Champagnole

8 500 hab. (Champagnolais) dont 440 à part, 2 018 ha dont 863 de bois, chef-lieu de canton du Jura dans l'arrondissement de Lons-le-Saunier, 35 km à l'ENE de la préfecture, à 545 m. La ville occupe une position stratégique au centre des plateaux du Jura, dans un site accidenté sur la route de Dijon à Genève (N 5) au croisement de la route de Lons-le-Saunier à Pontarlier. Elle est dominée par la puissante butte du mont Rivel (805 m). Brûlée en 1798, elle a été complètement reconstruite autour d'une grande rue principale et a conservé depuis un aspect aéré et plutôt coquet; parc, musée archéologique. Centre de services des plateaux, la ville est dotée d'un centre hospitalier de 86 lits, d'un collège public et un privé, un lycée général public, un lycée général et un lycée professionnel privés; elle est fleurie (trois fleurs).

Champagnole est aussi une cité industrielle, longtemps marquée par le travail du bois et la cimenterie mais devenue très diversifiée. La principale fabrique est celle des meubles de salles de bains Kohler ex-Sanijura (160 sal.), au groupe états-unien Kohler depuis 1995; en métalmécanique se signalent de plus petits ateliers: une petite aciérie du groupe Eramet (Erasteel, 40 sal.), matériel médical Apôl (35 sal.), décolletage Décojura (25 sal.), traitement de surfaces SNTS (25 sal.), tôlerie Bavoisy (20); lunetterie Kango (20 sal.); scierie Cuby (25 sal.), maçonneries Bugada (25 sal.) et Rusthul (20 sal.). Champagnole n’a pu éviter de nombreuses crises depuis une quinzaine d’années, marquées notamment par la fermeture de la cimenterie, et de l’usine de jouets Jouef (140 emplois) en 2001.

La commune a plusieurs entreprises de services et commerces comme la comptabilité Gescorec (30 sal.), le négoce de bois Pagot et Savoie (25 sal.), la gestion de logements (Le Foyer Jurassien, 25 sal.); magasins Super-U (85 sal.), Intermarché (60 sal.), Casino (30 sal.), Bricomarché (25 sal.); transports SLBO (110 sal.) et Jurasciure (45 sal.); restauration Le Bois Dormant (30 sal.). Champagnole a eu 3 800 hab. en 1900, 5 900 en 1954; la population a culminé à 10 300 hab. (sdc) en 1975 mais a perdu 1 700 hab. entre cette date et 1999, et encore 700 de 1999 à 2008. La ville est le siège de la communauté de communes Champagnole-Porte du Haut-Jura (38 communes, 19 400 hab.), après avoit été celui de la communauté d'Ain-Angillon, qui rassemblait 26 communes (15 600 hab.).

Le canton a 16 600 hab., 32 communes et 29 432 ha dont 13 421 de bois. Il occupe le centre des plateaux du Jura, entre le pli de l’Heute à l’ouest et l’alignement de reliefs qui le sépare du plateau de Nozeroy à l’est. À l’extrémité orientale, Sirod (570 Sirotiers, 1 610 ha dont 421 de bois), 11 km à l’est de Champagnole à 620 m, au bord de l’Ain, sur le plateau de Nozeroy, a une usine électrique et le site remarqué des pertes de l’Ain; décolletage Baud Dimep (45 sal.). Bourg-de-Sirod (100 hab., 442 ha dont 267 de bois) est plus à l'ouest, dans une combe qui débouche sur le défilé de l'Ain, barrée vers l'est par le relief étroit et vigoureux des Roches Graviers (720 m), qui portent les ruines du château Villain; usine électrique au hameau des Forges en contrebas.

Syam (210 Syamois, 690 ha dont 407 de bois), dans la vallée de la Saine à 5 km au SE de Champagnole, à 565 m, est connue pour ses forges et son «château». Les forges de Syam (35 sal.) ont été créées en 1811 par Jobez; rachetée en 1976 avec l’aciérie Experton-Revollier de Domène (Isère) sous le nom de SDEPM, l'usine a été fermée en 2009; un écomusée des forgerons a été aménagé. Le «château» est une énorme bâtisse carrée construite pour le maître de forges en 1826-1828 sur quatre étages autour d’une rotonde centrale, avec péristyle, décors en trompe-l’œil et balcons circulaires, à l’imitation de la Rotonda de Vicence en Italie, ce qui l’a fait surnommer la «villa palladienne»; elle est accompagnée d’un bâtiment de communs en forme d’U et sert à des expositions.

Non loin, Le Vaudioux (170 hab., 601 ha dont 261 de bois), 6 km au sud de Champagnole à 640 m au bord de la N 5, offre le site de la cascade de la Billaude, double et chutant de 28 m; gare de la Billaude, scierie Jacquemin (25 sal.). La pointe méridionale du canton, proche des petits lacs de Clairvaux, est tenue par le finage de Châtelneuf (150 hab., 1 300 ha dont 898 de bois, à 800 m), boisé; rocher de la Baume au-dessus des gorges de la Lemme, château Parquet et ancien pont romain, viaduc du Morillon (1886), lac du Fioget dans un bassin fermé.

