Digne-les-Bains

17 700 hab. (Dignois) dont 1 670 à part, 11 707 ha dont 4 040 de bois, préfecture des Alpes-de-Haute-Provence. La ville est dans la vallée de la Bléone, à 608 m. Le vieux noyau en ellipse est au-dessus du confluent des Eaux Chaudes et de la Bléone, autour de la nouvelle cathédrale (15e et 19e s.); il est flanqué côté nord par le grand axe du boulevard Gassendi, où sont la grand-place et l'hôtel de ville, tandis que la préfecture, l'hôtel du département et le palais de justice sont à l'est de la cathédrale. La ville a conservé de beaux hôtels particuliers dont Thoron de la Robine (16e s.), et s'est enrichie au 20e s. de la maison de la méditation (Samten Dzong) d'Alexandra David-Néel, qui abrite un musée consacrée à l'exploratrice et écrivaine (1868-1969). Digne a aussi une fontaine monumentale du 19e s., un musée départemental près du jardin botanique des Cordeliers, un musée d'art religieux, un musée de la Seconde Guerre mondiale; l'ancienne cathédrale (11e au 15e s.), dite Notre-Dame du Bourg, est au nord-est.

Outre sa fonction de préfecture, Digne est une station thermale, dont les eaux sortent à 50 °C dans la petite vallée des Eaux Chaudes. Elle accueille environ 6 000 curistes par an (110 000 nuitées); la société thermale, du groupe Eurothermes, emploie 100 salariés. Mais la mention «les Bains» ne date que de 1988. La ville, fleurie (trois fleurs) a deux collèges et trois lycées publics, un collège et deux lycées privés, un centre d'apprentissage privé. Elle est dotée d'un centre hospitalier de 130 lits médicaux (480 en tout), un centre de rééducation, un institut médico-éducatif et plusieurs maisons de retraite, un centre d'aide par le travail, une maison d'arrêt; plus un hôpital psychiatrique à 5 km du centre au sud-ouest, sur la rive droite de la Bléone.

Les autres entreprises sont plutôt discrètes: Caisse d'Épargne (50 sal.), Banque de France (30 sal.), agence du journal Le Provençal (25 sal.), gestion comptable CAC (20 sal.), gestion immobilière HLM 04 (70 sal.); hypermarché Carrefour (250 sal.), Intermarché (55 sal.) et magasins; négoce alimentaire Montel (60 sal.), garages, entreprises de bâtiment, installations électriques (Cegelec, 35 sal.); Chemins de fer de Provence (Sncp, 50 sal.); France-Télécom déclare 300 salariés.

Digne a eu environ 7 000 hab. vers 1900, 10 000 en 1954, 15 000 en 1974. Sa population est stable depuis 1990 autour de 16 000 (sdc). Elle a absorbé dès 1862 Courbons (410 hab.) au nord-ouest, Gaubert (370 hab.) au sud-ouest sur la rive gauche, et Les Sieyes (340 hab.) à l'ouest, rive droite; puis en 1974 Les Dourbes, au sud-est, qui n'avaient plus que 60 hab. contre 250 un siècle avant. Le quartier du Pigeonnier-Barbajas, au sud-est dans la vallée des Eaux Chaudes, est classé en «zone urbaine sensible». La majorité municipale est à gauche; le maire est Serge Gloaguen (socialiste), également conseiller régional, qui a succédé à Jean-Louis Bianco en 2001.

Le territoire communal de Digne est très accidenté; il monte à 1 653 m au nord à la Bigue, 1 516 m au sud au sommet de Cousson, site de vol libre, et 1 702 m à l'est sur la barre des Dourbes, qui fait partie de la montagne de Coupe et domine le hameau des Dourbes. Une petite route de crête au nord de la ville monte à l'Andran (1 219 m), site de vol libre sur les pentes duquel s'est établi le centre géologique de Saint-Benoît et le musée-promenade de la réserve géologique de Haute-Provence, avec cascade pétrifiante, aquariums, moulage de l'ichtyosaure de La Robine et volière à papillons, dominant la rive droite de la Bléone au nord de la ville; une dalle à ammonites géantes est un peu au nord, dans la commune. Dans la vallée de la Bléone, la base de loisirs du lac des Ferréols est en aval de la ville, un golf à 6 km au sud-ouest sur la rive gauche. Digne est le siège de la communauté de communes des Trois Vallées, qui réunit 5 communes (17 300 hab.). L'arrondissement a 48 100 hab., 10 cantons, 65 communes, 246 545 ha.

Les 2 cantons ont 21 400 hab., 13 communes, 42 449 ha dont 11 591 de bois. Entrages (90 Entrageois, 2 261 ha dont 894 de bois), 11 km au SE de Digne à 925 m, est un tout petit village de montagne dominé par le Cousson; distillerie de lavande. Son territoire associe un vallon affluent du torrent des Eaux Chaudes qui descend vers Digne, où se trouve le village et, de l'autre côté d'une crête montant à 1 158 m, une partie du versant droit de la vallée de l'Asse à la sortie de la clue de Chabrières; le finage atteint ainsi le cours de l'Asse. Au nord-est de Digne à 5 km, desservi par la route de la Javie, Marcoux (410 Marcousiens, 3 217 ha dont 1 035 de bois) est à 690 m sur un éperon dominant le confluent de la Bléone et du Bouinenc; sa population augmente depuis le minimum des années 1930-1950 (180 hab.); elle a gagné près de 80 hab. de 1999 à 2007.

