Corrèze (département de la)

département de la région du Limousin, au sud-est. La préfecture est Tulle, les sous-préfectures sont Brive-la-Gaillarde et Ussel. Il s'étend sur 5 857 km2 et se divise en 37 cantons et 286 communes, regroupées en 23 communautés de communes et une communauté d'agglomération (Brive), elles-mêmes réunies en six pays: Vézère-Auvézère, Brive, Tulle, Égletons, Haute-Corrèze et Vallée de la Dordogne. La Corrèze, qui tire son nom de l'affluent de la Vézère, est limitrophe des départements du Puy-de-Dôme, du Cantal, du Lot, de la Dordogne et des deux autres départements limousins.

Le gentilé du département est Corrézien. Le conseil général a une majorité de gauche depuis 2008 et il est présidé par François Hollande, socialiste, élu du canton de Vigeois, député, et précédemment maire de Tulle. La Corrèze a trois députés, deux socialistes dont le maire de Brive et le président du Conseil général, un UMP; deux sénateurs, tous deux socialistes.

La population officielle du département était de 232 600 hab. en 1999, alors en diminution: elle avait atteint 237 900 hab. en 1990, 240 400 en 1975. Elle a culminé à 328 200 en 1891, ce qui dénote une forte dépopulation durant un siècle. Mais les estimations Insee de 2008 donnent 242 500 hab., en progrès sur 1999: le déficit de naissances semblerait désormais mieux que compensé par l'excédent d'arrivées sur les départs, à moins que les nombres de 1999 aient été sous-estimés.

La base industrielle de l'activité n'est pas négligeable, au moins à Brive, ainsi qu'à Tulle et même à Ussel, et elle s'est diversifiée: on compte 3 000 salariés dans la mécanique et la métallurgie, 2 800 dans l'agro-industrie, 1 900 dans le bois et le papier, 1 700 dans l'électronique. L'activité touristique s'accroît et l'hôtellerie au sens large emploie 1 400 salariés. Le taux de chômage est très inférieur à la moyenne nationale. L'agriculture est le fait de 5 000 exploitations et 6 000 travailleurs, utilisant 234 000 ha dont 168 000 (72%) toujours en herbe, et sur le reste les prairies temporaires l'emportent très largement sur les céréales; les trois quarts du produit agricole viennent de l'élevage (316 000 bovins). Néanmoins, la Corrèze compte aussi 3 200 ha de vergers, surtout de pommiers (au nord-ouest), plus des noyers (au sud, vers Meyssac et Beaulieu).

La Corrèze est également un producteur d'électricité non négligeable grâce à ses nombreux et grands barrages, qui contribuent aussi à l'attractivité touristique. Ses équipements ont bénéficié d'une longue tradition de subventions publiques obtenues par des élus influents, dont le prototype fut Henri Queuille. Le produit brut total est d'environ 4,5 milliards d'euros par an, ce qui, par habitant et par emploi, situe la Corrèze dans la moyenne régionale, avant la Creuse et après la Haute-Vienne.

Le département est tout entier sur le massif ancien et sa petite dépression périphérique des terrains du trias et du lias (bassin de Brive). Il comprend toute la gamme des altitudes régionales, de ce bassin aux sommets des Monédières. La disposition du relief, élevé au nord dans la Montagne limousine, incisé au sud par les gorges de la Dordogne et de ses affluents, dessine un large couloir du SO au NE, voie traditionnelle de l'Auvergne vers l'Aquitaine, pourvue d'une voie ferrée et désormais d'une autoroute (A 89) allant de Clermont-Ferrand (et donc Lyon) vers Bordeaux. Il forme l'axe long du département, reliant ses trois chefs-lieux Brive, Tulle et Ussel, ainsi d'ailleurs qu'Égletons.

Ces villes sont d'autant plus étoffées qu'elles se situent plus près de la plaine, ce qui fait que la préfecture (Tulle) est ici nettement moins peuplée que la sous-préfecture Brive. Celle-ci est la seule d'ailleurs à disposer d'une communauté d'agglomération. Elle profite de sa position en bordure du Massif Central, et surtout du passage de l'axe le plus fréquenté, qui recoupe le précédent à Brive même: il est nord-sud et correspond à la radiale parisienne vers Toulouse; il dispose d'une grande voie ferrée et la N 20 y est désormais devenue l'autoroute A 20; mais les projets de liaison ferroviaire à grande vitesse ont été différés ou abandonnés, y compris le projet de train pendulaire.

Cet axe nord-sud est très décalé vers l'ouest du département qui, moins élevé que les autres parties, bénéficie également de paysages moins austères, de circulations faciles et d'un climat amène. Il associe des contrées un peu différentes, le plateau ancien à vergers et herbages autour d'Uzerche et Pompadour, les fortes collines du pays d'Yssandon à l'ouest de Brive, la plaine de la Tourmente vers Turenne et Meyssac-Collonges au sud de Brive, et même un petit morceau du causse de Martel. Au sud-est au contraire, les plateaux de la Xaintrie sont coupés par de profondes gorges (Dordogne, Maronne, Cère) et souffrent d'un certain isolement, que ne compensent pas vraiment leurs superbes paysages.