Calvados

département de Basse-Normandie, entre l'estuaire de la Seine et le Cotentin; 648 000 hab., 554 800 ha; Il a pour préfecture Caen, et pour sous-préfectures Bayeux, Lisieux et Vire. Son nom, qui évoque un bombement nu plutôt qu'un prétendu «dos de cheval», a été emprunté à des hauts fonds marins devant Arromanches, permettant ainsi d'éviter un désobligeant «Orne-Inférieure» qui avait d'abord été adopté par les Révolutionnaires. Le gentilé est Calvadosien. Le département occupe 5 548 km2 et a pour voisins les départements de la Manche, de l'Orne, de l'Eure et même de la Seine-Maritime par l'estuaire. Il est divisé en 49 cantons et 705 communes, qui sont regroupées en 37 communautés de communes et une communauté d'agglomération; il devrait comporter trois pays officiels.

Le Conseil général est présidé par Jean-Léonce Dupont, élu du canton de Bayeux, également sénateur (Union centriste); il compte 29 élus de droite, 20 de gauche. Le département a quatre députés de droite et deux socialistes, et trois sénateurs de droite (deux UMP et un Nouveau Centre). La population était de 648 400 hab. au recensement de 1999, en nette augmentation depuis la guerre. Elle avait atteint un premier maximum à 505 200 hab. en 1806, puis avait diminué jusqu'à 384 700 en 1921, 400 000 en 1946; elle atteignait 561 000 hab. en 1975, 618 500 en 1990. les estimations pour 2008 sont de 678 200, traduisant une croissance continue mais un peu ralentie; la densité est de 120 hab./km2, supérieure à la moyenne nationale.

Le Calvados représente à lui seul près de la moitié du produit brut régional, soit environ 14 milliards d'euros par an sur 30, et les meilleurs résultats par habitant et par emploi, ce qu'il doit largement à la fonction métropolitaine de Caen et de son agglomération. La surface cultivée est d'environ 450 000 ha, à peu près également partagés entre herbe et labours, et les bois seulement de 50 000 ha; son produit agricole est de l'ordre de 800 millions d'euros, une moitié venant des produits animaux, dont une moitié de ceux-ci en produits laitiers; et les indicateurs associés de l'agriculture sont proches de la moyenne nationale. Le Calvados fournit 600 000 t de blé par an et 400 000 t de betteraves, 5% des fromages et 10% des desserts lactés produits en France. Mais l'agriculture professionnelle concerne moins de 5 000 exploitations, pour une population familiale de 26 000 personnes, soit 4% des habitants. Le secteur tertiaire assure 70% des emplois, nettement plus que la moyenne régionale.

Le département du Calvados est très fortement polarisé par l'agglomération de Caen, qui représente environ 270 000 habitants et continue de progresser. Il est structuré par un axe principal est-ouest, parallèle au littoral de la Manche, qui est la radiale de Paris à Cherbourg, matérialisée par la voie ferrée, la N 13 et l'A 13, ces deux dernières étant écartées à l'est de Caen puisque l'une passe par Évreux et Lisieux, et l'autre par Rouen et Pont-l'Évêque. Deux ou trois radiales caennaises se branchent sur ce couloir: l'une vers Alençon et Le Mans; une autre au SO vers Rennes, qui se confond désormais avec l'autoroute dite des estuaires (A 84); la troisième, mineure, mène à Laval par Flers. Bayeux, Condé-sur-Noireau, Falaise. Caen a pour relais une couronne de petites villes sur le couloir principal (Bayeux à l'ouest, Pont-l'Évêque et Lisieux à l'est), sur la route d'Alençon (Falaise) et à la rigueur sur celle de Laval (Condé-sur-Noireau) mais n'en a pas sur l'axe breton, qui laisse Vire de côté; en revanche, Vire a sa propre étoile de routes au sud-ouest du département et sert correctement son arrondissement.

Ces réseaux structurent des espaces assez diversifiés dans leurs paysages et leurs activités, où l'on peut distinguer cinq sous-ensembles principaux. Le littoral en est un, marqué à la fois par les loisirs, par l'histoire du Débarquement et, à un moindre degré, par la pêche et l'ostréiculture d'un côté, quelques écosystèmes de marais de l'autre. Ses propres différences sont nettes, et surtout liées à la distance à Paris: fortes fréquentations sur la Côte de Grâce et la Côte Fleurie à l'est, plus retenues et plus cérémonielles à l'ouest; entre les deux, le littoral est comme une banlieue de Caen, où grandit la part des résidences principales. Trois contrées différentes et très typées divisent d'est en ouest la plus grande partie du département en arrière du littoral.

Leurs contrastes sont en partie liés au dispositif de bordure du Bassin Parisien, en partie à la distance à Paris, dont les effets renforcent la division méridienne est-ouest. À l'est se tiennent les bocages à pommiers du pays d'Auge, grands fournisseurs de la capitale en fromages de renom, cidre et «calva», l'eau-de-vie au nom du département; ils sont connus pour leurs châteaux et leurs maisons à colombage, dispersés dans une ambiance de collines herbagères modelées dans les terrains marneux du crétacé et couvertes d'argiles à silex. Au centre, la Campagne de Caen introduit, à la faveur d'un affleurement de calcaires jurassiques portant limons, des paysages nus et labourés à gros villages espacés, qui font rupture en Normandie et sont comme un écho des grands terroirs agricoles périparisiens, mais de plus en plus ouvert à l'habitat et aux activités du périurbain caennais. Vers l'ouest, le Bessin retrouve un paysage bocager et herbager à la faveur des marnes du lias et des premières collines du massif ancien, mais moins typé que le pays d'Auge, moins marqué par le marché et les investisseurs parisiens.

Reste au sud-ouest du département un autre sous-ensemble original, qui relève du Bocage normand et de ses abords: en pays de collines sur les terrains anciens du Massif Armoricain, parfois orientées par les traces des vieux plissements, les pays de Vire et de la Suisse Normande, dépeuplés mais qui restent très industrieux, abritent de nombreux ateliers, moins sensibles à une tradition ouvrière qu'à l'intérêt de salaires modérés acceptés localement par les jeunes gens et surtout les jeunes filles.

Le nom du Calvados a désigné rapidement l'eau-de-vie tirée du cidre; il existe une appellation d'origine contrôlée calvados depuis 1984, étendue à toute la Normandie; plus une AOC calvados-pays d'auge (1984) et plus récemment une AOC calvados-domfront, couplée à une appellation de poiré-domfront, depuis 1998.