Chaumont

25 600 hab. (Chaumontais) dont 2 500 à part, 5 526 ha dont 2 817 de bois, préfecture de la Haute-Marne. La ville occupe une position élevée sur un fragment de plateau qui domine la vallée de la Marne, à l'est, et celle de son affluent la Suize, à l'ouest. Elle tient ainsi une position forte au croisement de l'axe sud-nord de la Marne et du couloir SO-NE qui longe la côte du plateau des Bars. Les avantages historiques du site se sont mués en difficultés lorsqu'il a fallu établir la voie ferrée, qui fait un vaste détour vers l'ouest et franchit le ravin de la Suize au prix d'un grand viaduc, construit en 1857, devenu un élément de l'image de la ville avec ses 600 m de long, 50 arches et une hauteur de 60 m. Chaumont conserve des restes de remparts et un donjon, deux musées (d'art et d'histoire, de la crèche); des silos ont été réaménagés en centre culturel et lieu d'exposition, où se tient un festival annuel de l'affiche; port de plaisance de la Maladière sur le canal.

L'extension urbaine récente se heurte aux mêmes obstacles topographiques: la ville reste bloquée sur l'éperon, où l'on a d'abord densifié en HLM. Chaumont est surtout une ville d'administration et de service, la plus tertiaire de tout le département; elle a reçu une école nationale de gendarmerie, 3 collèges et 5 lycées publics dont 3 professionnels, un collège et un lycée privés, un lycée agricole public avec formation d'adultes et d'apprentis; centre hospitalier public de 280 lits, un centre médico-chirurgical privé (170 sal., 110 lits), une maison de retraite; deux hypermarchés Leclerc (210 sal.) et Géant Casino (135 sal.), un Intermarché (25 sal.). L’armée est représentée par le 61e régiment d’artillerie, à Semoutiers.

La ville a pu jadis avoir une tradition industrielle dans la draperie, puis la ganterie, mais ne l’a pas maintenue. Toutefois, des implantations postérieures à 1975 se sont portées sur la mécanique: appareils orthopédiques de la firme états-unienne Greatbatch (par Precimed, ex-DePuy du groupe Johnson & Johnson, 240 sal.) et des sociétés Aesculap (105 sal.) et Landanger (55 sal.); mécanique Eurenov (ex-SNOM, 150 sal.), constructions métalliques des Ateliers Bois (90 sal.), fils métalliques d’Artifil (40 sal.), menuiserie métallique Manchin (45 sal.), recyclage et fonderie d’aluminium Solyfi Soremo (20 sal.), la plupart dans la zone industrielle de la Vendue, au sud. Cette spécialité est complétée par une fabrique d’emballages plastiques tissés (conteneurs Tisza Textil ex-Nordenia, 80 sal., à une firme hongroise) et une imprimerie Rotochampagne (40 sal.), l'entreprise de presse du Journal de la Haute-Marne (65 sal.)

Les autres emplois sont dans le tertiaire, dont la Sncf (100 sal.), France-Télécom (85 sal.), ERDF (55 sal.), le Grand hôtel Terminus (45 sal.), les grands garages; transports Schenker-Joyau (55 sal.), Picard-Rabbe (30 sal.), Richoux (25 sal.); autocars Fabian (70 sal.) et CTP (30 sal.); quelques magasins comme But (30 sal.), MrBricolage (25 sal.), négoces de matériauxWolseley Réseau Pro (55 sal.) ou de quincaillerie Prévôt Smeta (35 sal.); centre d'appels Cap 2 Call (170 sal.), travail temporaire Adecco (75 sal.); nettoyages Asnelp (75 sal.) et Lorraine-Propreté (45 sal.). Dans le bâtiment, installations électriques Sanef (75 sal.) et Parisot (35 sal.), carrelage et revêtements Ronzat (35 sal.), maçonnerie Valenti (30 sal.), peinture J. Renard (30 sal.), couverture Martin (30 sal.); traitement des eaux Sanest (30 sal.), travaux publics Eiffage (55 et 35 sal.) et Colas (45 sal.), espaces verts Martel (30 sal.)

