Caen

112 800 hab. (Caennais) dont 2 900 à part, 2 570 ha, préfecture du Calvados. Le nom évoquerait un champ de bataille ancien (catu magos, qui a donné Cadon ou Cathon avant Caen). La ville s'est développée sur la rive gauche de l'Orne, au confluent de l'Odon et à 15 km de la mer, à laquelle elle a été reliée par un canal qui s'achève en centre-ville par un port de plaisance. Restent en plein centre l'enceinte de l'ancien château, qui remonte à Guillaume le Conquérant, auquel répondent l'Abbaye-aux-Hommes à l'ouest et l'Abbaye-aux-Dames à l'est, superbes édifices des 11e-13e et surtout 18e siècles.

Ces trois monuments majeurs abritent de nombreux services publics, dont l'hôtel de ville à l'Abbaye-aux-Hommes et les musées de Normandie et des Beaux-Arts au château; face à l'entrée de celui-ci, l'église Saint-Pierre est un joyau gothique-renaissance, refait après 1944. Aux musées du château s'ajoutent celui des Postes et techniques de communication et le Mémorial pour la Paix, qui honore notamment les prix Nobel et emploie 120 personnes. En dépit des destructions de 1944, le centre-ville conserve de belles maisons, dont les plus anciennes sont du 16e s. Au bord de l'Orne s'étend la vaste Prairie de l'hippodrome (80 ha) et d'autres parcs et jardins publics contribuent à donner à la ville un aspect aéré et agréable. L'université est relativement proche du centre-ville, mais derrière le château, au nord.

Caen a longtemps été une ville moyenne au rayonnement limité, bien qu’elle possédât la seule université de Normandie. La ville avait connu quelques changements au début du 20e siècle avec l’installation d’une aciérie en banlieue nord-est et l’apparition encore timide du tourisme littoral. Toutefois, les principales transformations se sont produites à partir des années 1960, quand la ville a reçu sa part de l’industrialisation de l’Ouest, de l’expansion universitaire, des développements de la recherche et de la grande distribution, puis des tendances à la métropolisation qui profitent à la plupart des capitales régionales. L’agglomération a accueilli des usines de grands groupes de biens d’équipement (Renault à Blainville, Citroën à Cormelles, Philips à Caen, Bosch à Mondeville) et, plus récemment, de pharmacie à Hérouville-Saint-Clair. Elle fut le foyer du groupe à succursales Promodès, créateur des enseignes Champion et Continent et maintenant intégré à Carrefour.

Comme la commune n’est pas des plus étendues, la plupart des usines sont dans les banlieues, comme le groupe papetier Hamelin à Hérouville. À Caen, l'ancienne fabrique de semiconducteurs Philips, après être montée à 1 800 emplois, est allée de crise en crise, changeant plusieurs fois de mains, passant ainsi par NPX , semiconducteurs), jusqu'à se réduire à l'actuelle fabrique de composants électroniques Ipdia (85 sal.), NPX conservant toutefois 600 emplois mais à Colombelles. La biscuiterie Jeannette, reprise après redressement judiciaire en 2009, a été réduite à 40 sal. Les éclairages de véhicules ABL Lights (65 sal., états-unien) et l'atelier conjoint de traitements de surfaces Auteroche ont été repris en 2006 par le fonds Centrale Partners. La fabrique de cartes à puce Oberthur (200 sal.) a fermé en 2007. Un laboratoire Kodak, qui employa 200 personnes, a été fermé en 2005.

Les autres établissements notables relèvent des services présents dans toute ville du même niveau. Dans les grands magasins apparaissent Carrefour (280 sal.), Leclerc (260 sal.), Intermarché (85 sal.) et Super-U (60 sal.); Monoprix (110 sal.), les Galeries Lafayette (100 sal.), la Fnac (90 sal.), le Printemps (50 sal.), Decathlon (55 sal.), une centrale d’achats de Système U pour l’Ouest (180 sal.). Dans les organismes financiers, la Caisse d’Épargne (740 sal.), le Crédit Mutuel (500 sal.), Natixis-Banque Populaire (340 sal.), Interépargne (350 sal.), le Crédit Lyonnais (300 sal.), la BNP (165 sal.), la Société générale (90 sal.), la Banque de France (95 sal.), Fidorg (80 sal.), la Fiduciaire Compable (65 sal.) Soficom (65 sal.); dans l’informatique et l’ingénierie, Asterion (100 sal.), Netcentrex (55 sal.), Silicomp (50 sal.); dans la communication et les loisirs, France-Télévisions (70 sal.).

