Châteauroux

49 300 hab. (Castelroussins) dont 2 200 à part, 2 554 ha, préfecture du département de l'Indre, bordée par la vallée de l'Indre. L'agglomération comprend au nord, sur la rive droite, la commune de Déols, qui fut son site primitif sous le nom de Burgus Dolus, marqué par une abbaye bénédictine. Puis fut élevé de l'autre côté, au 10e s., le château de Raoul, dont la ville porte finalement le nom. Ce privilège seigneurial en fit le chef-lieu du Bas-Berry. La ville a peu de monuments anciens, sauf des maisons particulières, et quelques restes de remparts; elle s'est étalée concentriquement par cités de logements et zones d'activité successives, tandis que l'autoroute A 2 la contournait par l'ouest. Elle est au plus haut niveau des villes fleuries (quatre fleurs, grand prix); ce qui reste du château originel a été agréablement restauré au 19e s., au bord de l'Indre; préfecture, mairie, palais de justice et médiathèque se tiennent non loin dans un petit périmètre; musée polyvalent Bertrand (22 000 visiteurs par an) et musée-expositions du Couvent des Cordeliers (arts contemporains et céramiques, 11 000 visiteurs par an), Maison des arts et traditions populaires du Berry.

L'équipement tertiaire est à la taille du département et comporte un centre hospitalier public (390 lits, 460 avec la psychiatrie) et une clinique (140 lits, 180 sal.), un institut médico-éducatif; IUT, un centre universitaire avec droit et gestion, langues, histoire et géographie sous la tutelle de l'université d'Orléans (760 étudiants en 2007), une école d'infirmières, six collèges publics et un collège privé, trois lycées publics et un lycée privé, un lycée professionnel public, un centre de formation de la Chambre de commerce. La ville a aussi un hippodrome et deux aérodromes à Déols et Villers; le château de Tout-Vent (ou Touvent) au sud de la commune, héberge un lycée agricole public et sa ferme de 125 ha. La ville compte trois zones urbaines sensibles: Beaulieu au sud-ouest, le grand ensemble de Saint-Jean au sud-est, Vaugirard au nord.

Châteauroux a eu un passé de ville drapante, ultérieurement spécialisée dans la confection; une manufacture royale de 1751 est devenue en 1857 la manufacture Balsan, qui a fourni quantité de drap d'uniformes, et notamment le célèbre bleu horizon; la firme s'est en partie réorientée vers les tapis et moquettes après 1945. Puis Châteauroux est devenue un centre aéronautique: d'abord par une école de pilotes de chasse à la Martinerie en 1916, puis par l'installation de l'usine d'aviation Bloch en 1936 (nationalisée en 1937), enfin en 1950 par la création d'une énorme base américaine de l'Otan, qui compta jusqu'à 12 000 militaires et 4 000 civils, attira de nouvelles industries et posa de lourds problèmes de reconversion lors de sa fermeture en 1966; puis l'État décida de fermer en 1976 l'usine Bloch-Dassault (passée à la SNIAS). L'aérodrome a une piste en béton de 3 500 m; il fut d'abord réorienté vers le trafic de fret sous l'égide de la Chambre de commerce, avant de passer au Département, tandis que les diverses autorités locales s'efforcèrent d'attirer activités et entreprises; son trafic de passagers est fluctuant (7 300 en 2006, 15 700 en 2005), son trafic de fret d'environ 7 500 t/an. Le camp de la Martinerie abrite à présent le 517e régiment du train qui compte un millier de personnes et occupe 300 ha.

L'industrie s'est ainsi diversifiée et se trouve en partie dans les communes voisines, notamment dans la zone industrielle de la Martinerie qui, au NE, a utilisé l'ancienne base de l'Otan, et dans la zone aéroportuaire qui a succédé à l'usine Bloch. Il en résulte un ensemble assez impressionnant, mais qui n'est pas à l'abri de regroupements et réductions d'effectifs, comme chez Guinard, l'une des rares firmes d'origine locale. Parmi les principaux secteurs, figurent la métallurgie avec les profilés Hydro-Alu Extrusion (220 sal., groupe norvégien Norsk Hydro), les machines d'emballage Mead (160 sal.) du groupe Westvaco qui fournissent laiteries et brasseries, les pompes Guinard scindées en deux usines passées à des groupes allemands, Andritz-Guinard (130 sal.) et KSB-Guinard (100 sal.), la mécanique Sonomex (65 sal.).

S’y ajoutent dans d’autres branches les fabriques de plats en pyrex Newellex-Corning (390 sal.), rachetée par Arc International en 2006, de carrelages Cerabati (200 sal., groupe Marazzi-Céramiques de France), de pièces en plastique pour l’automobile Mark IV Systems (150 sal.), de plastiques et caoutchoucs Eurostyle Systems (160 sal.), et la menuiserie pvc AMCC (140 sal., portes et fenêtres), les papiers de reproduction Diatechnologies (80 sal.), la mécanique Sonomec (50 sal.). Un autre secteur notable est l’alimentaire, avec la boulangerie représentée par Harry’s (groupe Barilla, 520 emplois avec l’usine voisine de Montierchaume), mais la fabrique de biscottes Saint-Luc d’Auga-Pasquier (180 sal.) a fermé en 2007 au profit d’un nouveau site Pasquier en Maine-et-Loire. De la confection, qui connut un temps la réussite avec le groupe local des «100 000 chemises» de la firme Boussac, il reste peu de chose; la lingerie Spatz, tombée à 50 sal., a été liquidée en 2009, comme Création Cent Mille, héritier direct des Cent Mille Chemises, en 2007.