La population communale était de 14 000 hab. en 1900, 17 000 en 1950; elle s'est enrichie de la fusion avec Brottes (1 400 hab., au sud) en 1973 et elle a atteint son maximum en 1982 avec 27 600 hab. (sdc), puis diminué un peu à 26 000 en 1999, et a perdu 2 800 hab. de 1999 à 2008 (dont un millier par révision de la population comptée à part). Le maire de Chaumont est Luc Châtel, UMP, ministre et ancien député. La communauté de communes du pays Chaumontais rassemble 21 communes et 32 000 hab.; Chaumont est également le siège du pays de Chaumont officiel, très proche de l'arrondissement: 156 communes (8 communautés de communes), 68 000 hab., 2 380 km2 (densité 29). L'unité urbaine Insee est donnée pour 25 300 hab., l'aire urbaine pour 35 800. L'arrondissement de Chaumont occupe la partie centrale du département; il a 67 500 hab. (69 200 en 1999), 11 cantons, 160 communes, 247 626 ha.

Les deux cantons ont 31 400 hab. (32 700 en 1999), 16 communes et 22 681 ha, dont 10 565 de bois. Semoutiers-Montsaon (900 Semoustériens, 2 740 ha), 10 km au SO de la préfecture, accueille un grand aérodrome, de code LFJA, doté d'une piste en béton de 1 500 m; il est issu d’une ancienne petite base aérienne, transformée par l’Otan en 1952 puis abandonnnée dix ans après; mais il abrite un groupe de surveillance et renseignement de l’armée de Terre (61e RA) et sert à un aéroclub, ainsi qu'à diverses manifestations et expositions (dont un salon de l'Érotisme en septembre 2010); échangeur autoroutier avec base d’entretien de la Société des Autoroutes Paris-Rhin-Rhône (110 sal.); aide à domicile Viadom (75 sal.), travaux publics Roussey (35 sal.). La commune a intégré Montsaon en 1972, qui a mérité un titre de village fleuri (quatre fleurs); Semoutiers n’avait que 170 hab. en 1968, avant la fusion et hors population comptée à part, contre 560 en 1999; sa population muncipale aurait gagné 390 hab. entre 1999 et 2008, tandis que sa population comptée à part (670 hab. en 1999) s'évanouissait: questions de définitions aux recensements.

Au nord de Semoutiers, Buxières-les-Villiers (300 Buxiérois dont 40 à part, 497 ha), 10 km à l'ouest de la préfecture, a une maison familiale rurale et a gagné 70 hab. de 1999 à 2008. Villiers-le-Sec (660 Villiers-le-Secois, 1 571 ha), juste à l'est et plus près de Chaumont, est un beau village-rue d’allure déjà lorraine, dont la population croît aussi (+90 hab. après 1999). Jonchery (990 Joncherois, 2 898 ha dont 550 de bois), au NO de Chaumont à 6 km, s’est agrandie en 1972 de Laharmand et Sarcicourt au nord, et bénéficie d’une gare; sa population, qui n’avait pas progressé de 1982 à 1999, compte 180 hab. de plus en 2008. Condes (300 Condois, 508 ha dont 210 de bois) est dans un méandre de la Marne à l'est de Jonchery, à 4 km au nord de Chaumont; peinture Devarennes (30 sal.).

Dans la vallée de la Marne, en banlieue est de Chaumont, Chamarandes-Choignes (1 230 Chamarandais, 1 880 ha dont 695 ha), issue d’une fusion de 1972, héberge le lycée agricole de Chaumont et a reçu une base de loisirs; travaux publics et réseaux A. Boureau (25 sal.), négoce de matériel agricole Nodimat (30 sal.). Un peu en amont à Verbiesles (290 Verbieslois, 1 136 ha dont 551 de bois), le château du Val des Écoliers, issu d’une ancienne abbaye, a été reconstruit au 19e s. dans le style gothique troubadour et classé; maçonnerie Cangi Loriano (25 sal.). Juste en amont, Luzy-sur-Marne (280 Luzéens, 1 611 ha dont 1 083 de bois) est à 7 km SSE de la préfecture; son finage s'étend des deux côtés de la Marne, surtout vers le nord-est où il englobe une part de la forêt domaniale de la Garenne; moules et modèles Deguy-Conge (30 sal.).

Foulain (770 Foulinois, 2 628 ha dont 934 de bois), 11 km au SE de Chaumont dans la vallée, a une petite industrie du bois (emballages Hurson, 20 sal.) et bénéficie du canal, de la voie ferrée et de la N 19. Sur le plateau à l’est, Laville-aux-Bois (230 Quéchots, 1 344 ha dont 631 de bois), à 8 km de Chaumont sur la route de Bourbonne, a depuis 1992 une piste d’ULM engazonnée de 600 m, avec aéroclub. Au sud de Chaumont, à 7 km, Neuilly-sur-Suize (360 Néoviciens, 1 467 ha dont 668 de bois) a une église (16e s.) et un château (16e et 19e s.) inscrits et expose une collection minéralogique.