Château-Renault

5 300 hab. (Castelrenaudais), 351 ha, chef-lieu de canton de l'Indre-et-Loire dans l'arrondissement de Tours, 30 km au NE de la préfecture. Le bourg, qui n'a qu'un très petit territoire, est dans un site accidenté par la vallée encaissée de la Brenne et le ravin affluent du Gault, au bord de la N 10; l'hôtel de ville occupe un château des 14e et 18e s. (et 20e s.) à donjon du 12e, avec belle esplanade et parc public du château; belle salle polyvalente dans la ville basse. La ville haute aristocratique et bourgeoise s'est longtemps distinguée de la ville basse ouvrière. La forteresse était à l'origine au comte de Blois, qui lui donna le nom de son fils Renaud; l'orthographe actuelle est une altération ancienne; le nom s'est écrit Châteaurenault jusqu'en 1932.

Château-Renault a un collège public et un lycée professionnel public, un centre hospitalier associé à celui d'Amboise, un institut médico-éducatif, deux maisons de retraite, un centre d'aide par le travail. Elle se veut «ville de l'image et de l'écriture», dotée d'un studio pour réalisation de films, et d'ateliers d'écriture en liaison avec le lycée professionnel. Un musée du cuir et de la tannerie rappelle une ancienne spécialité locale, apparue au 16e s., qui survit par les chaussures Arche (180 sal.) et les ceintures et bretelles Boinet (65 sal.). Arche dispose d'un magasin d'usine très fréquenté. La commune a surmonté partiellement la crise du secteur en attirant de nombreux autres ateliers et rassemble plus de 1 200 emplois en deux parcs industriels: connecteurs électroniques Radiall (280 sal., fournisseur de Boeing), articles métalliques Humery (140 sal.), outillage et machines-outils Supra (35 sal.), mécanique Sima (30 sal.); revêtements de sols Forbo ex-Bonar (100 sal., avec atelier de formation du groupe Forbo-Sarlino), emballages plastiques Davoise (40 sal.), articles de papeterie Cogir (50 sal.), imprimerie Standard Forms (35 sal.); engrais Algochimie (K+S, 60 sal.), meunerie AFT (25 sal.); finition de bâtiment (Façadiers du Centre et de Touraine, 35 sal.) et travaux publics Erco (30 sal.).

Dans le secteur tertiaire, supermarchés Carrefour (40 sal.), Intermarché (40 sal.) et Stoc 660 (30 sal.), bricolage et jardinage Sajardime (20 sal.), transports de voyageurs Cat (Compagnie des autocars de Touraine, 45 sal.). La population communale a augmenté durant tout le 19e s., de 2 000 hab. au début à 4 500 à la fin; elle a un peu diminué dans la première moitié du 20e s., puis a augmenté jusqu'en 1982 (6 100 hab. sdc) avant de perdre près de 600 hab. en moins de vingt ans, et encore 300 de 1999 à 2007. La communauté de communes du Castelrenaudais correspond au canton et siège au chef-lieu.

Le canton a 16 000 hab. (14 400 hab. en 1999), 16 communes et 35 306 ha dont 8 467 de bois; limitrophe du Loir-et-Cher, il est traversé à l'est par l'A 10 et la ligne de TGV Paris-Tours; il tient de la Gâtine et de la Beauce, et compte une douzaine de massifs boisés. Auzouer-en-Touraine a dépassé 2 000 hab. Au sud de Château-Renault dans la vallée de la Brenne, Villedômer (1 360 hab. dont 70 à part, 3 519 ha dont 710 de bois), dont le nom se prononce Villedômé, a de petites entreprises agro-alimentaires (salaisons, lait) et, au nord, en bordure même de la ville de Château-Renault, l'institut médico-éducatif de la Boisnière (120 places, près de 200 emplois) avec centre d'aide par le travail; gare, usine des Charcuteries gourmandes (65 sal., groupe Roullier de Saint-Malo); installations électriques (BRE, 95 sal.), Transports légers express (20 sal.). Un peu à l'ouest, dans un bois, sont les ruines d'une ancienne abbaye de Gâtines (12e au 18e s.); le château de la Noue (16e-17e s.) est dans le vallon du Madelon à l'ouest du village, qui a une église en partie du 12e s. L'usine chimique d'Auzouer est en partie sur le territoire de Villedômer, au nord. La population de Villedômer croît depuis le minimum de 770 hab. en 1968.

Neuville-sur-Brenne (760 Neuvillois, 689 ha) est à 3 km au nord du chef-lieu; maison du 15e s., château de Valbrenne (19e s.); le nom de la commune, apparu en 1102, a été allongé en 1987; la commune n'avait que 210 hab. en 1962 et a gagné 130 hab. de 1999 à 2008. Saunay (680 Saunois, 2 598 ha dont 957 de bois), au bord du Gault 5 km à l'est du chef-lieu, contient la forêt de Château-Renault et une bonne part de celle de Saunay qui déborde dans le département de la Sarthe. La population de Saunay croît depuis 1982 (390 hab.) et s'est augmentée de 140 hab. de 1999 à 2008, plus d'un quart. Le nom s'est écrit jadis Solonac puis Sonnay et n'a rien à voir avec le sel.

