Bitche

5 770 hab. (Bitchois) dont 280 à part, 4 113 ha dont 2 554 de bois, chef-lieu de canton du département de la Moselle dans l'arrondissement de Sarreguemines, sur le plateau de grès vosgien au passage de la N 62. La ville s'est surtout distinguée dans le passé comme ville de garnison. Elle reste dominée par la puissante citadelle de grès rose, érigée en 1680 par Vauban dès la réunion de Bitche à la France et qui a été reconstruite autour de 1750 après avoir été démantelée, Bitche ayant été rendue au duc de Lorraine en 1697 au traité de Ryswick, puis reprise en 1738.

La ville abrite deux musées, l'un consacré à la citadelle, l'autre au pays de Bitche. Fleurie (trois fleurs), elle soigne ses activités de service et l'accueil des visiteurs; hôpital privé (40 lits), deux collèges et deux lycées, publics et privés, supermarchés Match (60 sal.) et Uca (25); jardin de sculptures dans le parc municipal, un golf de 70 ha, un terrain d'aviation. Dans l'étroit étang d'Hasselfurth au sud-est de la ville, une base de loisirs offre un village de vacances de 330 lits; des pinèdes ont été plantées sur les tourbières du plateau. Le vaste camp militaire de Bitche (3 500 ha) conserve ses cantonnements sur le plateau 3 km à l'est de la ville.

Bitche a peu d'emplois industriels: plastiques Trolitan (25 sal.), parois de douches Ronal (Sanswiss, 50 sal.), piscines en plastique (Alliance Piscines Est, 20 sal.); informatique Transdata (30 sal.); nettoyage urbain Onyx (25 sal.); supermarchés Match (60 sal.), Leclerc (20 sal.), Intermarché (30 sal.). La population communale a passé les 3 000 hab. vers 1835 et a connu plusieurs phases de croissance, montant à 4 800 hab. en 1906, puis 9 300 en 1936; retombée à 4 000 en 1954, sa population s’est un peu étoffée ensuite avant de se stabiliser; mais le changement de définition des populations comptées à part a fait baisser sa population totale de 770 hab. entre 1999 et 2008 tandis que la population municipale restait étale. La ville est le siège de la communauté de communes de Bitche , qui groupe 37 communes, 25 500 hab.

Le canton a 14 000 hab. (14 200 en 1999), 16 communes, 30 119 ha dont 20 998 de bois; partie la plus orientale de la Lorraine, il est limitrophe du département du Bas-Rhin et bordé au nord par la frontière de l’Allemagne; il est entièrement dans le parc régional des Vosges du Nord. Trois ou quatre communes se partagent, à l’est, les hauts reliefs où règne la forêt domaniale de Hanau et dont des tourbières (Hanau, Waldeck) figurent au titre de réserves de la Biosphère mondiale (programme MAB). Sturzelbronn (200 Sturzelbronnois, 3 251 ha dont 2 961 de bois), «la fontaine jaillissante», 14 km à l’est de Bitche, est frontalière, et la commune la plus orientale de la Lorraine; il reste quelques pierres de l’abbaye cistercienne qui s’y était cachée en 1135; un haut belvédère est accessible à l’ouest, à la limite du camp de Bitche, vers 450 m dans la vaste forêt domaniale de Sturzelbronn; un étang agrémente la haute vallée du Schwartzbach, qui descend vers Reichshoffen en Alsace. La commune avait atteint 440 hab. en 1866, son record.

Philippsbourg (570 Philippsbourgeois, 2 371 ha dont 1 080 de bois), également à la limite orientale de la Lorraine, est à 15 km ESE de Bitche, mais au fond de la vallée de Falkenstein, qu’empruntent N 62 et voie ferrée; le village fut fondé en 1606 par Philippe IV de Hanau, d’où son nom, et ne devint français qu’en 1793. Il est dominé par les ruines du château de Falkenstein, assez visitées, et les ruines moins riches et moins accessibles des châteaux de Rothenburg et d’Heifenstein; étang de Hanau au NO du village (réserve de la biosphère), maison de la Forêt. La commune avait été réunie à Baerenthal de 1810 à 1874; sa population a peu varié.

Baerenthal (730 Barerenthalois, 3 919 ha dont 3 450 de bois) tient l’angle sud-est du canton; le village est à 15 km SE de Bitche et dans une troisième vallée, celle de la Zintse du Nord, qui devient la Zinsel en Alsace où elle rejoint la Moder; comme Philippsbourg, il fut réuni à la France en 1793 seulement. La commune a eu près de 1 400 hab. en 1880 et s’est dépeuplée jusqu’à 620 hab. en 1931; la population a peu varié depuis 1970. La SMS (Société métallurgique de Baerenthal) ou parfois «Orfèvrerie de Barenthal», née en Sarre en 1947 (d’où son sigle) et transférée après le référendum de 1957, y fabriquait des couverts de table en acier massif et métal argenté, notamment pour les hôteliers, mais a été tranférée en Chine en 2006; un étang est équipé en base de plein air et observatoire d’oiseaux; châteaux ruinés du Ramstein près du village et, à la limite de l’Alsace, du Grand Arnsbourg, juché à 473 m sur le sommet de l’Arnsberg. Au hameau d’Untermuhlthal près de la sortie SE de la commune et de la limite régionale, l’Arnsbourg est un restaurant trois étoiles (J.-G. Klein, 35 sal.), le seul en Lorraine. Bitche et Baerenthal forment ensemble une «station verte de vacances».

