Cauterets

1 170 hab. (Cauterésiens), 15 684 ha dont 3 734 de bois, commune des Hautes-Pyrénées dans le canton d'Argelès-Gazost, 17 km au sud du chef-lieu, à 1 000 m. Son territoire occupe toute la vallée du gave de Cauterets, soit 20 km du nord au sud, et 14 km d'ouest en est en haute montagne, dont plus de 10 km de crête frontière dans la partie la plus élevée des Pyrénées françaises: sa pointe méridionale est au sommet du Vignemale.

La partie haute se divise en trois vallées. À l'ouest, celle du Marcadou mène au port de même nom (2 541 m), entre la Grande Fache (3 005 m) et le pic Chabarrou (2 930) par le Grand pic de Péternelle (2 764); deux cirques dominent le refuge Wallon. Au centre, la vallée de Gaube est la plus connue; elle mène droit au Vignemale par le lac de Gaube et le GR 10; le refuge des Oulettes de Gaube est au fond du cirque terminal. Le lac de Gaube, à 1 725 m (19 ha), fut un but d'excursions dès le 17e siècle; son nom est le même que gave.

La plus orientale est la vallée de Lutour, dont un versant seulement est dans le Parc national; elle est dominée à l'est par le pic d'Ardiden (2 988 m) et ne parvient pas à la frontière, mais aux pics de la Sède (2 976) et au soum d'Aspé (2 968); refuge et lac d'Estom (7 ha, à 1 804 m), plusieurs hauts lacs de cirque: Estibe Aute (10 ha, à 2 328 m) à l'ouest, Oulettes de Soubiran (6 ha, à 2 360 m) et lac Glacé (6 ha, 2 565 m) au sud.

La réunion de ces trois vallées est un lieu d'excursion aux environs de Cauterets. Les deux premières confluent au pont d'Espagne, dans un site profond où bruissent les cascades, très apprécié des touristes et d'ailleurs terminus pratique de la route; chalet-refuge du Clos, télésiège permanent montant en direction du lac de Gaube. Juste en aval, le gave s'enfonce de cascade en cascade dans l'impressionnant val de Jéret avant de recevoir le Lutour, qui pour sa part descend en cascade d'un val suspendu au-dessus du quartier thermal de la Raillère.

Cauterets est juste un peu plus bas, à l'issue d'un défilé. On y a trouvé des traces d'occupation protohistoriques, et une piscine antique: les eaux étaient appréciées des Romains, ainsi qu'au Moyen Âge; des curistes les fréquentaient au 16e siècle. Le village, dont le nom vient de Caldarrez, chaudière, et évoque les eaux chaudes, est issu des ressources thermales. Celles-ci se partagent en deux ensembles; à Cauterets même, les thermes du Rocher, de César et des Œufs, avec parcs, promenades et casino; à 2 km au sud, les thermes de la Raillère et ceux du Griffon.

La commune a deux maisons pour enfants, plusieurs villages de vacances, 2 500 studios et appartements. Elle est la deuxième station des Hautes-Pyrénées pour le nombre de résidences secondaires, environ 4 350 sur un total de moins de 5 000 résidences (87%), juste après Saint-Lary-Soulan; s'y ajoutent quinze hôtels (350 chambres) et huit campings (550 places). Les thermes furent desservis par un train électrique dès 1895; on a conservé la gare de bois, classée dès 1897; maison-musée du Parc national, musée 1900, patinoire. Mais la fréquentation thermale a faibli dès les années 1910, et un renouveau après 1950 n’a pas été jugé suffisant; elle est la deuxième des Hautes-Pyrénées, mais avec 7 000 curistes par an (125 000 nuitées), et son casino, au groupe Omnium, n’est que le quatrième; les thermes emploient 25 salariés, l'hôtel Odalys 20.

Aussi la station s’est-elle en partie reconvertie dans le tourisme estival et les sports de neige. Au-dessus de Cauterets à l’ouest, sur le versant où s’accumule la neige face à l’est, s’est établie la station de ski de Cauterets dans le cirque du Lis, dominé par le mont Né (2 724 m); dotée de 23 pistes et 15 remontées mécaniques, elle est accessible par téléphérique de Cauterets même, depuis 1964, et un télésiège monte en toute saison à près de 2 300 m. Le nom de Lis, fréquemment lié dans les Pyrénées à une idée de cascade et d'eau rapide, et que l'on retrouve en particulier près de Luchon, est de plus en plus souvent écrit Lys, à tort mais par attraction de la fleur et pour en enjoliver l'écriture… Le refuge d'Ilhéou (ou Raymond Ritter, 40 places) a été construit en 1970 par le Parc national à 1 988 m près du lac d'Ilhéou, qui occupe 11 ha, à 1 975 m; de là, le GR 10 permet d'atteindre la vallée d'Estaing par le col d'Ilhéou (2 242 m).

En aval de Cauterets, la vallée du gave continue sur 6 km, presque en droite ligne jusqu'à Soulom, entre deux grands versants boisés; deux usines hydroélectriques, Calypso et Mévabat, s'y succèdent. L'ancienne mine de plomb de Soulom est au NO, encore dans la commune de Cauterets. La population communale, de près de 1 800 hab. en 1876, a chuté ensuite; elle avait augmenté un peu après le minimum des années 1960 qui s'était établi au-dessous de 1 100 hab., mais elle a perdu 170 hab. entre 1999 et 2009.