Castillon-la-Bataille

3 400 hab. (Castillonnais), 568 ha dont 220 de vignes, chef-lieu de canton de la Gironde dans l’arrondissement de Libourne, sur la Dordogne à 18 km SE de Libourne au confluent de la Lidoire. La commune se nommait simplement Castillon, puis Castillon-et-Capitourlan après une fusion du début du 19e siècle, et a pu ajouter la référence à LA bataille en 1953 pour le 500e anniversaire. Sa population, remarquablement stable depuis le 19e siècle, s'est accrue de 260 hab. entre 1999 et 2008. C’est une petite bourgade commerçante, qui a conservé quelques éléments d'enceintes dont la porte du Midi (13e s.).

Elle est dotée d’un collège public, avec une base nautique et une école d’aviron qui en font aussi une «station verte de vacances»; remorques Castéra (40 sal.). On y célèbre chaque année la bataille de juillet 1453, qui mit fin à la présence anglaise en Aquitaine et, de ce fait, à la guerre de Cent ans. La commune n'a qu'une courte façade sur la Dordogne; le cours de la Lidoire l'en écarte à l'est, limitant le finage au pied du coteau, au coteau et à une petite fraction de plateau au nord-est; tout à l'est, le hameau de Capitourlan et le château Ganeau sont au bord de la Lidoire. La ville est le chef-lieu de la communauté de communes Castillon-Pujols, qui réunit 20 communes et 14 500 hab.

Le canton, limitrophe du département de la Dordogne, a 10 700 hab. (14 communes, 10 100 ha) comme en 1999, et s’étend sur la rive droite de la Dordogne, moitié dans la plaine alluviale et moitié dans les collines. L’appellation vinicole côtes-de-castillon (1955 rectifiée en 1989) porte sur 9 communes et 3 000 ha (180 000 hl), en vins rouges de même définition que le bordeaux supérieur.Sainte-Terre (1 800 Sainte-Terrois, 1 393 ha dont 371 de vignes), en bordure de Dordogne à 6 km OSO de Castillon, qui semble devoir son nom à de la terre d’Orient rapportée des croisades, et fut pour cela un site de pèlerinages; son église, en partie du 12e s., est inscrite. La commune est assortie d'un village de pêcheurs (lamproie, alose, etc.), avec une Confrérie de la lamproie (depuis 1996); elle s’est orientée vers les loisirs et a gagné 150 hab. de 1999 à 2008. Son territoire est entièrement sur la plaine alluviale et la basse terrasse; à l'ouest, Lavagnac est proche de la rivière et a projeté sur la rive Port Crespin; Merlande est un autre hameau de rive plus en aval, à la limite du finage. Des files de maisons bordent la rivière et le talus de la terrasse.

Saint-Pey-d’Armens (270 Peyrelais, 420 ha) dont les vignerons déclarent 435 ha de vignes et Vignonet (550 Vinitais, 415 ha pour 484 de vignes), 6 et 9 km à l’ouest de Castillon sur la route de Bordeaux, ont aussi un vignoble de plaine. Le finage de la première se limite à la terrasse, sans accès à la Dordogne; il porte au nord le château Fourney. Le village de Vignonet, au contraire, s'est établi sur la rive tout en aval, à la limite du canton de Libourne, appuyé un peu à l'est par les gros hameaux de Micouleau, qui jouxte Merlande, et du château de Quercy (18e s., 6 ha), près duquel est la mairie. Vignonet est le siège de la communauté de communes de la Juridiction de Saint-Émilion (8 communes, 5 700 hab.) et a une entreprise de services à la viticulture (PVBL, 140 sal.).

Plusieurs communes ont leurs vignes aussi bien sur la terrasse de la Dordogne que sur le vigoureux coteau qui la domine et le plateau qu'il borde. Il en est ainsi de Saint-Magne-de-Castillon (1 800 Saint-Magnais, 1 387 ha pour 883 de vignes) juste à l’est du chef-lieu et qui était simplement Saint-Magne avant 1919. Son territoire a un large accès à la rive de la Dordogne juste en aval de Castillon, avec une île boisée et le miniport de Civrac. Les hameaux de la Besse et de Cafol sont au bord de la basse terrasse. Au sud-est, la commune contient une partie des activités de l'agglomération de Castillon, tant près de la route de Libourne à l'ouest que dans la vallée du Rieuvert où est le quartier de Laussac au nord du chef-lieu: des stades, un centre Leclerc (170 sal.) plus un magasin de bricolage du groupe (20 sal.) et deux ateliers liés à la vigne, les cuves Lejeune (305 sal.) et les bouchons Gabriel (20 sal.), un négoce de produits chimiques agricoles (Vitivista, 75 sal.)transports Avril (65 sal.). Une colline boisée domine au nord le village.

