Couiza

1 200 hab. (Couizanais), 677 ha, chef-lieu de canton du département de l’Aude dans l’arrondissement de Limoux, 15 km au sud de la ville dans la vallée de l’Aude, au confluent du ruisseau de la Sals. On y visite le château des ducs de Joyeuse (16e s.), à grosses tours rondes, devenu usine puis centre culturel agricole et hôtellerie (25 sal.). Couiza a un collège public, quelques ateliers (produits de beauté Solaroma, coopérative de jus de fruits), un transporteur (Groce, 25 sal.), mais a perdu ses anciennes chapelleries. La population communale de Couiza a fluctué au gré des possibilités d’emploi, entre 900 et 1 400 hab. pendant plus d’un siècle; elle avait tendance a diminuer légèrement depuis 1975, mais est restée égale après 1999. La communauté de communes du pays de Couiza (24 communes, 4 400 hab.) excède un peu les limites du canton.

Le canton a 4 000 hab. (3 600 en 1975), 22 communes, 25 864 ha dont 10 096 de bois et garrigues; très accidenté et boisé, il est fort riche en traces du passé et en sites d’agrément. Montazels (530 Montazelois, 439 ha), face à Couiza sur la rive gauche de l’Aude, en a la gare; la commune a perdu sa dernière chapellerie en 2002 dans un incendie; sa population s'est accrue de 50 hab. depuis 1999. Luc-sur-Aude (210 Lucois, 767 ha), juste au nord de Couiza rive droite, a une petite fabrique de chocolats et confiserie (Nougalet, 30 sal.).

Le canton déborde un peu à l’ouest de l’Aude, jusqu’à Roquetaillade (210 Roquetailladois, 1 135 ha dont 141 de vignes), 10 km NNO de Couiza, commune viticole (120 ha pour la blanquette) avec des restes de château féodal et un clocher-mur; un site de huit éoliennes Gamesa (5,3 MW) de 2001 a été complété en 2009 par un ensemble de 20 Gamesa plus puissantes (17 MW ensemble), le tout pour la Compagnie du Vent. La Serpent (80 Serpentois, 959 ha dont 283 de bois), 7 km NO de Couiza, a un gros château du 17e s. aux allures versaillaises. Surtout, le canton s’étire au SE de Couiza jusqu’à atteindre la grande crête que suit la limite départementale de l’Aude et des Pyrénées-Orientales, par le roc Paradet (900 m).

Cette barre est sciée par l’Agly dans les superbes gorges de Galamus à Cubières-sur-Cinoble (100 Cubiérois, 1 448 ha dont 770 de bois), à l’extrémité SE du canton, 28 km au SE de Couiza, qui a aussi un petit musée de minéraux et fossiles et a gagné 40 hab. depuis 1999. Le point culminant, visible de très loin, est le pic de Bugarach (1 230 m), un beau crêt restant d’un chevauchement des plis prépyrénéens, curieusement devenu haut lieu de fantasmes ésotériques contemporains; le village de Bugarach (200 Bugarachois, 2 662 ha dont 2 100 de bois) est au pied, à 18 km SE de Couiza dans la petite vallée de la Blanque, affluent de la Sals; ruines de château. C'est aux prisonniers bugarachois de la guerre de Sept ans (1756-1763) retenus en Pologne que l'on doit la confection des chapeaux: après leur libération ils ont rapporté au village un savoir-faire acquis en captivité, y faisant naître l'industrie chapelière, qui s’est déplacée ensuite à Couiza et Espéraza.

En aval au bord du Sals, Rennes-les-Bains (170 Rennois, 1 877 ha dont 1 423 de bois) maintient une station thermale de poche à 10 km ESE de Couiza, sous les hauteurs tapissées par la forêt domaniale du Rialsesse, plantée en pins d’Autriche à la fin du 19e siècle et qui compte aussi quelques beaux cèdres; Rennes-les-Bains a eu plus de 500 hab. au milieu du 19e s.; elle figure dans les «stations vertes de vacances» et propose un musée archéologique. Un peu en amont (4 km) dans la vallée de la Sals, Sougraigne (90 50 Sougraignois, 1 843 ha dont 789 de bois) exploita jadis le sel d'une source salée (domaine de la Sals, en fonction au 19e s.) et un gisement de jais, dit ici jayet (mine des Anglais); elle a 40 hab. de plus qu'en 1999. Fourtou (60 Fortonais, 2 046 ha dont 656 de bois) est très isolée dans le relief, 8 km plus à l’est, sur une petite route menant à Mouthoumet; la commune, sous la forêt de Rialsesse, est aux têtes de l’Orbieu et tend à tourner le dos à Couiza; elle a eu 450 hab. au milieu du 19e s., 260 en 1911.

De l’autre côté de la forêt à 12 km à l’est de Couiza, Arques (270 Arquois, 1 853 ha dont 1 096 de bois), qui a dépassé 500 hab. pendant tout le 19e s., a regagné 70 hab. depuis 1999; elle occupe un petit bassin et son nom a été repris par la grande coopérative de la Blanquette de Limoux («Sieur d'Arques»), mais on n’y cultive plus de vigne; le village conserve un château (1280-1310) à haut donjon carré (25 m) et la musée-maison natale de Déodat Roché (1877-1978), historien enflammé du catharisme; un lac de 5 ha sert de base de loisirs; arboretum. Serres (60 Serrains, 406 ha), un peu en aval (7 km à l’est de Couiza), a un château du 15e s. (avec spectacles), un beau pont de pierre du 17e s. et un musée du Tinel (vigne et vin). Coustaussa (60 Coustaussans, 447 ha dont 202 de bois), 3 km à l’est de Couiza, expose les belles ruines d’un des plus puissants châteaux forts du pays.

Le village le plus connu du canton est toutefois Rennes-le-Château (90 Rennains, 1 468 ha dont 410 de bois), perché sur une butte au-dessus de Couiza (4 km par la route, au sud), haut lieu de fantasmes et de célébrations d’un catharisme de foi et plus encore de pacotille, où l’on n’arrête jamais de découvrir histoires mystérieuses et mentions de trésors, cachés ou discrètement découverts; et, surtout, mythifiés à la fin du 19e siècle par deux curés aussi mystérieux que localement célèbres, au fil d’histoires échevelées reprises plus récemment par d’astucieux bateleurs comme Pierre Plantard, ou Dan Brown dans le trop fameux Da Vinci Code. Ce Rennes est ainsi un fief de l’ésotérisme au sommet d’un rocher étroit et débonnaire où il n’y a jamais assez de place pour les visiteurs. La commune, dont la population a augmenté un peu depuis les 65 hab. de 1982, propose un musée; le château a été détruit dès 1170 par les soldats du roi d’Aragon et n’a donc aucun lien avec l’histoire de la croisade cathare.