienne spécialité locale de pois chiches sur sols basaltiques, qui ne mobilise cependant que trois producteurs actuellement sur 3 ha, pour 3 à 4 tonnes par an; Maison du Tournage (sculpture sur bois). Sans doute la principale fierté du canton est-elle, tout au sud, le terroir de la commune de Faugères, l’une des grandes appellations viticoles du Languedoc.