Chenôve

14 700 hab. (Chenoveliers), 742 ha, chef-lieu de canton de la Côte-d'Or dans l'arrondissement de Dijon, en banlieue sud de la métropole bourguignonne. Chenôve, dont le nom vient du chanvre et dont les habitants se nommaient Cheneveliers, fut d'abord un village viticole; on y visite la grosse cuverie des ducs de Bourgogne et ses pressoirs géants (datés du 15e s., mais entretenus et rénovés jusqu'en 1926). C'est maintenant comme un vaste quartier du Grand Dijon, même si quelques vignes, au sud, ont droit à l'appellation marsannay, du nom de la commune voisine. À l'ouest du finage, un petit élément de plateau boisé est surtout occupé par le champ de tir de Chenôve et par l'espace de loisirs du Chapitre.

La ville, qui avait 800 hab. en 1910, a abrité après 1920 de nombreux cheminots employés à la gare de triage dite de Perrigny-lès-Dijon, mais qui est surtout sur le finage de Chenôve où elle occupe plus de 13 ha, et qui a eu jusqu'à 1 200 emplois; la population communale était passée à 2 500 hab. en 1935, et avait atteint 5 500 en 1962. C'est alors qu'elle a été choisie pour une énorme opération d'urbanisme en grands immeubles, simplement dénommée «le Grand ensemble», «zone à urbaniser en priorité» (ZUP) prévue pour 4 600 logements sur 65 ha; la population atteignait près de 22 000 hab. en 1975. Elle s'est réduite ensuite, à la faveur des remodelages de la ZUP, qui fait partie depuis 1995 des «zones franches urbaines» (Le Mail), et s'est abaissée de 1 800 hab. entre 1999 et 2008. La commune, longtemps dirigée par Roland Carraz, qui fut député socialiste puis MdC, et secrétaire d'État de 1983 à 1986, a pour maire Jean Esmonin, socialiste, conseiller général, qui fut député comme suppléant de R. Carraz.

Chenôve, ville fleurie (trois fleurs), a deux collèges et un lycée professionnels publics, une clinique (144 lits, 250 sal.), un institut médico-éducatif, et la partie centrale densément urbanisée est jalonnée par trois centres commerciaux. La ville, qui a équipé une zone industrielle près du triage, totalise plus 2 000 emplois; outre les 300 emplois subsistant au triage, la Sncf déclarant encore en tout 570 salariés, elle abrite la société des transports urbains dijonnais (Divia, groupe Keolis, 640 sal.) et les transports par cars Transdev (50 sal.). L’industrie est représentée par l’usine de caoutchoucs et plastiques Plasto (440 sal., adhésifs et isolation pour automobiles), les pansements Urgo (340 sal., plus 180 pour le siège), les laboratoires Synkem (ex-groupe Fournier, 130 sal., passé à Soàvay puis à l'allemand Chemical Investors ICIG); équipements d'emballage Otor (40 sal.), menuiseries métalliques Boudier (35 sal.) et DIB (35 sal.).

Chenôve a également au sud-est un grand centre commercial avec l’hypermarché Géant Casino (170 sal.) et Brico Dépôt (65 sal.), plus un supermarché U (65 sal.), une entreprise d'insertione en secrétariat et traductions et en déménagements (Idees 21, 210 sal.), le gardiennage Securitas (100 sal.), le nettoyage Carrard (150 sal.), et plusieurs commerces de gros pour les matériaux (Pagot et Savoie, 110 sal.), les équipements pour automobiles Gadest (Jullien, 120 sal.), les appareils sanitaires et matériaux (Doras, 150 sal.) ou les machines-outils (Boutillon, 65 sal.); maintenance de matériel de bureau Solymatic (35 sal.); peinture Royer (40 sal.), aménagement d'espaces verts Duc et Prebeuf (40 sal.), nombreux garages, transports TFE (85 sal.), Chronopost (35 sal.).

Le canton a 26 000 hab. (6 communes) et 5 426 ha (643 de bois); il inclut Longvic et Neuilly-lès-Dijon à l’est, Marsannay-la-Côte, la gare de triage de Perrigny au SE. Perrigny-lès-Dijon (1 500 hab., 671 ha) est juste au sud de Chenôve à 6 km au SSO du centre de Dijon; le territoire communal atteint à l’est l’autoroute A 311 qui y rejoint l’A 31; la commune avait 400 hab. en 1950, 800 en 1975, mais a perdu près de 200 hab. entre 1999 et 2008; elle a reçu un centre commercial, avec hypermarché Cora (300 sal.). et le terminal Dijon-Bourgogne avec un triage; constructions Slombaa (25 sal.).

À l’extrémité orientale du canton, au sud-est de Longvic et au bord du canal de Bourgogne à l’extrémité de l’aérodrome, Ouges (1 200 hab., 1 210 ha) est traversée par le canal de Bourgogne et, surtout, héberge les principales installations de la base aérienne militaire 102 dite de Dijon-Longvic et son personnel, ainsi que la petite aérogare de Dijon; dépôts de munitions, deux pistes de 2 000 et 2 400 m; travaux publics Sdat (85 sal.), constructions antifeu AMS (30 sal.). La population de la commune, a beaucoup fluctué, en partie selon l'activité de la base: 400 hab. avant 1914 et 1 500 après, et 2 700 en 1954, mais seulement 1 200 en 1962 et jusqu’à un creux de 800 hab. en 1982, puis 1 600 hab. en 1999; elle s'est abaissée de 170 hab. en 2008.