Trois petites communes se partagent le coin nord-est du canton, que traverse l'autoroute A 10. Saint-Nicolas-des-Motets (260 Montoux-Colasiens, 1 277 ha) est à 10 km à l'est du chef-lieu; son église du 15e s., à fresques du 16e s., est classée. Morand (300 Moranais, 1 462 ha dont 228 de bois) est à 9 km ESE de Château-Renault; la commune a aménagé en 2006 au village un restaurant multiservices sur le site de l'ancien château, dont subsistent quelques murs et douves, ainsi qu'un petit centre de loisirs; bois de la Chaîne au nord. Dame-Marie-les-Bois (340 Donnamariens, 891 ha dont 378 de bois) est 3 km au sud-est de Morand dans un finage plus boisé, accidenté par les «coulées», têtes de la vallée sèche de Cherament, laquelle descend vers la haute Cisse, et doté de deux étangs au nord-est; le nom de cet ancien village de défrichement des chanoines de Tours, apparu dans la forêt de Blémars à partir du 9e siècle, était simplement Dame-Marie jusqu'en 1920. Toutes trois ont gagné récemment des habitants: de 1999 à 2008, 40 pour Saint-Nicolas, 60 pour chacune des deux autres.

Autrèche (380 hab., 2 072 ha dont 690 de bois), 10 km au SE de Château-Renault, a un échangeur de l'A 10 Aquitaine; au sud-est, son finage englobe le bois de Corneau; le village a une très originale église du roman primitif tourangeau du 11e s. à contreforts et petit clocher intégré de façade; châteaux 19e s. de Beaumarchais, en brique rouge, des Haies et de la Ramberge, imitations renaissance; maison de retraite. La réserve zoologique de Beaumarchais-Grand Veneur accueille 31 000 visiteurs par an; à l'extrême pointe sud de la commune dans un vallon se situe l'ancienne abbaye cistercienne de Fontaine-les-Blanches (13e, 18e et 19e s.), fondée vers 1125. La commune n'avait que 250 hab. en 1982, et a crû depuis mais, contrairement à ses voisines, elle a perdu une trentaine d'habitants de 1999 à 2008.

Les Hermites (560 Hermitois, 3 260 ha dont 470 de bois) et Monthodon (640 hab., 3 391 ha dont 355 de bois), à 19 et 12 km au NO du chef-lieu, se partagent la partie septentrionale du canton; Monthodon abrite l'arboretum de la Petite Loiterie, sur 16 ha. La Ferrière (290 Ferrillons, 1 576 ha dont 745 de bois) est à 5 km au sud des Hermites et a l'aspect d'un village de clairière entouré par le grand bois de la Ferrière; elle a gagné 70 hab. après 1999, presque un tiers; château du 19e s. Le Boulay (620 hab., 2 010 ha dont 600 de bois), proche de Château-Renault (6 km NO) englobe le bois de Fléteau; la commune a une entreprise de finition de bâtiments (Murs Colors, 40 sal.) et une imprimerie Standard Formes (30 sal.) en complément de celle de Château-Renault; elle a gagné 110 hab. de 1999 à 2008.

Saint-Laurent-en-Gâtines (910 Laurentais, 3 162 ha dont 618 de bois) est à 11 km à l'ouest du chef-lieu sur le plateau et se repère par sa construction originale et haute de 25 m datant du 15e s., en brique et pierre, ancienne grange dîmière de l'abbaye de Marmoutier dite manoir de la Grand'Maison, transformée en église en 1876, un petit clocher couronnant alors la tour de l'escalier; château de la Brosse (19e s.) à l'ouest; la Petite Choisille a sa source au sud-ouest de la commune. La population croît depuis le minimum de 1975 (470 hab.); elle a augmenté de 170 hab., soit un quart entre 1999 et 2008.

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Nouzilly. Le château de Charentais à Nouzilly en Gâtine touragelle. © RB-RV
Nouzilly. Le château de Charentais à Nouzilly en Gâtine touragelle. © RB-RV

Nouzilly (1 300 Nouzillais dont 80 à part, 4 024 ha dont 1 784 ha), 17 km OSO du chef-lieu, dans un terrain vallonné par les têtes de la Petite Choisille, a plusieurs étangs, plusieurs châteaux dont celui de Charentais (19e s.) et le manoir de la Simonnière (17e s.), et au nord du village les restes d'un fossé rectiligne est-ouest attribué aux Romains et dit Fossés de César; ancien four à chaux, bois du Mortier et de Nouzilly. La commune n'avait que 670 hab. en 1975 (plus de 1 000 de 1820 à 1914); elle en a gagné 110 de 1999 à 2008. À l'est du village, l'Inra (Institut national de la recherche agronomique) a installé en pleine campagne près du château de l'Orfrasière (début du 20e s. en style renaissance) un grand centre de recherche sur les élevages, employant plus de 500 personnes et divisé en quatre unités dont une est dans la commune de Monnaie, une autre en partie dans celle de Crotelles (630 hab., 1 589 ha), dont le village est à 4 km à l'ouest de Villedômer et qui a une petite fabrique de matériel agricole (Mam Satena, 35 sal.) et une entreprise de travaux publics (Hubert, 20 sal.); Crotelles a gagné plus de 80 hab. de 1999 à 2008.