Biterrois (le)

contrée autour de Béziers. Elle se définit certes d'abord par l'attraction de Béziers; mais aussi par une certaine tonalité, faite de la domination du vignoble de masse dans les campagnes, et d'une ambiance de moindre dynamisme par rapport à la partie montpelliéraine du département de l'Hérault, tant dans la démographie que dans l'économie; peut-être aussi de moindre dureté dans les relations sociétales. Elle est restée plus fidèle à la place éminente de la cave coopérative, pour le bon qui est dans la cohésion, et le moins bon qui réside dans un certain conservatisme rural resté fidèle au «système» analysé par Franck Auriac dans son étude sur le Vignoble languedocien (Système économique et espace, Paris, Economica, 1983). Mais ce Biterrois est lui-même complexe et appelle bien des nuances.

Il comprend une partie du littoral languedocien, entre les embouchures de l'Aude et de l'Hérault, celle précisément qui n'a pas participé aux grands aménagements des années 1960 par de grands complexes balnéaires; même si c'est tardivement et sans grands schémas directeurs, Valras, Sérignan et Portiragnes sont cependant devenues des cités de loisirs de mer. Immédiatement en arrière commence la plaine viticole, sur une bonne vingtaine de kilomètres de profondeur, traversée par le grand couloir de circulation où passent N 113-N 9, A 9, chemin de fer et canal du Midi, peuplée de gros villages à la taille de bourgs et saupoudrée de mas et de châteaux assortis de parcs. Plus loin vers l'intérieur, le relief s'anime un peu avec l'apparition de reliefs calcaires en buttes et lambeaux de plateaux, qui montent vers les Avant-Monts. Les villages sont plus petits, mais soutenus par des bourgs de contact comme Quarante, Saint-Chinian, Cessenon-sur-Orb, Magalas, Roujan.

Plus haut, le socle du massif ancien se dévoile dans le Haut-Biterrois, le paysage se fait plus accidenté, plus boisé, et porte des vignes adaptées à des sols plus siliceux. Tous ces terroirs se sont orientés vers les vignes de qualité, rivalisant d'appellations et de «châteaux». Au-delà, le Haut-Biterrois s'achève à la crête boisée et quasi déserte des Avants-Monts. Si laborieuse soit l'élaboration des nouveaux «pays» dans l'Hérault, il ne semble pas que les autorités s'orientent vers la reconnaissance d'un pays Biterrois: le Biterrois du bas devrait être associé à un ensemble de plaine «Vignes et Étangs», le Biterrois du haut appartient déjà à un ensemble complexe dit Haut-Languedoc et Vignobles - comme si vignobles était en somme plus «noble» que vignes, et comme si les questions d'aménagement des hauts cantons avaient beaucoup à voir avec celles des vignobles de cru… On essaie aussi de promouvoir un «système productif local» dit Camdib (Club Alliance Métaux pour le développement industriel du Biterrois), formé en club de 22 membres depuis 1996 et fondé sur les entreprises Cameron, Altrad et Pera, la prépondérance de la première se reflétant dans le sigle.