Beine-Nauroy

1 070 hab. (Benais), 4 268 ha, chef-lieu de canton du département de la Marne dans l’arrondissement de Reims, 16 km à l’est de la ville au pied des buttes dites monts de Champagne. La commune a intégré le territoire de l’ancienne Nauroy, détruite pendant la guerre de 1914-1918. Le village a peu de services mais deux ensembles de silos, une coopérative de déshydratation de la luzerne, un haras, un terrain de baseball; l’usine Bosal-Le Rapide (capitaux belges et néerlandais, 170 sal.) fabrique attelages, galeries de voitures et conteneurs métalliques; Mécanique 2L (25 sal.) s'occupe de machines-outils; transports Bergé (40 sal.). La périurbanisation rémoise a atteint le village: il n’avait que 380 hab. en 1962 et sa population augmente depuis; elle s'est accrue de 230 hab. entre 1999 et 2008 (+27%).

Le canton a 9 800 hab. (8 600 en 1999), 17 communes et 32 713 ha. Limitrophe du département des Ardennes au NE, il touche à l’ouest à l’agglomération de Reims. Deux reliefs, le mont de Berru et les monts de Champagne, ont joué un grand rôle pendant la première guerre mondiale. Côté ouest à 8 km du centre de Reims se dresse à 219 m le mont de Berru, colline témoin d’une ancienne extension de la côte d’Île-de-France, qui fut un point fort des lignes allemandes; Berru (510 Berruyats, 1 365 ha dont 229 de bois), 10 km à l’est de Reims, cultive 97 ha de vignes AOC et a une cave coopérative et une église romane classée; elle a gagné 50 hab. de 1999 à 2008. Monts de Berru est le nom du terroir n°3 du Vignoble champenois, groupant 5 villages pour 370 ha de vignes, à forte dominante de chardonnay.

Cernay-lès-Reims (1 350 Sarnaciens, 1 649 ha), 4 km à l’est de Reims, est déjà en banlieue et sa croissance est rapide (650 hab. en 1960); son finage compte 80 ha de vignes AOC sur les pentes du mont de Berru; grande maison d’accueil pour enfants handicapés (env. 50 emplois), une église du 12e s., quelques ateliers dont l'imprimerie M. Lata (45 sal., étiquettes). Cernay a gagné 150 hab. de 1999 à 2008; elle est le siège de la communauté de communes du Mont de Berru (4 communes, 3 400 hab.).

Nogent-l’Abbesse (570 Nogentais, 1 016 ha), 2 km au sud, se dissimule dans les replis du mont de Berru où elle exploite 170 ha de vignes d’appellation et une cave coopérative. La paroisse appartint à l’abbaye Saint-Pierre-aux-Dames de Reims, d’où son nom, et fut aux troupes allemandes de 1914 à 1918. La population communale s'est accrue de 120 hab. (+27%) après 1999.

Au sud du mont de Berru mais déjà au bord de la vallée de la Vesle, 12 km au SE de Reims, Prunay (980 Prunaisiens, 1 841 ha), en croissance aussi (315 hab. en 1962), et qui a gagné 120 hab. entre 1999 et 2008, héberge sur 55 ha un aérodrome (code LFQA) d’affaires, de tourisme et de sports (vol à voile), qui dispose d’une piste revêtue de 1 150 m et d’une piste engazonnée de 1 170 m et où se font environ 25 000 mouvements d’avions par an dont 17 000 locaux non commerciaux (aéeroclub), près de 7 000 en voyages privés, 140 vols commerciaux (charters, 300 à 500 passagers annuellement). Il est flanqué d’une usine de constructions aéronautiques GECI, ex-Reims-Aérospace, ex-Reims-Aviation, issue de la société Max Holste, qui monte des avions de conception Cessna, actuellement le bimoteur F 406, spécialiste des missions de surveillance; dirigée à l'origine par Max Holste et Pierre Clostermann, productrice du Broussard puis d'avions Cessna, elle a eu jusqu’à 500 emplois, puis est entrée en crise; rachetée par l’autrichien Ventana Aerospace en 2003, elle a connu plusieurs difficultés, a été reprise en 2008 par l'entreprise d'ingénierie française GECI (Serge Bitboul) et s'est réduite à 60 emplois en 2011, contre 240 en 2005.

