Cateau-Cambrésis (Le)

7 200 hab. (Catésiens) dont 150 à part, 2 724 ha, chef-lieu de canton du département du Nord dans l'arrondissement de Cambrai, 25 km ESE de Cambrai. La ville est dans la vallée de la Selle, au passage de la N 43 (D 643), qui a repris le tracé d'une voie romaine. Elle a réuni Péronne et Vendelgies au 9e s. et son nom lui est venu plus tard du château des archevêques de Cambrai. De ce château est issu le palais Fénelon (18e s.), assorti d'un jardin public dit parc Fénelon. La population de la commune était de 4 000 hab. au début du 19e s., 10 000 dès 1868, et a culminé à 10 700 en 1906 ; puis elle a diminué, en dépit d’une reprise momentanée dans les années 1960. Elle a encore perdu 500 hab. entre 1999 et 2010.

La ville a un hôtel de ville du 16e s. et un beffroi de 1705, une église baroque maniériste du 17e s. issue d'une abbaye bénédictine, et ses remparts ont été en partie reconstruits; brasserie de l'Abbaye classée et rénovée, souterrains, cimetière militaire. La ville a été le lieu du fameux traité de 1559 qui mettait fin aux ambitions de la France en Italie mais lui laissait les «trois évêchés» lorrains; la ville, que les Français venaient de piller, restait alors à l'Empire et ne fut annexée qu'en 1642 sous Louis XIII, qui supprima ses défenses. Elle fut au 19e s. un fief de la famille des industriels Seydoux, protestants d'origine suisse, et Matisse y est né. Le château Seydoux de 1856, dit du Mérinos, avec parc, au nord du centre-ville, abrite un institut médico-éducatif; le musée départemental Matisse a été ouvert au palais Fénelon en 2002.

La ville a une gare sur la voie de Paris à Maubeuge, un collège et un lycée publics, une maison familiale rurale, un centre hospitalier (60 lits médicaux, 175 en tout), la clinique des Hêtres (75 sal., 45 lits), un institut médico-éducatif (130 places) et un centre d'aide par le travail, une maison de retraite (80 places). Le finage du Cateau s'étend assez largement de part et d'autre de la vallée de la Selle, surtout à l'est où il atteint la limite départementale près de la ferme de l'Avantage et du hameau de l'Arbre de Guise.

Le passé textile est liquidé et la ville a eu du mal à rénover et animer la «friche Seydoux» laissée par la fermeture de la principale usine en 1981. Elle a cependant un éventail d'activités assez large. Les deux principales usines sont celles des équipements de cuisson pour la boulangerie et les métiers de bouche Sasa (Société d'application des silicones alimentaires, 270 sal.) créée en 1978, qui a acquis Bodson en 1999 mais a été investie en 2007 par Weinberg Capital Partners, et celle des tapis et garnissages pour automobiles Trémois (190 sal.) du groupe Trèves. S’y ajoutent les métalleries Eiffel '35 sal.) et Sometom (25 sal.), un Intermarché (50 sal.), le distributeur Maximo (65 sal.) et le négoce de quincaillerie Norail (90 sal.), et un actif marché de bovins.

Le canton a 17 300 hab., 18 communes, 16 347 ha dont 908 de bois. Il est limitrophe du département de l'Aisne et partagé entre Cambrésis à l'ouest, Avesnois à l'est, celui-ci plus bocager, traversé par le canal de la Sambre à l'Oise et inséré dans le parc régional de l'Avesnois. Neuvilly (1 050 Neuvillois, 1 257 ha) et Montay (350 Montagnards, 551 ha) sont au nord du chef-lieu, à 6 et 1 km, dans la vallée de la Selle. Montay est contiguë au Cateau mais traversée par la route rectiligne vers Bavay (chaussée Brunehaut, D 932), et accueille les constructions Christophe (35 sal.) et Lecouf (30 sal.); elle a deux cimetières britanniques, un ancien moulin hydraulique à huile du 18e s. (le Tordoir); la ferme de la Feuillée est du 18e siècle. Neuvilly a restauré les «Treize voûtes» de soutènement, en fait dix-sept, construites en 1860 sur la place principale pour éviter des éboulements, ainsi qu'un moulin sur la même place; la grosse cense (ferme) de Ramboulieux est au sud de la commune sur le plateau; Neuvilly aussi a un cimetière britannique. La population de Neuvilly a diminué du maximum de 2 700 hab. en 1881, jusqu'en 1999; elle a repris 50 hab. en 2010

Inchy (740 Inchésiens, 390 ha) est à 7 km ONO du chef-lieu sur la route de Cambrai, près de Caudry et accueille les travaux publics Descamps (50 sal.) et la métallerie Acet (35 sal.). Elle a une église du 19e s. à l'imitation d'églises fortifiées, à échauguettes, un temple de 1857, le parc du château de Clermont. La population communale régresse depuis 1870, où elle avait atteint 1 700 hab.; elle a encore perdu 50 hab. de 1999 à 2010. Troisvilles (830 Troisvillois, 842 ha) connaît la même évolution depuis les 2 100 hab. de 1861. Elle rassemble trois anciennes paroisses à 6 km à l'ouest du Cateau, les hameaux de la Sotière, d'Euvillers et du Fayt; tissus techniques à mailles Guilford (45 sal.). Les pavés entre Inchy et Troisvilles font partie des tracés habituels de la course cycliste Paris-Roubaix. Beaumont-en-Cambrésis (470 Beaumontois, 331 ha) est à la pointe nord-ouest du canton et son village est accolé à Inchy. Elle se nommait Beaumont simplement jusqu'en 1933; elle a eu 940 hab. en 1861 et s'est dépeuplée jusqu'en 1999 mais vient de reprendre 40 hab.; clocher du 15e s.

