Bourgogne (région)


région de France, réunissant les quatre départements de la Côte-d'Or, de la Nièvre, de la Saône-et-Loire et de l'Yonne et dont le chef-lieu est Dijon. Elle couvre 31 852 km2 et compte 2 045 communes, 174 cantons, 15 arrondissements. Quinze «pays» ont été reconnus, quatre autres devraient s'ajouter à la liste. La population est assez stable: elle était de 1 633 900 en 2008, pour 1 610 000 hab. au recensement de 1999; après un temps de stagnation (1 609 000 en 1990), elle semble avoir repris un rythme de croissance modéré. La densité reste plutôt faible: 52 hab./km2, moins de la moitié de la moyenne nationale.

La Bourgogne a pour voisines les régions Île-de-France, Champagne-Ardenne, Franche-Comté, Rhône-Alpes, Auvergne et Centre. Son territoire chevauche les bassins versants de la Seine, de la Loire et du Rhône et culmine à 901 m dans le Morvan, au Haut Folin. Le Conseil régional élu en 2010 est composé de 37 élus de gauche (27 au groupe socialiste, radicaux de gauche, divers gauche, 4 communistes, 6 Verts), 14 de l’UMP et 6 du Front national; il est présidé par le socialiste François Patriat, vétérinaire, ancien député et ancien ministre de l’agriculture, élu de Pouilly-en-Auxois.

Les quatre départements réunis pour former la Bourgogne ont un point commun: leurs chefs-lieux sont excentrés vers les quatre coins de la région, et leur point de rencontre est dans une aire dépeuplée et de faible densité, qui correspond aux reliefs du Morvan. De sorte que, topographiquement élevée, la partie centrale de la région apparaît au contraire déprimée par la population et les activités, alors que les bordures sont plus affairées. Cette structure est à mettre en rapport avec la situation générale de la région: elle est traversée par la ligne de hauteurs qui sépare les bassins versants de l'Atlantique et de la Méditerranée, Seine et Loire d'un côté, Saône de l'autre, et qui va du Massif Central aux Vosges en passant par les monts du Mâconnais et du Charolais, le Morvan et les hauts plateaux de la Montagne bourguignonne. Or ce seuil est en travers du principal axe de circulation français, qui va de Paris à Lyon. L'axe d'ailleurs s'y décompose en plusieurs voies, qui se fraient des parcours distincts, ce qui empêche toute concentration urbaine sur la traversée: le canal de Bourgogne, les routes nationales 6 et 7, l'autoroute de Paris à Lyon, la voie ferrée traditionnelle de l'ex-PLM par Dijon, le TGV Paris-Lyon-Méditerranée, chacune a son itinéraire.

Cette situation, bien entendu, limite aussi les possibilités de métropolisation par un puissant chef-lieu régional: Dijon a du mal à rayonner sur un Nivernais mal accessible, sur une Basse-Bourgogne très attirée par Paris, sur un Mâconnais tout lyonnais. Certes, il existe un certain sentiment régional, des traits historiques et culturels communs, même un accent un peu rocailleux; mais ils sont inégalement partagés. Si tout le territoire actuel de la Bourgogne a bien été à l'intérieur des limites du duché du 11e siècle, celles-ci le débordaient largement; à l'inverse, à la «grande époque» du 15e siècle, le Sénonais n'en faisait pas partie; en 1789, tout le Nivernais lui avait échappé: la relation entre la région actuelle et la province historique est donc très imparfaite. La constitution de la région s'est faite un peu par défaut: il en fallait bien une entre Lyon et Paris, et Dijon était la ville la mieux placée pour la gérer.

