Cognac

19 700 hab. (Cognaçais) dont 650 à part, 1 550 ha, sous-préfecture du département de la Charente, 40 km à l'ouest d'Angoulême. Le centre-ville est sur la rive gauche de la Charente, qui coule dans la ville du nord vers le sud; il est donc à l'est du fleuve, au bord duquel subsiste le vieux château fort des Valois, où naquit en 1494 le futur François 1er; le château, qui date des années 1450 et a une aile du 16e siècle, appartient à la firme de cognac Otard; il est flanqué de la porte de ville Saint-Jacques, à deux tours carrées. Vers le sud et près du fleuve également se trouve le long bâtiment du musée du cognac.

Cette vieille ville en forme d'ellipse est entourée de rues parallèles aux anciens murs. Elle est bordée au sud par de grands chais. Au sud-est, la poste, le palais de justice et le palais des congrès mènent à la place François 1er, qui occupe l'emplacement de l'ancienne porte vers Angoulême et qui est devenue le véritable centre de la ville. Plus au nord, le centre historique est bordé par le vaste jardin public à l'anglaise, où trône l'hôtel de ville et que borde le musée de Cognac (art et histoire). Au-delà règnent des chais, le stade et, en bord de Charente, le grand parc qui porte aussi le nom de François 1er, et qui a été très affecté par la tempête de décembre 1999. La ville a trois collèges publics et un privé, deux lycées publics et un privé, un centre hospitalier, une maison de retraite. Elle organise trois festivals par an: du film policier en avril, les Blues Passions en juillet, le Coup de Chauffe (arts de la rue) en août, le salon de littérature européenne en novembre.

Même si la commune de Cognac ne cultive plus guère de vignes (98 ha), l’activité économique reste dominée par le cognac, dont les plus grandes firmes sont implantées dans la commune: Hennessy (au groupe LVMH, 600 sal.), Rémy-Martin (groupe Rémy-Cointreau, 400 sal. avec de nouvelles installations à Merpins), Martell (groupe Pernod-Ricard, 330 sal.), Camus (150 sal.), Otard-Château de Cognac (45), Distilleries de Matha (45 sal.), Larsen (30 sal.), Prunier (25 sal.) notamment — le second centre est Jarnac; v. Cognac (Vignoble de). D’autres activités sont en partie liées au cognac, comme les magasins généraux (Oreco, 45 sal.), le négoce de boissons H. Mounier (100 sal.), la tonnellerie Vicard (45 sal.), les imprimeries Litho-Bru (140 sal.) et Bidoit (40 sal.), le triage et conditionnement STM (80 sal.).

Dans de tout autres domaines travaillent Aérazur, au groupe Zodiac, qui fabrique des toboggans pour avions et des gilets de sauvetage (250 sal.); chaudronnerie et traitement de surfaces Martin (30 sal.), maçonnerie Mannalin (25 sal.) finitions de bâtiment BTP-Services-Plus (40 sal.), peinture Roger (25 sal.), installations électriques Brunet (30 sal.); négoce et maintenance d'informatique Sogemap (Neva, 20 sal.); nettoyage AAZ (55 sal.), travail temporaire Espace Intérim (55 sal.); assurances Coates (35 sal.). La distribution est représentée par l’hypermarché Leclerc de 260 sal., un Intermarché (45 sal.) et des magasins comme le bricolage Barley (25 sal.); transports Rousseau (45 sal.), autocars Citram (Veolia, 40 sal.).

La commune de Cognac s’était agrandie en 1867 en annexant sa voisine occidentale Crouin (840 hab.); elle avait alors 9 400 hab., est passée à 20 000 en 1896 puis a décliné jusqu’à 16 300 en 1936; après la guerre, elle a repris une croissance jusqu’en 1975 (22 200 hab. sdc) puis est revenue vers 20 000 hab.; elle a 400 hab. de moins qu'en 1999. Cognac a sa zone urbaine sensible (2 500 hab.), formée surtout par le grand ensemble de Crouin à l’ouest de la commune, rive droite. La majorité municipale, longtemps à droite, est passée à gauche en 2008; le maire est Maurice Gourinchas, socialiste, conseiller régional. La communauté de communes de Cognac correspond exactement aux deux cantons et siège dans la ville. L’unité urbaine est de 27 100 hab., l’aire urbaine de 48 100 hab. L’arrondissement a 91 600 hab. (83 100 en 1999), 9 cantons, 112 communes, 147 100 ha; il s'est accru en 2008 par le transfert du canton de Rouillac, précédemment dans l'arrondissement d'Angoulême, et il est ainsi devenu voisin de l'arrondissement de Confolens au nord.

