Canala

commune de Nouvelle-Calédonie dans la province du Nord au milieu de la côte orientale et à l’extrême sud-est de la province du Nord. Elle mesure 43 870 ha dont 13 693 de terres coutumières de l’aire Xaracuu, partagées entre treize tribus (un seul district) et qui forment 88% de la population. Celle-ci était de 2 800 hab. en 1956, 3 970 hab. en 1989 (en comptant Kouaoua) puis de 3 400 en 1996 après l’émancipation de Kouaoua, 3 500 en 2004 (4 700 avec la population comptée à part); elle comprend 96% de Mélanésiens. Les deux tribus les plus étoffées sont celles de Gélima et de Méhoué, respectivement aux abords sud et nord de Canala.

La côte est extrêmement découpée par les profondes baies de Canala à l’ouest et de Nakéty au sud-est, séparées par la presqu’île Bogota, qui monte à 613 m et que termine le promontoire du cap Dumoulin. La baie de Canala s’enfonce de 12 km entre la presqu’île Bogota et la presqu’île Mara, qui est partagée avec Kouaoua, offrant un site intéressant. La vallée de la Canala compte plusieurs villages dont Négropu, Mérénémé et Boakaine, et la source thermale sulfurée sodique de la Crouen, qui sort à 40-43°C et dont l’établissement thermal a fonctionné de 1946 à 1984.

Le mont Canala, au sud du bourg, monte à 1 098 m et domine de peu le haut plateau de Dogny aux vastes pelouses; les cascades de Ciu, sur le versant nord au-dessus du bourg, sont réputées. Quelques pétroglyphes ont été découverts sur les reliefs côtiers. Le point culminant de la commune est un peu à l’est, au Nakada (1 134 m), aux sources de la Nakéty qui débouche en mer un peu en aval du village Nakéty, lieu de naissance d’Éloi Machoro, d’environ 500 hab.

Le bourg de Canala est à 165 km de Nouméa; il a débuté comme poste militaire, et se nomma même Napoléonville en 1859; mais très vite du nickel a été trouvé et exploité non loin, au-dessus de Boakaine un peu à l’ouest de Canala. Du cobalt a également été extrait. L’activité minière est maintenant concentrée à Kouaoua, qui s’est séparée de Canala pour former une nouvelle commune en 1995, et sur les collines littorales juste à l’est de Nakéty, village qui semble également envisager une scission. Sur le site de Nakéty, la NMC (SMSP) possède les mines Édouard, Eureka et Circé qui fournissent 400 000 t/an avec 35 salariés, et partage un appontement d’expédition avec le groupe Ballande (sociétés Gemini et des mines de Nakéty ou SMN) qui exploite les gisements de Bogota, Barbouillé et Gio. Canala est reliée à La Foa et Nouméa par la transversale de Sarraméa et du col d’Amieu. Nakéty a l’une des principales tribus de la commune (500 membres).

La commune a une supérette et un guichet de banque, cinq écoles primaires (600 élèves), une maison familiale rurale et un collège public (260 élèves); plus de 44% de ses habitants ont moins de 20 ans. L’école populaire kanak (EPK) a acquis une célébrité dans l’enseignement de la langue mélanésienne (ici le xaracuu), également enseignée au collège public. Sur 550 «établissements», plus de 200 sont dans les services publics, 110 sont dans l’agriculture et 40 dans la pêche, 80 dans les transports. Canala est la commune la moins agricole du pays, avec seulement 82 ha «exploités».