En l'état actuel, la Bourgogne juxtapose donc des sous-ensembles géographiques bien différents. Son axe principal, renforcé par l'intégration européenne qui donne un rôle nouveau aux circulations entre l'Europe septentrionale et le sud de la France, notamment par les autoroutes A 26 et A 31 qui se rejoignent peu avant d'entrer en Bourgogne, est nord-sud; il ne coïncide qu'en partie avec le faisceau de Paris à Lyon; mais il réunit les villes les plus dynamiques, Dijon, Chalon-sur-Saône et Mâcon, et il longe la plus prestigieuse partie de la région, qui est le Vignoble. Il entraîne dans son développement une partie de la plaine de la Saône et la Bresse bourguignonne, et a facilité la problématique reconversion de l'ancien bassin houiller et sidérurgique du Creusot. Il n'a pas d'équivalent de l'autre côté, dont il est séparé par des reliefs accidentés: dans les bas plateaux et les plaines du Bassin Parisien, se dessinent deux alignements quasi parallèles, décalés, distants de 70 km et qu'il est difficile de qualifier d'axes, celui de l'Yonne d'Auxerre au-delà de Sens, celui de la Loire de Digoin à Nevers et Cosne. Les quatre préfectures dessinent ainsi un parallélogramme, mais dont un seul côté, à l'est, est réellement puissant.

Comme souvent, l'intensité du peuplement et des activités est inversement proportionnelle à la vigueur du relief. Topographiquement, la Bourgogne se partage en quatre unités: les plateaux de bordure du Bassin Parisien, le massif ancien du Morvan et sa dépression périphérique, les reliefs hachés du Charolais et du Mâconnais au sud, la plaine effondrée de la Saône à l'est. Mais cette division ne correspond pas aux principales différences de paysages: les bocages à bœufs charolais du sud débordent largement sur le Morvan et ses bordures (Auxois, Autunois, Bazois) et surtout sur les plaines et plateaux du Nivernais, en partie aussi vers la Bresse à côté des volailles, tandis que les plateaux du nord-ouest et même du nord-est sont tournés vers les grands labours et les paysages ouverts de type champenois; le Vignoble suit la série de talus qui domine la Saône, qu'il s'agisse de coteaux calcaires ou granitiques, et réapparaît çà et là de l'autre côté, autour de Chablis ou en bord de Loire. Tandis que les visiteurs se partagent entre les plaisirs de la verdure aussi bien en Morvan granitique que dans la Montagne bourguignonne calcaire, les îlots prestigieux du patrimoine historique et architectural, les pampres et, pour les proches Parisiens, les résidences secondaires qu'ils ont colonisées en Puisaye et dans le Sénonais.

La Bourgogne a un Parc régional dans le Morvan et a converti à la navigation de plaisance ses principaux canaux (de Bourgogne, du Nivernais, du Centre, latéral à la Loire, de la Marne à la Saône et même du Rhône au Rhin); toutefois, la Saône conserve une navigation commerciale active en dépit de l'abandon du projet de liaison fluviale moderne entre Rhône et Rhin. De la sorte, les activités bourguignonnes ont évidemment l'attrait et les limites de la diversité et font ranger la région dans une honnête petite moyenne provinciale.

La Bourgogne a un produit honorable évalué à 35 milliards d'euros par an, partagé entre 44% pour les services marchands et 22% pour les services non marchands, 22% aussi pour l'industrie; l'agriculture compte pour 7%, ce qui paraît faible mais classe tout de même la Bourgogne au second rang des régions métropolitaines. L'industrie emploie 127 000 personnes, l'agriculture 36 000, sur un total de 640 000. Les labours occupent plus de place (970 000 ha) que les prés (680 000), le vignoble se contente de 30 000 ha, mais de grande réputation; les exploitations agricoles ont pris de l'ampleur: en moyenne 100 ha (16 dans le vignoble, 160 pour les céréalières). Les principales villes de l'Yonne et de la Nièvre ont participé au mouvement industriel des périphéries parisiennes; l'axe Dijon-Chalon-Mâcon a bénéficié d'implantations industrielles actives, quoiqu'un peu turbulentes, et mise désormais à fond sur la «logistique» en tirant parti des nouvelles circulations transeuropéennes.