Creutzwald

13 700 hab. (Creutzwaldois) dont 300 à part, 2 672 ha dont 1 437 de bois, commune de la Moselle dans le canton de Bouzonville, 12 km au nord de Saint-Avold par la N 3. La ville, dont le nom fut Creutzwald-la-Croix jusqu’en 1961, est juste à la frontière, de part et d’autre de la petite vallée de la Bist (ou Bisten), dans le Warndt. L’ancien site minier de la Houve est à l’ouest de la ville, au cœur de la forêt domaniale de même nom, en deux mines distinctes; le puits du Petit-Barrois s’y ajoutait, mais au sud-est. Les Houillères y avaient encore 1 800 salariés en 1995. La Houve a été la dernière mine lorraine de charbon à fermer, en avril 2004. La voie ferrée passe auprès, et la ville juxtapose plusieurs cités minières et ouvrières. Quatre quartiers sont en «zone urbaine sensible» et d’éducation prioritaire: le vaste ensemble de cités Breckelberg, Fatima, Garang à l’est et la cité Maroc au sud-ouest, sous le bois de la Houve.

La ville entretient un large éventail d’établissements industriels: Johnson Controls (380 sal.) fabrique des pièces pour automobiles, surtout des pare-soleil; TMD Friction (allemand, 210 sal.), des plaquettes de frein; Lormafer (150 sal.), des wagons; Cooper Standrard (ex-ITT Automotive, 75 sal.) fait des pièces métalliques pour l’automobile, Steri (90 sal.) de la mécanique, Steeltech ex-DBT du matériel minier (avec Sarreguemines, ensemble 100 sal.); dans d’autres domaines, Metralor (équipements electriques pour transmissions, 50 sal.), et Creutzwald Injection (60 sal.), outils au carbure OECM (45 sal.); produits charcutiers Braun Charculor (105 sal.) et viandes Codec (35 sal.); ingénierie Arma (20 sal.).

Dans d’autres domaines, négoces de jouets et jeux Hasbro (50 sal.), de fournitures industrielles Klauke (25 sal.), de matériel électrique Eltech (25 sal.); installations thermiques Sani Régul (30 sal.), peinture Iso Décor (20 sal.), entreprises de transports Tramosa (120 sal., mi-allemand mi-espagnol), Keller (45 sal.), Guldner (35 sal.), conditionement Lorraine Logistique (20 sal.); publicité C. Masson (35 sal.); distribution d’électricité RMEC (25 sal.), traitement des eaux Société des Eaux de l’Est (25 sal., groupe de la Lyonnaise).

La ville a deux collèges, un lycée général et un lycée professionnel publics, un hôpital privé (15 lits); hypermarché Leclerc (380 sal.); supermarchés Simply (30 sal.) et Intermarché (25 sal.). De 1 400 hab. en 1890, la population de la commune est passée à 3 000 en 1911, 10 300 en 1031, et a culminé à 15 500 en 1975. Elle a baissé depuis, et perdu 900 hab. entre 1999 et 2008. La mairie a été dirigée par le sénateur André Bohl (UDF-Union centriste) de 1973 à 2007; le maire est Jean-Luc Wozniak, sans étiquette mais à la tête d’une liste de droite, depuis cette date. Creutzwald est le siège de la communauté de communes du Warndt (5 communes, 18 300 hab.). L’Insee lui attribue une aire urbaine et une unité urbaine de même taille (17 100 hab.), ce qui n’a pas grand sens en l’occurrence.

Edison à Creutzwald

Creutzwald comptait parmi ses fleurons la fabrique de téléviseurs Continental Edison. La marque avait été créée par Thomas Edison en 1882; elle avait été acquise par la CGE en 1958, puis par Thomson en 1971; mais Thomson choisit en 1986 de miser sur ses marques Saba et Telefunken, et sous-traita les installations de Creutzwald à Grundig. Celui-ci employait encore un millier de personnes quand il décida de fermer en 1993. Un épisode malheureux amena la reprise de la marque Continental Edison par l’entrepreneur gallois Gooding (GCE), qui obtint de baisser l’effectif à 350 personnes, en échange d’avantages considérables, puis abandonna aussitôt après avoir encaissé les subventions publiques, à la grande indignation de la Commission européenne (http://www.doctsf.com). Thomson accepta que la firme française Cofidur, sous-traitant en électronique, fasse revivre le nom en 1997, mais pour fabriquer des ordinateurs individuels (PC), en reprenant 200 employés; en 2002 toutefois, Cofidur à son tour renonçait; puis la holding algérienne K&S (famille Aït Yala) a repris le nom et 50 personnes, en s’orientant vers les écrans plats; mais, dernier avatar en date, ce repreneur abandonnait en 2006 au profit de la société chinoise de Xiamen Xoceco, qui a conservé une trentaine de salariés, en produisant des téléviseurs à écran plat de sa marque Prima, sous le nom de Novel Vision. Puis Xoceco a fermé en 2008 après son rachat par un coréen. L’ensemble des installations a été rasé en 2011.