Châteauroux a aussi des entreprises de services comme le laboratoire d'analyses Camenen Jamet (90 sal.), les installations électriques Ineo (55 sal.), le nettoyage Clair et Net (60 sal.), les centres d'appels Armatis (540 sal.) et Serenis (50 sal.), les offices de gestion de logements Opac 36 (180 sal.) et Scalis (150 sal.), les assurances Axa Iard (190 sal.) et Thelem (55 sal.). Le commerce a pour têtes d'affiche un hypermarché Carrefour (310 sal.), un supermarché Carrefour Market (50 sal.), les négoces de quincaillerie Martin Rondeau (70 sal.) et de matériaux Melin (70 sal.); les laboratoires Fenioux font de la vente de gélules et plantes médicinales par correspondance (150 sal.); logistique Cepl (100 sal.), transports Rave (100 sal.), Inter Transports (95 sal.) et Gefco (90 sal.).

Du côté institutionnel, le Centre hospitalier emploie 1 080 personnes, le centre médical de Gireugne, au SO, comptant 450 salariés. La Mairie emploie 1 200 personnes, le Conseil général de l'Indre 680, la Direction départementale de l'équipement 660, la Caisse régionale de Crédit Agricole 400, la Trésorerie générale 240, la Caisse d'assurances maladie (Cpam) 240, la Caisse d'Allocations familiales 180 sal., la Préfecture 150, la Chambre des Métiers 90, la Chambre d'Agriculture 70, la Chambre de Commerce 55; La Poste affiche 900 employés, la Sncf 250, EdF 200, GDF 80 sal., France-Télécom 60, les transports urbains 65 (groupe Keolis de la SNCF) et 130 (Veolia) et les transports départementaux (TDI) 140.

La commune de Châteauroux a eu 10 000 hab. en 1820, 20 000 en 1880, 30 000 en 1938, 40 000 en 1960; sa population est montée à 53 400 (sdc) en 1975 et a diminué depuis, d'environ 3 000 hab. entre 1999 et 2007. Le maire est Jean-François Mayet, UMP, entrepreneur et ancien président de la Chambre de commerce, également conseiller général du canton de Châteauroux-Centre; il a succédé en 2001 à Jean Gateaud, socialiste, qui avait effectué deux mandats. L'unité urbaine Insee est donnée pour 66 100 hab., l'aire urbaine pour 90 600 hab. (85e en France). La communauté d'agglomération Castelroussine rassemble 11 communes et 74 700 hab. L'arrondissement a 130 200 hab., 11 cantons, 82 communes, 252 434 ha.

Les quatre cantons de Châteauroux totalisent 62 900 hab. (64 600 en 1999), 6 communes et 22 526 ha dont 4 336 de bois. Les grandes communes de banlieue proprement dites sont Déols au nord de Châteauroux et Saint-Maur (Indre) en aval; mais Diors et Le Poinçonnet dans le canton d'Ardentes participent aussi à la base industrielle castelroussine. Au NE, Montierchaume (1 700 Montierchaumois, 3 720 ha dont 468 de bois) a une zone d'activités dont la principale entreprise est la boulangerie Harry's (340 sal.); fonderie d'aluminium Aerocast (110 sal.) reprise par CPP (Consolidated Precision Products), mécanique (Maintenance Industrielle, 50 sal.) et équipements d'emballage Simade (40 sal.), aéronautique Indraéero (35 sal.), levage Solemo (30 sal.), traitement de surfaces Haeraux (20 sal.); électronique aéronautique PGA (160 sal.) et composants électroniques Record (40 sal.); confection Balsan (110 sal.), cartonnages Covepa (100 sal.); logistique et magasin d'usine La Halle Vêtements (350 sal.), distribution de fournitures de bureau (Spicers Calipage, 50 sal.); transports Coquelet (100 sal.) et Coutant (45 sal.); nettoyage urbain Sita (25 sal.). Incendie et Secours (150 sal.) est un établissement public départemental travaillant pour la protection civile. Après le minimum de 1968 à 700 hab., la population avait augmenté jusqu'en 1990, puis stagné; elle a perdu une centaine d'habitants de 1999 à 2006 et n'en a plus que 1 660 sdc.

Tout à l'ouest, Niherne (1 750 hab. dont 190 à part, 4 287 ha dont 1 095 de bois) est au bord de l'Indre, 11 km ONO de la préfecture. Le bourg est à la tête d'un finage assez étendu confinant au parc régional de la Brenne et qui contient plusieurs étangs et les bois de la Biche et de Niherne ainsi que la forêt de Saint-Maur et le château de Rançay (19e s.); collège international catholique avec internat. La commune avait 1 100 hab. autour de 1970 et s'est un peu étoffée depuis; elle a gagné 70 hab. de 1999 à 2006. Villers-les-Ormes (410 Villaréens, 1 760 ha), 9 km au nord-ouest de Châteauroux, n'est qu'un village agricole de 340 hab.; la commune accueille l'aérodrome de loisirs de Châteauroux, avec aéroclub et piste gazonnée de 850 m. La forêt domaniale de Châteauroux (5 200 ha) est au sud de la ville, principalement dans le canton d'Ardentes.