Châteauneuf-du-Pape

2 100 hab. (Châteauneuvois), 2 585 ha dont 339 de bois, commune du Vaucluse dans le canton d'Orange-Ouest, 11 km au sud d'Orange. Son territoire est accidenté par de basses collines de molasse burdigalienne tapissées de cailloutis d'anciennes hautes terrasses du Rhône, portant les vignes qui ont rendu célèbre la petite ville. Elles bénéficient d'une appellation contrôlée particulière de 1923 révisée en 1936, inscrite parmi les grands «crus» des côtes-du-rhône et qui inclut quelques terroirs de Bédarrides, Courthézon, Orange et Sorgues. L'aoc châteauneuf-du-pape occupe 300 vignerons, dont une cinquantaine de producteurs principaux; ceux de la commune déclarent en tout 2 966 ha de vignes, soit plus que la surface totale de la commune en comptant leurs parcelles des communes voisines; l'appellation elle-même porte sur 3 100 ha en production (60 000 hl/an) et admet jusqu'à treize cépages, où dominent grenache, cinsault, mourvèdre et syrah; musée des outils du vigneron et maison des Vins; confrérie de l'Échansonnerie des Papes.

Le bourg fut aussi une résidence d'été pontificale, conserve des ruines du château achevé en 1333 pour Jean XXII, et une tour du 12e s. Les principales entreprises sont l'embouteillage à façon ESV (65 sal.), les producteurs de vins Brunel (château de la Gardine, 30 sal.), Château Mont-Redon (20 sal.), Quiot (20 sal.), Bouachon (20 sal.), Brotte (20 sal., musée du vin). La commune est bordée à l'ouest par le Rhône; les châteaux la Fortla, les Fines Roches, la Nerte sont au sud-est du bourg. Le faisceau de circulation évite le territoire communal et passe largement à l'est, le long de l'Ouvèze. La commune s'est nommée Châteauneuf-Calcermier en 1793; sa population avait approché 1 500 hab. au milieu du 19e s. puis était descendue à 1 100 à la fin; elle a augmenté de 1920 à 1968 et elle plafonne depuis.