Éguelshardt (570 Éguelshardtois dont 130 à part, 1 680 ha dont 872 de bois) est plus proche de Bitche, à 7 km SE, dans la vallée du Falkenstein; N 62 et voie ferrée, ruines du château de Waldeck à l’est du village, au-dessous de tourbières instituées en réserves biologiques; internat catholique de l’Étoile du Matin, avec éditions DICI (Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X), solidaires d’une verson intégriste de la religion catholique. La commune a gagné 90 hab. de 1999 à 2008.

C’est une tout autre petite contrée que celle des verreries, au sud-ouest de Bitche. Plusieurs villages proches les uns des autres se serrent autour de la crête qui sépare le versant lorrain et le versant alsacien, le bassin de la Sarre de celui des affluents alsaciens du Rhin. Saint-Louis-lès-Bitche (550 Ludoviciens, 453 ha dont 417 de bois), 14 km au SO du chef-lieu, s’y nomma d’abord Munzthal, la vallée des moines; c’est d’un monastère que partit en 1586 l’organisation du travail des verriers, finalement transformée en 1767 par la création d’une manufacture royale, qui fut en France la première à réussir à faire du cristal en 1781. La cristallerie de Saint-Louis fonctionne toujours, et s’offre à la visite; elle appartient au groupe de luxe Hermès et emploie 260 personnes; l’usine a pu financer jadis la grosse église de grès qui est une autre fierté locale. La commune a été créée en 1845 à partir de Lemberg; sa population a culminé à 940 hab. en 1931 et diminue depuis; elle a encore perdu 90 hab. après 1999.

La verrerie avait essaimé dans les villages voisins. Meisenthal (770 Val-Mésangeois, 636 ha dont 387 de bois), au sud de Saint-Louis dans une autre petite vallée profonde, a fermé en 1969 sa verrerie de 1704; un Centre international d'art verrier (CIAV) a été créé sur le site de la verrerie en 1992 pour assurer des expositions et animations, et propose un musée du Verre et du Cristal; le village a une entreprise de plomberie (Schaeffer, 35 sal.) et accueillait le siège de la communauté de communes du pays du Verre et du Cristal (7 communes, 8 700 hab.) avant son intégration dans la communauté des Vallées du Cristal.

Sur le plateau, Goetzenbruck (1 730 Goetzenbruckois, 812 ha dont 358 de bois) et Lemberg (1 560 Lembergeois, 1 094 ha dont 650 de bois), respectivement à 11 et 8 km au SSO de Bitche, sont des villages plus étoffés. Goetzenbruck a été créé en 1720 à partir de l’ancienne verrerie de Meisenthal, et d’abord spécialisé dans les verres de montre; c’est aujourd’hui le site de la Manufacture Mont Royal (surfaçage de verres de lunettes, 50 sal.) et de la petite miroiterie Metz (MMG Verrissima, 35 sal.); scierie Wagenheim (45 sal.), maçonnerie Grebil (35 sal.). Goetzenbruck n’avait guère que 900 hab. de 1900 à 1950 puis s’est réuni à sa voisine Sarreinsberg en 1946, passant alors à 1 850 hab., puis un maximum de 1 980 hab. (sdc) en 1968. Au sud de la commune se dresse le menhir dit Breitenstein («la pierre large»), en grès des Vosges, de 4,4 m de haut. Goetzenbruck a perdu 40 hab. après 19, tandis que Lemberg en gagnait 70. Lemberg a un collège public, une gare, un atelier de panneaux de bois Keratia (25 sal.), un supermarché Uca (E. Leclerc, 30 sal.), gardiennage SGE (30 sal.); sa population a été très stable depuis plus d’un siècle.

Mouterhouse (300 Mouterhousiens; 4 260 ha dont 3 980 de bois), 6 km à l’est dans la vallée de la Zintse qui descend vers Baerenthal, eut jusqu’en 1944 une forge, d’origine ancienne et alimentée par une mine de fer locale jusqu’au milieu du 19e siècle. À Hanviller (260 Hanvillerois, 866 ha dont 569 de bois), 6 km au NNE de Bitche, ferme-château de Gendersberg, de 1710, proche d’un petit cimetière anabaptiste; la commune a gagné 40 hab. de 1999 à 2008.