Au centre du canton, un peu plus éloignés de Reims (20 km), les «monts de Champagne» — v. Champagne (monts de) – sont entièrement occupés par un terrain militaire, formant le camp de Moronvilliers. Nauroy et Moronvilliers sont deux des villages de la «zone rouge», détruits en 1914-1918 et abandonnés depuis, dont les terres ont été données aux villages voisins, qui ont ajouté leurs noms en 1950. Le territoire de Nauroy a été rattaché à Beine, celui de Moronvilliers à Pontfaverger-Moronvilliers (1 580 Pontfabriciens, 3 152 ha), village à 22 km de Reims. La bourgade, où se voient les traces d’une ancienne filature et d’une ancienne papeterie, est dans la vallée de la Suippe, sur la route de Reims à Vouziers. Elle joue le rôle d’un petit centre de services pour les communes voisines: collège public avec gymnase, gendarmerie, bibliothèque municipale, tous les commerces de base; deux ensembles de silos et une installation de déshydratation de la luzerne, ainsi que plusieurs petites entreprises, où les principaux employeurs sont Promel-Brunella (élastomères, joints pour l’industrie de l’automobile, 45 sal.) et les transports Girard (40 sal.). Le camp de Moronvilliers y ajoute un établissement du Commissariat à l'Énergie Atomique (CEA, 130 sal.). Plus curieusement, au nord-ouest de la commune, 11 ha de vignes d’AOC champagne garnissent les pentes du mont Saint-Médard. La population communale est seulement restée stable de 1968 à 1999, à un niveau très inférieur à celui des temps de l’industrie textile (2 300 hab. en 1886), mais la commune a gagné 180 hab. entre 1999 et 2008.

La vallée de la Suippe, qui sert d’axe à la partie orientale du canton, prolonge le petit couloir industriel de Bazancourt. Dans un vallon annexe, 5 km au NNE du chef-lieu, Époye (440 Époyens, 1 535 ha) a une église romane classée et a gagné une quarantaine d'habitants entre 1999 et 2008. Selles (360 hab., 1 134 ha), juste en aval de Pontfaverger sur la Suippe, a gagné 110 hab. de 1999 à 2008 (+42%); fabrique de peintures Nasa (groupe Monopol, 30 sal.). Saint-Masmes (460 Saint-Masmais, 658 ha), juste en aval de Selles au confluent de la Suippe et du ruisseau d'Époye, et à 20 km ENE de Reims, fut un lieu de filature; église classée du 13e s., espaces verts Grandcolas (20 sal.); la commune a perdu au contraire 70 hab. entre 1999 et 2008.

Bétheniville (1 070 Béthenivillois, 1 774 ha), 4 km en amont de Pontfaverger, entièrement reconstruite après 1918, est également une bourgade de service et d’industrie; le plus gros employeur est la sacherie Mondi-Lembacel (110 sal.), accompagnée de plusieurs petites entreprises de matériel agricole et d’agro-alimentaire, dont des distilleries, silos et séchage de luzerne sur la voie ferrée. La population croît très légèrement depuis le creux de 1962 (710 hab.), tout en restant encore loin des 1 800 hab. des années 1860; elle s'est accrue de 200 hab. entre 1999 et 2008, le record du canton. Bétheniville est le siège de la communauté de communes des Rives de la Suippe (11 communes, 4 800 hab.).

Un peu au sud, sur la Suippe, se succèdent d’aval en amont Saint-Hilaire-le-Petit (290 hab., 2 276 ha), Saint-Martin-l’Heureux (80 Saint-Martinois, 1 366 ha), Dontrien (210 hab., 1 266 ha), qui est au confluent de la Suippe et de la Py et sert de terminus à la voie ferrée qui vient de Bazancourt (silos, séchage de luzerne). Un peu plus à l’est dans la vallée de la Py, se tient Saint-Souplet-sur-Py (150 hab., 2 120 ha).

Au sud du camp de Moronvilliers, Prosnes (540 Prosnois, 3 279 ha), flanquée de grosses fermes aux noms caractéristiques du 19e siècle (Constantine et Moscou), est proche de la voie de la Liberté, à 21 km ESE de Reims, et à la source de la Prosne, petit affluent de la Vesle, dont le nom a été repris dans celui d’une communauté de 3 communes des Rives de Prosne et Vesle (1 900 hab.); la commune a gagné 110 hab. entre 1999 et 2008, plus d'un quart.