Les 2 cantons ont 35 000 hab. à peu près comme en 1999, 14 communes, 18 273 ha dont 2 686 de bois et sont les plus occidentaux du département, formant un saillant dans le département de Charente-Maritime. La partie septentrionale s’étire le lond de la vallée de l’Antenne, qui rejoint la Charente juste en aval de Cognac; Châteaubernard, au sud, est la principale banlieue. Au sud-ouest, Ars (750 hab., 1 140 ha dont 317 de vignes) et Gimeux (740 Gimeusiens, 740 ha dont 222 de vignes) sont en Grande Champagne, de part et d’autre de la vallée du Né, à 8 km SO de Cognac. Ars accueille un musée artisanal et rural, les cognacs Ferrand (45 sal.), les plats cuisinés du Dragon d’Or (30 sal.), plus un atelier d’Aérazur (Zodiac, 40 sal.) de Cognac.

Les deux communes sont séparées de Cognac par le territoire de Merpins (1 050 Merpinois, 1 046 ha), qui jouxte la ville au SO et a équipé une vaste zone industrielle; la firme Rémy-Martin de Cognac y a transporté ses productions et expositions (290 sal.); Schneider y a une usine de voyants et commandes électriques (240 sal., ex-Télémécanique); tonnelleries Seguin-Moreau (220 sal., groupe Oeneo) et Taransaud (170); métallerie 3R (Prulho, 70 sal.), conditionnements et contrôles de tri CST (30 sal.). Le village ancien de Merpins, qui est à 6 km de Cognac sur la rive gauche de la Charente, a des restes d’un château féodal sur un ancien oppidum; à la Frenade au sud de la commune près de la zone industrielle, subsistent quelques restes d’une vieille abbaye bénédictine de 1148. Merpins a gagné 90 hab. de 1999 à 2008.

Au nord de la Charente et à l’ouest de Cognac, trois communes viticoles sont dans les Borderies. Javrezac (660 Javrezacais) n’a que 366 ha de superficie totale mais ses viticulteurs exploitent 386 ha de vignes, au bord de l’Antenne et à la limite de la ville de Cognac; fabrique de palettes de bois Rem (30 sal.), gardiennage Sig France (45 sal.); la commune a perdu 50 hab. depuis 1999, comme Saint-Laurent-de-Cognac (900 Saint-Laurentais, 1 087 ha dont 361 de vignes), qui a un atelier de traitement des déchets vinicoles Revico (25 sal.); la mention «de Cognac» est de 1956. Louzac-Saint-André (1 080 Louzacais-Andrésiens, 1 004 ha dont 290 de vignes), un peu plus loin, a gagné 60 hab. de 1999 à 2008. Elle est issue d'une fusion de 1972; Saint-André, au nord, avait alors 210 hab.

Au-delà de Cherves-Richemont, Saint-Sulpice-de-Cognac (1 300 Saint-Sulpiciens, 2 382 ha dont 642 de bois), à 10 km NO de la ville sur la rive droite de l’Antenne, cultive 570 ha de vignes dans un terroir assez boisé qui jouxte celui de Burie; son nom a été allongé en 1933; la commune a eu 2 000 hab. en 1861 mais sa population est assez stable depuis 1926; elle s'est accrue de 90 hab. entre 1999 et 2008. Bréville (540 Brévillois, 1 539 ha), tout au nord du canton à 13 km NNE de Cognac, cultive 378 ha de vignes.

Deux communes se tiennent au-dessus de la rive droite de la Charente en amont de Cognac. Boutiers-Saint-Trojan (1 400 Boutiérois, 713 ha), juste au NE de la ville, a aussi des vignes (241 ha); la commune est issue d’une fusion de 1859; elle a eu 750 hab. environ de cette date à 1950, puis a grandi, du moins jusqu’en 1990. Saint-Brice (1 120 Saint-Briçois, 930 ha dont 153 de vignes et 238 de bois) a moins d'habitants, mais est plus connue, pour abriter à la fois le golf de Cognac, un château des 16e et 17e s., acquis par les Hennessy, le «logis» de la Garde-Épée du 17e s. accompagné d’un gros pigeonnier, et la haute et sévère église à façade saintongeaise de l’abbaye de Châtres; elle a gagné 110 hab. de 1999 à 2008.