Corte (Corti)

6 700 hab. (Cortenais) dont 380 à part, 14 927 ha dont 5 163 de bois, sous-préfecture de Haute-Corse, à 490 m. C'est la seule ville véritable à l'intérieur de la Corse. Elle a profité d'abord d'un couloir naturel entre le massif cristallin à l'ouest et les hauteurs mouvementées de la Castagniccia à l'est, et plus tard de sa position même à mi-distance des rivales Ajaccio et Bastia. Tôt fortifiée, plus tard fief du remuant d'Istria, puis point d'appui essentiel des Gênois dans l'intérieur de la Corse, elle fut la capitale de la Corse indépendante entre 1751 et 1768; d'abord siège d'un pouvoir indépendant au début des années 1750 sous l'autorité du médecin Gaffori, elle fut choisie en 1755 par Pascal Paoli comme siège du gouvernement de la Corse et dotée par lui d'une université en 1765. Le rattachement à la France et ses vicissitudes la privèrent ensuite de ce rôle. C'est seulement en 1981 qu'elle en retrouva une partie, avec la création de l'Université de Corse.

La ville est dominée par l'antique citadelle, juchée très haut sur un piton qui commande de plus de 100 m la petite de confluence du Tavignano, de la Restonica et de l'Orta. Toutefois, la citadelle, prolongée au sud par le Nid d'aigle (auditorium de la phonothèque et expositions) et le Belvédère qui donnent des vues superbes, n'a que peu de maisons: la place d'Armes et le Musée de la Corse (musée régional d'anthropologie), installé dans l'ancienne caserne désaffectée en 1983, occupent la plus grande partie du plateau. Sur les pentes orientales de la butte se serre l'essentiel de la Ville Haute, où sont le Palais national, ancien siège du gouverneur gênois, puis du gouvernement et de l'université, récemment affecté à l'Université de Corse; la place Gaffori, centre de la ville avec église et maisons anciennes, dont la maison natale de Joseph Bonaparte; la place Paoli, qui fait le lien avec la Ville Basse. Celle-ci s'étale vers l'est et surtout le long du cours Paoli où sont les principaux magasins et qui mène à l'hôtel de ville et à son jardin public.

L'Université est devenue la grande affaire d'une ville qui reste de petite taille et qui n'a guère d'industrie. Elle a pris le nom de Pascal Paoli, comme le lycée local, compte plus de 4 000 étudiants inscrits et offre un assez large éventail d'enseignements en droit, lettres et sciences humaines, sciences économiques et gestion, sciences et techniques, sciences du sport (Staps), sauf dans le secteur médical et avec un investissement modéré en sciences physiques; elle inclut des activités de recherche, en partte fédérées dans un Institut de l'Environnement; elle comporte un IUT polyvalent (6 DUT, 5 licences professionnelles). À Corte sont aussi établies la Maison du Parc régional et le FRAC (Fonds régional d'action culturelle) qui organise des expositions. La ville a un hôpital (120 lits), un collège public de 420 élèves associé à un lycée de 390 élèves qui offre 120 places d'internat, une maison de retraite, un institut médico-éducatif. La gare est la plus active de Corse avec 74 000 départs annuels, juste avant Ajaccio. Un aérodrome est installé au SE de la ville, au bord du Tavignano, avec une piste en béton de 940 m, et un aéroclub.

La commune, très étendue, a 24 km d'ouest en est. Vers l'est, elle occupe 8 km N-S de la petite plaine centrale, où se concentrent les voies de circulation. Vers le sud-ouest, elle atteint la crête principale de la Corse sur une douzaine de kilomètres, du monte Rotondo (2 622 m) au sud au Capu a u Tozzu (2 007 m) au nord. Elle englobe ainsi la totalité du bassin de la Restonica, plus les gorges et la forêt domaniale du Tavignano et, plus haut, le flanc sud de la haute vallée du Tavignano avec la forêt domaniale du Campotile.

La partie inférieure du bassin de la Restonica est marquée par les gorges du torrent et la forêt communale de Corte-Restonica; une route court sur 16 km jusqu'à l'ancienne bergerie de Grovelle; de là, des sentiers donnent accès au monte Rotondo et, sous la punta a e Porte (2 313 m), aux beaux lacs glaciaires de Melo (ou di Melu, 5 ha, 1 711 m) et du Capitello (ou Capitellu) à 1 930 m, sur 4 ha et profond de 42 m; voire au lac de Goria (1 852 m) qui est du côté du Tavignano. Au bout de cette dernière, le lac Nino (6,5 ha), à 1 743 m, sous le Tozzu et la punta Artica, est très apprécié des randonneurs et sur le trajet du GR 20.

Le canton se limite à la commune. La microrégion de Corte, la deuxième de l'île par l'étendue, a 11 600 hab. sur 923 km2, et seulement 16 hab./km2. L'arrondissement de Corte a 31 100 hab. (contre 29 700 en 1900), 109 communes 10 cantons. On appelle parfois Cortenais les environs de Corte.

Le chemin de fer en Corse

Le transport ferroviaire corse a des aspects héroïques: la construction des lignes exigea d'énormes travaux, dont le vaste chantier du tunnel de Vizzavona qui a presque 4 km de long (v. Vivario), et quantité d'ouvrages d'art. Actuellement, 232 km de lignes sont en fonction, à l'écartement métrique; la compagnie dispose de 17 autorails (dont 3 de 1949…), 3 locotracteurs et quelques wagons, et transporte 210 000 passagers par an (environ 18 millions de passagers x kilomètres), mais très peu de fret. La ligne Bastia-Ajaccio mesure 158 km (dont 84 km de Corte à Ajaccio), la bretelle de Ponte-Lecce à Calvi 74 km. Deux tronçons, de Bastia à Lucciana (Casamozza) et de Calvi à L'Île-Rousse, ont des dessertes fréquentes, sinon «cadencées», sous les noms emphatiques de «métro de Bastia» (190 000 tickets) et «tramway de Balagne» (450 000 en 2002, moins ensuite). Commencés en 1878, les travaux furent achevés en 1888 sur Bastia-Corte, 1890 sur Ponte-Lecce-Calvi, 1894 sur Corte-Ajaccio. Une autre voie avait été lancée de Bastia vers Ghisonnaccia, atteinte dès 1888, et continuée en 1935 jusqu'à Porto-Vecchio; détruite par les Allemands en 1943, elle n'a pas été reconstruite. Le réseau a failli être abandonné plusieurs fois, privatisé en 1965, finalement repris en 1983 par la Sncf. Il est très apprécié localement, et par certains touristes. Cf. notamment http://home.nordnet.fr/~lbeaumadier, http://garecorse.free.fr.