Le travail temporaire est représenté parAllia (60 sal.); le nettoyage par Veolia (150 sal.), Valnormandie (70 sal.), le service au bâtiment par la Générale des Eaux (130 sal.), les HLM de la Plaine Normande (135 sal.) les installations thermiques CAPS (130 sal.), GDF-Suez (250 sal.), les constructions Rougier (70 sal.), la peinture Hue (60 sal.), les travaux publics Eiffage (110 sal.). Caen a aussi sa compagnie de transports urbains (Keolis, 670 sal.), des grands garages, les transports de voyageurs Keolis (120 sal.), de fret Robinson (65 sal.), Sofrino (150 sal.) et l'entreposage Sogena du même groupe (150 sal.), la manutention portuaire Patin (75 sal.), les parcs de stationnement de la Sceta (430 sal.); centre d'appel Armatis (610 sal.), formation d'adultes Orain Bonasso (50 sal.), aide à domicile 02 (60 sal.).

Le secteur de la santé est particuièrement actif (11 500 salariés) grâce au centre hospitalier régional et universitaire, accompagné d’un centre de lutte contre le cancer, d’un centre hospitalier spécialisé (Bon Sauveur) et d’un centre psychiatrique privé (Saint-Martin, 490 sal.), du centre hospitalier privé Baclesse (200 lits, 400 sal.) et de plusieurs cliniques dont une polyclinique de 380 salariés (le Parc) et un centre de réadaptation Korian (50 sal.). La ville a une vingtaine de lycées et un IUT, qui a des antennes dans cinq villes de la région. Le stade Malherbe de Caen emploie 75 salariés.

L'Université de Caen-Basse-Normandie, polyvalente, a 24 000 étudiants (21 600 à Caen, le reste à Cherbourg, Alençon, Saint-Lô, Vire, Lisieux) et 1 400 enseignants, 800 employés. Elle s'accompagne de puissants organismes d erecherche dont le fleuron est le Grand accélérateur national d’ions lourds (Ganil) depuis 1983 (250 sal.), que devrait doubler le futur accélérateur Spiral 2, et qui comprennent aussi le Cyceron (imagerie médicale en neurosciences) et l'École Nationale Supérieure d'Ingénieurs de Caen (Ensicaen). Caen a également un centre de recherche-développement de France-Télécom (300 emplois); école des beaux-arts, le conservatoire de musique et le conservatoire des arts-et-métiers, et bien entendu un IUFM (formation des maîtres).

Caen a organisé sa technopole (Synergia) avec ses institutions d’assistance aux entreprises. L’aéroport (à Carpiquet) reçoit environ 100 000 passagers par an (77 000 en 2010), grâce surtout à une ligne Brit’Air vers Lyon. Une ligne de tramway nord-sud sur pneus, avec 4 terminus, a été établie en 2002 sur 16 km. L’activité culturelle et les équipements, dont un Zénith, l’Artothèque et le réputé Centre dramatique de l’Ouest, sont à la mesure de ce rassemblement d’étudiants, ingénieurs, techniciens et cadres qui font de Caen une ville jeune et exigeante.

De la sorte, Caen tend maintenant à rayonner sur l’ensemble de la Basse-Normandie, où son autorité était naguère très contestée par les villes moyennes. Néanmoins, trois zones urbaines sensibles ont été délimitées, correspondant à de grands ensembles d’immeubles collectifs: la Grâce-de-Dieu au sud de la ville près de la première rocade et de la rive droite de l’Orne; la Guérinière à l’est de la précédente le long de la route d’Alençon; Pierre Heuzé au NE en direction d’Hérouville. Les deux premières ont reçu un statut de zone franche urbaine en 2003.

La population communale était de 45 000 habitants environ entre 1870 et 1910, 61 000 en 1936, 68 000 en 1954, la commune de Venoix, à l’ouest, ayant été absorbée en 1952 avec ses 1 300 habitants; elle a crû fortement jusqu’en 1975 (120 000 hab. sdc) puis s’est un peu tassée; elle aurait diminué de 4 400 hab. entre 1999 et 2008. Tradiitonnellement dirigée par la droite, la municipalité de Caen est passée à gauche en 2008, sous la direction du maire Philippe Duron, socialiste, professeur, également député et précédemment président du conseil régional de Basse-Normandie.

La communauté d’agglomération Caen-la Mer, que Ph. Duron préside également, succède à un district de 18 communes en s’étendant à 29 communes et 217 400 habitants, atteignant ainsi la mer à Lion et Hermanville, sans toutefois avoir pu intégrer Ouistreham, jalouse des recettes fiscales de son port. Mais on peut considérer que le canton d’Ouistreham est étroitement lié à l’agglomération, ainsi que des communes comme Bretteville-l’Orgueilleuse au NO, dont les activités sont d’ailleurs volontiers citées parmi les atouts caennais. Des efforts d’urbanisme et d’aménagement portent logiquement sur le couloir entre Caen et la mer.

L’Insee accorde 195 300 hab. à l’unité urbaine et 385 500 à l’aire urbaine. L’arrondissement a 408 700 hab. (390 000 en 1999), 24 cantons, 287 communes, 198 989 ha. Les 9 cantons de Caen ont 160 600 hab. (162 700 en 1999), 13 communes, 8 733 ha; l’ancien canton Caen-5 est devenu le canton d'Hérouville-Saint-Clair, tandis que le 6e canton comprend une partie d'Hérouville, ce qui le fait parfois nommer canton de Caen-Hérouville.