Cherbourg-Octeville

41 100 hab. (Cherbourgeois) dont 1 300 à part, 1 426 ha, sous-préfecture du département de la Manche sur le littoral septentrional du Cotentin. La fusion des deux communes et le changement de nom consécutifs datent de février 2000, après un référendum rejeté par quatre autres communes voisines mais approuvé à Octeville; au recensement de 1999, Cherbourg avait 26 700 hab. et Octeville 17 400, et les superficies étaient voisines (respectivement 691 et 735 ha). Octeville est au SO du centre-ville, à l'ouest de la Divelle, le petit fleuve local. La commune de Cherbourg seule avait atteint 43 000 hab. au début du 20e siècle, puis était tombée à 25 000 (sdc) en 1999. Octeville au contraire avait 4 000 hab. vers 1910, 5 400 en 1954, 9 500 en 1968 et était montée à 16 000 dès 1975. De sorte que les deux ont formé un ensemble assez stable de 48 000 habitants (sdc) durant les trois premiers quarts du 20e siècle, mais où la part d'Octeville était passée de moins du dixième à un bon tiers; et cet ensemble a perdu des habitants après 1975, dont 3 100 entre 1999 et 2008.

Le nom de Cherbourg, d'origine scandinave (kjarr-borg), signifie le «fort des marais»; mais elle a été aussi Coriallo en gaulois (même sens) et, par jeu de mots, Caesaris burgus (la ville de César) en latin. La ville ne fut longtemps qu'une bourgade assez exposée, notamment aux invasions anglaises; elle ne s'est vraiment développée que dans la seconde moitié du 19e siècle, à partir de la création du port, engagée en 1783 et terminée seulement en 1853, même si l'avant-port et sa fonction militaire avaient été «inaugurés» en 1813.

Le port comporte une Petite Rade presque fermée et appuyée sur des conquêtes de terrains en mer, protégée à son tour par une Grande Rade artificielle de 1 500 ha à l'abri de jetées construites sur des hauts fonds, d'abord à partir de cônes tronqués élaborés à terre, étirées sur 9 km, protégées par six forts et percées de deux passes: cela en ferait la plus grande rade artificielle du monde (1 500 ha). Le port militaire a été mis en service avec l'arsenal, côté ouest de la Petite Rade, en 1858, en même temps que la voie ferrée Paris-Cherbourg; le port de voyageurs a ouvert en 1869, côté est. L'ensemble compte également un port de commerce, un port de pêche et un port de plaisance (1 500 places, 11 000 escales annuelles): il est donc aussi complet que celui de Lorient. Un casino s'y est ajouté (109e en France, 6,7 M€, groupe Cogit, 35 sal.). Un parc éolien en mer a été proposé par l'allemand Enertrag, pour une puissance de 400 MW..

La gare maritime de 1933 abrite une Cité de la mer (50 sal.): grand aquarium, musée et visite du sous-marin Le Redoutable. Si le port de voyageurs a renoncé aux liaisons transatlantiques, il reçoit des paquebots de croisière (21 escales en 2010, 60 000 passagers) et il est devenu fort actif dans les liaisons transManche, assurées par plusieurs compagnies avec Portsmouth et Poole en Angleterre, Rosslare en Irlande. Néanmoins, il a perdu un peu de son trafic récemment: 1 600 000 personnes, 420 000 voitures et 140 000 camions en 2002, année record, mais seulement 807 000 passagers, 210 000 voitures et 103 000 camions en 2005, puis 675 000 passagers, 194 000 voitures et 70 000 camions en 2009, 559 000 passagers, 158 000 voitures et 56 000 camions en 2010. Le trafic total du port de commerce, longtemps d'environ 4 Mt/an, est tombé à 3,1 en 2005, 1,9 en 2010 (2,2 Mt en 2009). Le nombre total de navires entrés a été de 1 620 en 2009 (dont 1 670 traversiers), 1 390 en 2010 (dont 1 170). Le port de pêche, plus stable, est l’un des deux premiers de la région, le premier en valeur et le second en tonnage après Granville, soit 8 300 t/an et environ 20 M€.

