Cayenne (île de)

nom donné à toute la péninsule entre les estuaires de la rivière de Cayenne à l'ouest et de la rivière Mahury à l'est. Elle est ainsi nommée parce qu'elle est séparée du continent, au sud, par une bande de marais parcourue par la rivière naturelle dite du Tour de l'Île, une diffluence du Mahury qui commence sur la rive gauche face au village de Roura et va vers le nord-ouest, atteignant la rive droite de la rivière de Cayenne dans un méandre en aval de Tonnegrande. L'«île» forme un polygone de 23 km N-S et 16 km E-O, sur 20 690 ha. Elle accueille 102 000 hab., presque la moitié de la population du département de la Guyane, avec une densité de l'ordre de 500 hab./km2. La limite sud et ouest de la commune de Matoury suit ce Tour de l'Île.

L'île de Cayenne comprend donc exactement les communes de Matoury, Rémire-Montjoly et Cayenne; et, par conséquent, les trois principaux «ports» de la Guyane, l'aérodrome de Cayenne-Rochambeau, le port de commerce et le port militaire du Dégrad-des-Cannes, et le port de pêche du Larivot. Une autre communication fluviale entre les deux estuaires, où serpente le canal de la crique Fouillée, est plus au nord et sépare Matoury des deux autres communes. Celles-ci forment un ensemble étiré du nord-ouest au sud-est, une amande de 6 km sur 13, d'une taille proche de celle de Paris intra muros sans les bois (70 km2). Le canal de la crique Fouillée y a été creusé dans les marais au 18e s. pour réunir les deux estuaires, mais n'a guère servi; on voit encore des ruines du fort Trio qui en gardait l'entrée sur la rive gauche de la Mahury (actuelle commune de Matoury); dans sa partie occidentale du côté de l'estuaire de la rivière de Cayenne, le canal fixe la limite sud de la commune de Cayenne. En 1879, il avait été question de créer une commune Île-de-Cayenne-Tour-de-l'Isle; elle a été finalement nommée Matoury en 1890.