Autour de Champagnole, quelques petits villages participent à l’agglomération. Équevillon (620 hab., 484 ha dont 217 de bois), 3 km au NE de Champagnole à 620 m, abrite une fonderie Thévenin (groupe S3I, 85 sal.), un décolletage Préci Jura (50 sal.) et une maison de retraite (Chignier, 40 sal.), et s'est accrue de 70 hab. entre 1999 et 2008. Sapois (340 Sapoitiers, 356 ha dont 182 de bois), de l'autre côté de l'Ain, se perche sur un petit plateau; elle a gagné 40 hab. depuis 1999; son finage monte au sud à 730 m dans le bois de la Louvalière, dont l'abrupt oriental domine la combe de Bourg-de-Sirod; travaux publics Rusthul (30 sal.).

Cize (850 hab., 419 ha dont 217 de bois), 2 km au sud de la ville, a une entreprise d’isolation (Jura Isolation, 30 sal.); sa population est passée de 470 hab. en 1975 à 1 000 en 1982, a un peu diminué puis s'est stabilisée. Ney (600 Calins, 726 ha), 2 km au SO du chef-lieu à 530 m, a une grosse imprimerie (Gresset, 120 sal.) et une fabrique de meubles (Grandvuinet-Cattenoz, 30 sal.); site de vol libre au Bénédegand au sud du village, dont le finage englobe au sud toute la reculée de Vers Cul.

Ardon (130 Ardonnais, 504 ha dont 306 de bois), 4 km au NO de Champagnole à 560 m, ajoute un atelier d’emballages plastiques (Plasti-Lax, 50 sal.). Le Pasquier (260 Pasquerois, 775 ha, à 590 m) et Vers-en-Montagne (200 hab., 835 ha dont 314 de bois, à 610 m) accompagnent au nord de Champagnole la route et la voie ferrée, sur un plateau marécageux drainé par l’Angillon; Vers a une coopérative laitière.

Saint-Germain-en-Montagne (410 hab., 535 ha dont 231 de bois), 5 km au NE de Champagnole, accueille la fabrique de jouets Jeujura (30 sal.) et mord à l'est sur la forêt domaniale de la Fresse, dont le relief domine à l'est la plaine de l'Angillon. Au-delà de cette crête à l'est, Les Nans (90 Ours, 805 ha dont 544 de bois) s'isolent un peu dans la haute vallée de l'Angillon, comme l'évoque le sobriquet devenu gentilé.

Tout au nord du canton s’étale la forêt de Joux, la plus grande au sein des plateaux; elle est parcourue par une «route des Sapins»; un arboretum a été aménagé et l’on rend visite au sapin «Président» (dépassant les autres cimes), qui aurait 48 m et plus de 200 ans, dans la commune de Supt (100 Bacs, 1 397 ha dont 880 de bois), 12 km au nord de Champagnole à 666 m; le nom se prononce comme su. À l’angle NO du canton, le village d’Andelot-en-Montagne (550 Andelotiens, 1 248 ha dont 435 de bois, à 635 m) a une gare avec bifurcation, où la voie ferrée vers Saint-Claude s’unit à l’axe Mouchard-Vallorbe (Paris-Lausanne). Chapois (210 Chapoisiens, 1 007 ha dont 539 de bois), au sud de Supt à 635 m, complète la triade de villages de la Joux.

Vers le nord-ouest, la limite cantonale s’appuie approximativement sur le pli de l’Heute, très aminci. Valempoulières (210 Meusbeyos, 1 625 ha dont 688 de bois, à 650 m) et Montrond (480 Mourniers, 2 532 ha dont 1 603 de bois, à 600 m) y tiennent deux petits passages et trônent dans de larges clairières; Montrond conserve les ruines d’une tour du 12e siècle; sa population croît lentement depuis 1975; de 1999 à 2008, la première a gagné 40 hab. (presque un quart), la seconde 50. Un peu plus au sud, Crotenay (720 Crotenaisiens dont 80 à part, 1 161 ha dont 481 de bois), 9 km à l’ouest de Champagnole à 500 m, abrite l’aérodrome de la ville (code LFGX), qui a une piste gazonnée de 730 m et un aéroclub, et un établissement d’enseignement adapté (EREA La Moraine). Au sud-est de la commune, l’Andillon rejoint l’Ain dans un site encaissé et boisé, où a été installée une usine hydroélectrique.

À l’angle SO du canton, Pont-du-Navoy (250 Navoirons, 946 ha dont 442 de bois), au bord de l’Ain à 4 km SSO de Crotenay et à 480 m, dominée par le crêt boisé de l'Heute qui y atteint 732 m, a une fromagerie Jura Terroir (Fruitière du Massif Jurassien, 50 sal.) et un établissement de post-cure psychiatrique. Quoique de l'autre côté de l'Ain, Monnet-la-Ville (390 hab., 619 ha dont 277 de bois) et Montigny-sur-l'Ain (200 hab., 799 ha dont 230 de bois) forment avec Pont-de-Navoy une seule agglomération. La première a gagné 50 hab. entre 1999 et 2008, la seconde une vingtaine. Montigny avait absorbé vers 1793 Monnet-le-Bourg, qui subsiste comme hameau au nord-est. Plus à l'est, le plateau est occupé par les deux clairières de Mont-sur-Monnet (200 hab., 1 993 ha dont 730 de bois) et de Loulle (180 Loullois, 1 090 ha dont 437 de bois), celle-ci juste au sud de Nay et où se voit un bel ensemble de lapiaz.