Chef-Boutonne

2 330 hab. (Chef-Boutonnais) dont 110 à part, 1 981 ha, chef-lieu de canton des Deux-Sèvres dans l'arrondissement de Niort, 44 km au SE de la préfecture à la source de la Boutonne, d'où son nom. À l'ouest du bourg se dresse le gros château renaissance de Javarzay, du 15e-16e s., à châtelet et tours très restaurées dans le style néogothique du 19e siècle, qui présente des expositions et une collection de coiffes; église de l'ancien prieuré bénédictin de Javarzay, restaurée au 19e s. aussi; écomusée de la Vestegaille (matériel agricole et objets ménagers anciens).

Le bourg a un collège et un lycée professionnel publics, un collège privé, un Intermarché (35 sal.). Le milieu des entreprises est limité: viandes de basse-cour Lapins et Compagnie (30 sal.)négoce de matériaux Rullier (Les Briconautes, 35 sal.), constructions Socobat (40 sal.), lignes électriques Delaire (25 sal.). La commune s’était agrandie en 1830 en absorbant à l’ouest le village de Lussay; sa population n’a pas subi de grands changements depuis, passant par un maximum de 2 500 hab. en 1886, un minimum à 2 000 en 1921, perdant 70 de 1999 à 2008. Le bourg est le siège de la communauté de communes du Cœur du Poitou, étendue à 27 communes (11 800 hab.).

Le canton a 6 100 hab. (5 900 en 1999), 15 communes, 23 150 ha dont 3 200 de bois; il est limitrophe de la Charente et de la Charente-Maritime. En aval du chef-lieu, Fontenille-Saint-Martin-d’Entraigues (590 hab., 1 511 ha) résulte d’une fusion de 1972; la fromagerie de Fontenille emploie 30 salariés, les transports de la Vilainoise 70. Pioussay (320 Piousayens, 1 377 ha), 12 km ESE de Chef-Boutonne, s'orne du château de Jouhé (15e et 17e s.) et a une église inscrite (12e et 15e s.).

Gournay-Loizé (630 hab., 2 323 ha dont 253 de bois), fruit d’une fusion de la même date, a gagné 40 hab. depuis 1999 et abrite à la pointe extrême nord du canton, au Bois Roger sur la route de Melle à Civray, les entrepôts de la base logistique d'intermarché (ITM, 310 sal.); tout à côté, la commune contient le bois de la Chevrelière, qui atteint le château de la Chevrelière au hameau de Boudranche. Le village de Loizé est au sud-est de la commune; au sud-ouest est le hameau de Buffevent, un nom qui a pu contribuer à fixer dans la commune le parc éolien des Raffauds, qui aligne 6 machines Enercon (12 MW) pour 3D Énergies à la limite nord-est de la commune.

Couture-d’Argenson (420 Couturois, 2 416 ha dont 807 de bois), à 14 km au sud du chef-lieu, est la commune la plus méridionale du département et occupe une quasi-clairière bordée de bois; château de la Foye, avec arboretum. Aubigné (220 hab., 2 915 ha dont 1 345 de bois), 9 km au SO du chef-lieu, contient la forêt domaniale de Chef-Boutonne. Loubillé (380 hab., 1 101 ha), plus à l’est à 7 km au sud du chef-lieu, a une maçonnerie (EMC, 35 sal.). À Crézières (60 Créziérois, 425 ha), 7 km au SO du chef-lieu, se visite la Ferme du Champ du Parc, où sont conservées des spéciemens d'anciennes espèces locales d'animaux de ferme.

Cail à Chef-Boutonne

Chef-Boutonne est le lieu de naissance de l'industriel Jean-François Cail, né en 1804 et mort en 1871, dont la vie fut une remarquable réussite d'entrepreneur. De famille pauvre, il partit à Paris et s'embaucha chez Derosne comme ouvrier chaudronnier; puis il devint l'associé du patron, et patron à son tour; il créa des usines à Bruxelles et à Denain, et se lança entre autres dans le matériel ferroviaire, notamment la construction des locomotives Crampton dont il obtint la concession. La société Cail-Derosne, puis Cail, s'associa plus tard à Fives-Lille; la fusion Fives-Lille-Cail eut lieu en 1958, transformée en Fives-Cail-Babcock (FCB) en 1973. Le nom subsiste: il existe encore des usines Fives-Cail à Seclin et Villeneuve-d'Ascq et cette société fait notamment du matériel pour les sucreries, FCB du matériel pour les cimenteries. Mais l'ensemble, qui reste spécialisé dans la chaudronnerie industrielle, a été conquis en 2001 par le Suédois Industri Kapital, au terme d'une OPA. Le château de Javarzay expose des éléments de la vie et des œuvres de J.-F. Cail. Le lycée professionnel de Chef-Boutonne porte son nom. Il a une place dans la ville, et une rue à Paris (10e).