Bethmale (vallée de)

vallée des Pyrénées ariégeoises en Couserans dans le canton de Castillon, de direction SE-NO et affluente du Lez. Elle a formé une petite communauté originale, connue pour ses costumes, ses sabots de tradition à longue pointe courbe, et aussi des traits de consanguinité et d'affections génétiques (goîtres). Ce n'est pourtant pas la vallée la plus isolée du Couserans. Elle est parcourue par une route qui mène dans le bassin du Salat par le col de la Core (1 395 m). Elle est divisée en trois communes.

Bethmale (100 Bethmalais, 3 161 ha dont 1 500 de bois), qui n'a pas de véritable centre, tient le fond de la vallée, mais en déborde sur les reliefs qui, au sud, mènent au mont Valier (2 838 m), où s'achève son territoire; quelques laquets en montagne. La commune avait 1 200 hab. en 1876. L'ombrée surtout est très dépeuplée; un petit lac profond et obscur s'y enfonce dans la forêt et a été entouré de légendes; la fromagerie de la Core a 18 sal.; au village de Samortein en aval, la fromagerie du Bamalou, installée en 1985 et intégrée ensuite au groupe toulousain 3A, traite 3 millions de litres de lait par an, mais est descendue à 13 salariés; son ancien atelier de Castillon-en-Couserans est devenu un écomusée; la commune a plus de 100 résidences secondaires (55% des logements).

Arrien-en-Bethmale (100 Arrienois, 1 459 ha dont 387 de bois), au NO, a été détaché de Bethmale en 1931 et avait alors 550 hab. La commune a une curieuse forme en étroit croissant, enveloppant Bethmale au nord et à l’ouest; elle atteint au NE la forêt et le Tuc du Castéra (1 526 m) et au sud un pic de Crabère, différent de celui de la crête frontière, à 2 095 m; 70% de résidences secondaires (140).

Les Bordes-sur-Lez (170 Bordelais, 5 046 ha dont 4 006 de bois) est dans la vallée du Lez à 3 km seulement au sud de Castillon, mais à l’entrée de la vallée de Bethmale à laquelle il apporte quelques ressources en commerces et services; un vieux pont sur le Lez ajoute à ses mérites. La commune a très tôt absorbé au nord le petit territoire d’Oujourt; au sud, elle s’étire sur 13 km jusqu’à la crête frontière, entre le pic de Barlonguère à l’ouest (2 802 m) et le pic de la Pale à l’est (2 721 m), dominé au nord par le mont Valier. Cette vallée, au fond étroit modelé par un glacier, est drainée par le Riberot, que la forêt encadre des deux côtés; nombreuses cascades et cabanes-abris, 62% de résidences secondaires (200).

Sous le mont Valier, se voient les deux beaux lacs des Estagnous, le Rond (à 1 929 m, 7 ha et profond de 32 m) et le Long (à 2 125 m, 8 ha et 34 m), et le refuge de montagne de même nom, à 2 212 m, construit en 1912, détruit par les Allemands pour avoir trop servi aux réfugiés et clandestins et reconstruit ensuite (70 places). La vallée du Riberot n'a pas connu les aménagements miniers et hydroélectriques de ses voisines du Biros. Elle est traversée par le GR 10 et englobée dans la réserve du Mont Valier, qui inclut aussi les hauteurs de Bethmale. Au confluent du Ribérot et du Lez, un peu en amont du village, nécropole préhistorique d'Ayer. La commune a eu plus de 1 000 hab. de 1830 à 1890.