Trois petites communes se partagent le sud-ouest du canton: Reumont (380 Reumontois, 277 ha) et Maurois (430 Maurausiens, 211 ha) sur la chaussée Brunehaut, Honnechy (530 Hunyclésiens, 653 ha) un peu au sud, qui accueille l'atelier de Galvanisation du Cambrésis (45 sal.) et se voit traversée par deux voies ferrées doubles divergeant de Busigny (gare). Honnechy a eu 1 500 hab. en 1876, mais semble avoir arrêté son déclin depuis 1990 et en aurait gagné une centaine de 1999 à 2006. Maurois a fourni à Émile Herzog, devenu André Maurois, le choix de son pseudonyme; elle a gagné 50 habitants après 1999.

Saint-Souplet (1 300 Sulpiciens, 1 266 ha) est à 6 km au sud du cateau, où le village domine la vallée de la Selle. Son finage a englobé à l'ouest le village d'Escaufourt (260 hab.) par fusion en 1973; mais sa population déclinait avant de se stabiliser tout récemment; elle était de 2 800 hab. dans les années 1860. Escaufourt, commune associée, n'a plus que 170 hab. en 2006. La commune a un moulin ancien sur la Selle, un cimetière britannique; dans le dernier quart du 19e s., une usine textile y a occupé jusqu'à 700 personnes. Saint-Benin (360 Saint-Beninois, 466 ha) est une petite commune qui s'interpose entre Saint-Souplet et Le Cateau. Elle a eu 830 hab. en 1901 et a donc perdu plus de la moitié de sa population au 20e s., encore une quarantaine après 1999; elle conserve un viaduc ferroviaire sur la Selle, d'anciens moulins sur la rivière.

Vers l'est, sept communes sont dans le Parc régional. Pommereuil (760 Pommereuillois, 645 ha), parfois mais non officiellement Le Pommereuil, est à 4 km à l'ENE du chef-lieu, à l'orée de la forêt domaniale de Bois-l'Évêque. Elle a eu plus de 1 500 hab. vers 1860, mais sa population n'a plus guère changé depuis les années 1930. Elle est le siège de la communauté de communes de Haute-Sambre-Bois-l'Évêque, qui réunit 3 communes et 2 000 hab.; elle s'orne d'une église fortifiée du 16e s. La forêt de Bois-l'Évêque est incluse en entier dans le finage d'Ors (670 Orsois, 1 776 ha dont 730 de bois), également stable durant presque tout le 20e siècle, mais qui a perdu une centaine d'habitants après 1999, et dont le village est dans la vallée de la Sambre et sur le canal de la Sambre à l'Oise à 8 km à l'est du Cateau. La forêt abrite un camp militaire où les Allemands avaient préparé une base de lancement de V2. Ors a une ancienne motte féodale de la Malmaison, jadis forteresse de l'évêque de Cambrai, l'étang du Flaquet et un polissoir néolithique; cimetières militaires, gare, écluse et pont-canal sur la Sambre, transports Dufour (40 sal.).

Bazuel (570 Bazuélois, 1 181 ha) est un village à 4 km ESE du Cateau sur la N 43, qui a eu 1 300 hab. en 1866 et qui est passé sous les 800 dès 1921, puis s'est encore dépeuplé de 1970 à 1999; il aurait repris 30 hab. en 2006; production d'œufs (Planty). Catillon-sur-Sambre (850 Catillonnais, 1 303 ha) lui fait suite 4 km plus à l'ESE sur la même route, à la traversée de la vallée de la Sambre et du canal, qui est ici au plus haut, à 134 m au partage des eaux au Bois de l'Abbaye. Catillon, «sur Sambre» depuis 1933, est un village épiscopal du 12e s. bâti sur un plan en damier. La commune avait 3 200 hab. dans les années 1830; mais elle a cédé en 1841 le territoire de La Groise, en 1896 celui du Rejet-de-Beaulieu.

La commune la plus orientale est La Groise (480 Groisiens, 938 ha), dans les pommeraies de l'Avesnois 3 km à l'est de Catillon, qui avait 1 100 hab. au moment de sa création. Restent au sud les deux villages-rues successifs de Mazinghien (330 Mazinghienois, 901 ha) et Rejet-de-Beaulieu (250 Rejetois, 635 ha), à 8 et 10 km au SE du Cateau, bordés au sud par le département de l'Aisne. Cette dernière a été créée en 1896 à partir de Catillon-sur-Sambre, avec près de 700 hab., mais s'est dépeuplée très vite; elle était déjà tombée à 310 hab. en 1936, a un peu repris après la guerre (380 hab. en 1962) puis a décliné à nouveau jusqu'en 1982 avant de se stabiliser. Mazinghien a eu 1 300 hab. en 1872, ce qui la situe parmi les records de dépeuplement; elle a toutefois repris une trentaine d'habitants entre son minimum de 1999 et 2010, du moins selon la statistique.