Sainte-Colombe (420 hab., 406 ha dont 198 de vignes), au pied du coteau juste au nord de Saint-Magne, a une église classée du 12e s., et un finage en trois parties: une fraction de plaine à l'ouest, la vallée du Rieuvert à l'est, la longue échine de plateau nord-sud qui s'avance jusqu'à Saint-Magne au centre; elle a gagné 70 hab. après 1999. Saint-Étienne-de-Lisse (300 hab., 709 ha pour 550 de vignes) est plus à l'ouest au pied du coteau, sur lequel se perche le château de Pressac (42 ha dont 36 de vignes). Son finage s'étire du SSO au NNE à cheval sur plaine et plateau, atteignant au nord la limite cantonale dans la vallée de la Barbanne; château Haut-Villet (8 ha).

Puis, proches de Saint-Émilion, viennent Saint-Hippolyte (170 hab., 445 ha pour 383 de vignes), d'habitat fort dispersé entre plaine et plateau mais dont le minuscule centre est sur le plateau, et Saint-Laurent-des-Combes (340 hab., 386 ha, dont 291 de vignes), un peu plus à l’ouest, dont le noyau le plus dense est au contraire au pied du coteau; château Pipeau (35 ha), Béard-la Chapelle (18 ha), Bellefont-Belcier (20 ha). Curieusement, ces trois communes auraient perdu de nombreux habitants de 1999 à 2008, et plus exactement entre 2007 et 2008, selon les populations officielles de l'Insee.

Les autres communes, toutes viticoles, sont Belvès-de-Castillon (330 hab., 661 ha dont 362 de vignes) juste au nord du chef-lieu; hors de son petit village, l'habitat se disperse dans les collines où se remarquent le château perché de Castagens au sud-est (14e-15e s. et 16e au 19e), à quatre tours, le hameau de Rouye à l'est; le nom était simplement Belvès avant 1913. Au nord, Gardegan-et-Tourtirac (320 hab., 958 ha dont 276 de bois et 264 de vignes) a deux églises du 12e s. et un habitat encore plus dispersé, mais où se reconnaissent vers l'est Gardegan juché sur une forte butte, Toutirac à l'ouest sur une butte plus discrète. Les Salles-de-Castillon (370 hab., 1 081 ha dont 277 de bois et 323 de vignes) est la commune qui tient l'angle nord-est du canton, avec un habitat très dispersé sur une topographie beaucoup moins accidentée, sauf un peu vers l'ouest. Le Théolat au sud-est est l'un de ses principaux hameaux; celui de Lamour vers le centre accueille la mairie; plusieurs châteaux, mégalithes à Clottes. La limite orientale de la commune suit le cours du Léchou, affluent de droite de la Lidoire. Le nom du chef-lieu a été rajouté aux Salles dès 1906.

Saint-Philippe-d’Aiguille (430 hab., 587 ha dont 268 de vignes) est la commune la plus septentrionale et a un assez gros village-centre en bord de plateau, dont l'église est classée; Joanon est un gros hameau au nord-ouest, le château d'Aiguille est perché à l'ouest. Enfin au nord-ouest, Saint-Genès-de-Castillon (400 hab., 680 ha dont 286 de vignes), Saint-Genès tout court jusqu’en 1956, rassemble plusieurs hameaux proches en son centre, dont la Gramondie, Loterie, le Grand Mayne, Bigorre; elle a aussi ses châteaux dispersés, dont le manoir de Gravoux (14e-15e s.); chpateau d'Arce (5 ha). La limite de son finage suit au nord le cours de la Barbanne. La population de la plupart de ces communes a longtemps baissé; quelques-unes ont récemment renversé la tendance.

La bataille de Castillon

Ayant peu à peu reconquis son autorité et bien des territoires, Charles VII put faire avancer vers le Bordelais ses troupes dirigées par le comte de Clermont. Le 17 juillet 1453, le commandant anglais Talbot, qui s'est porté à leur rencontre depuis Bordeaux avec l'appui de seigneurs gascons, attaque un peu prématurément, se fait tuer et les Anglo-Gascons perdent sous Castillon la bataille décisive. Il y aura encore des combats locaux, mais c'est en fait la dernière «grande» bataille de la guerre de Cent Ans, et elle marque la fin de l'occupation anglaise en Aquitaine. Certains préfèrent dire aujourd'hui qu'elle marque la «victoire de l'envahisseur» parisien sur une Gascogne qui échappait jusqu'alors à la royauté française… La bataille est célébrée chaque année depuis 25 ans par un spectacle «son et lumière» où se déploient près de mille figurants sur 7 ha, et qui offre 2 500 places (10 représentations de 2 h chaque année, en juillet et août).