La ville a de nombreux emplois dans la construction navale, notamment par la DCN (Direction des constructions navales, d’État), qui emploie 2 360 personnes et dont l’arsenal s’est spécialisé dans la construction de sous-marins et de vedettes militaires. S'u ajoutent les CMN (Constructions mécaniques de Normandie, 410 sal., patrouilleurs et yachts), propriété de l’homme d’affaires libanais Iskander Safa et qui a pour filiale JMV Industrie (100 sal., yachts et navires de course), ainsi que MSI Marine (120 sal.) pour les navires civils et des services aux entreprises (50 sal.), ICAN (85 sal.) pour les navires civils; le Port emploie 70 personnes. Dans d'autres domaines, mécanique Sepfa (55 sal.) et Simon (50 sal., matériel de beurrerie); s'y ajoute une fabrique de vêtements Socoval (70 sal.).

Cet éventail se complète notamment par l’imprimerie de presse SCE (La Manche, 120 sal.), filiale du groupe Ouest-France; les ingénieries Assystem (150 et 80 sal., sous-marins), Eurodoc (150 sal., nucléaire), MPH (140 sal., nucléaire et naval), Cerap (65 sal., radioprotection), TMAN (65 sal., nucléaire), Techno Pro (35 sal.), CDEL (30 sal.); informatique Euriware (70 sal.); maintenance électronique A+Métrologie (55 sal.); génie thermique Fouchard (Sanitherm, 35 sal.).

Dans la commune sont un hypermarché Carrefour (240 sal.) et deux Carrefour Market (30 sal. chacun), un Intermarché (85 sal.), magasins But (30 sal.); assurances Allianz (55 sal.), comptabilité KPMG (40 sal.); travail temporaire Adecco (190 sal.) et Adia (140 sal.); gestion d'HLM Cités cherbourgeoises (50 sal.) et HLM du Cotentin (40 sal.); maçonnerie Faucillion (40 sal.), travaux publics Eiffage (85 sal.) et Colas (75 sal.); nettoyages Onet (280 sal.) et Sin & Stes (100 sal.), publicité Adrexo (50 sal.) et mediapost (35 sal.); EDF compte 210 emplois, la Sncf 50, les Brittany Ferries 70, France-Bleu Cotentin 60.

Cherbourg est devenue un centre de services pour tout le Cotentin, avec centre hospitalier de 470 lits, quatre lycées publics et quatre privés, un lycée maritime et aquacole, un campus de l'université de Caen-Basse-Normandie avec un IUT (900 étudiants), des licenes de sciences et technologies, langues étrangères, commerce international, une antenne de l'Ensicaen (ingénieurs); école de commerce. La ville dispose également d’un museum, d’un musée Thomas Henry (Cherbourg et la mer), d’un musée de la Libération. L’aéroport (à Gonneville) n'a toutefois plus de ligne régulière. Deux zones urbaines sensibles ont été reconnues dans la ville: le Maupas à l’est, les Provinces au sud; cette dernière, très étendue, est zone franche depuis 1996. Le maire est Bernard Cazeneuve (socialiste), juriste, député.

L’arrondissement a 191 900 hab. (191 000 en 1999), 15 cantons, 190 communes, 163 930 ha. Les deux cantons partagent la commune, mais de fait le canton d’Octeville est devenu un troisième canton sous le nom de Cherbourg-Octeville-Sud-Ouest (v. Octeville). L’unité urbaine Insee est donnée pour 85 500 hab., l’aire urbaine pour 115 900. La communauté urbaine de Cherbourg, également présidée par B. Cazeneuve, compte 85 100 habitants et cinq communes, les quatre autres étant Querqueville au NO, Équeurdreville-Hainneville à l'ouest, Tourlaville et La Glacerie à l'est.