La Robine-sur-Galabre (260 Robinois, 4 591 ha dont 800 de bois) est une grande commune d'habitat dispersé au nord de Digne. Elle a intégré en 1973 les anciennes communes d'Ainac (13 hab.) et Lambert (11 hab.) aux sources du Galabre, et Tanaron au nord-est au-dessus du Bès, qui n'avait plus d'habitant; par la même occasion, elle a complété son nom par celui de la rivière. Son finage occupe le bassin du Galabre, petit affluent de rive droite du Bès, et une partie de celui du Bès, qui longe le territoire communal par l'est à la sortie de la clue de Barles, puis y pénètre au pied de la rigide crête de Liman, qui atteint 1 318 m. Si la vallée du Bès est assez sauvage, boisée et peu habitée, celle du Galabre est plus ouverte et abrite deux groupes de hameaux, les uns (anciennes communes d'Ainac et Lambert) en amont dans un cirque sous le sommet de Nibles, dit aussi Petite Cloche (1 909 m) et la pointe de l'Aiguille (1 686 m), l'autre (La Robine même) en contrebas à 750 m, à 11 km au nord de Digne. Au-dessus de ce dernier à l'est, le mont Saint-Vincent abrite le Site de l'Ichtyosaure, de la Réserve géologique.

Hautes-Duyes (27 Duyens, 2 284 ha dont 750 de bois, à 800 m) et Le Castellard-Mélan (50 Castellardiens, 2 574 ha dont 1 158 de bois, à 1 050 m) à l'ouest, se partagent le bassin de tête de la rivière des Duyes, dont le cours intermittent atteint la Bléone au sud-ouest du canton. Leur relief est dominé par la crête de Géruen (1 880 m) et la montagne de Mélan (1 708 m). Hautes-Duyes est un nouveau nom, créé en 1973 par la fusion de Saint-Estève en bas (28 hab.) et Auribeau en haut (20 hab.); les deux avaient ensemble 320 hab. vers 1840, et leur population a baissé jusqu'en 1999; elle est de 33 hab. en 2007. Le Castellard-Mélan résulte d'une fusion de la même année; Mélan avait 10 hab. et Le Castellard 47 en 1968, contre 390 ensemble vers 1840. La commune est traversée par le GR 6 et a plusieurs hameaux et chapelles ruinés. Le finage de Mélan déborde vers le nord le col de Font-Belle (1 304 m) et descend dans un vallon boisé, au bout duquel est le petit village d'Authon, qui est dans le canton de Sisteron.

Plus basse, Thoard (650 Thoardais, 4 369 ha), sur la rive gauche des Duyes à 765 m, est aussi nettement plus peuplée; son finage dessine un large berceau entre la Bigue à l'est et le sommet de Vaumuse (1 435 m) à l'ouest. Le village, d'allure médiévale, conserve des restes de remparts et de son ancien château, et un puissant clocher-tour du 12e s.; musée des cuivres (instruments de musique), maison de retraite. Thoard est à 8 km au NO de Digne à vol d'oiseau, mais à 25 km par la route. Elle a eu plus de 1 000 hab. de 1836 à 1861, 314 en 1962, et croît depuis; elle a gagné une soixantaine d'habitants de 1999 à 2004.

Le versant occidental des Duyes porte en aval les communes de Barras (120 Barrasiens, 2 080 ha, à 325 m), qui a une petite distillerie de lavande et un centre d'aide par le travail, et de Mirabeau (400 Mirabellois, 1 822 ha dont 292 de bois), dont le village à 15 km OSO de Digne, à 650 m, est dans un vallon affluent des Duyes, dominé au sud par la haute colline qui porte les ruines de l'ancien village perché. Le finage de Mirabeau va jusqu'à la Bléone et au confluent Bléone-Duyes; au-dessus de la Bléone trône le château de Fontenelle, du 17e s.; coopérative agricole. Ces communes ont connu la même évolution démographique que la plupart des communes du bassin de Digne, avec un creux dans les années 1960.

Trois communes se partagent le versant droit de la Bléone en aval de Digne. La plus proche de Digne est Champtercier (710 Champtercierciens, 1 831 ha dont 652 de bois, à 700 m), qui a une maison de retraite Champsoleil (Orpea, 35 sal.), un atelier d'installations électriques (Baro, 20 sal.), une institution pour handicapés (Itep). Son finage n'atteint pas la Bléone. La commune a vu naître Pierre Gassendi en 1592; elle a quelques restes de sa maison natale et un observatoire astronomique Gassendi; parc rural de Haute-Provence, musée du santon avec atelier de fabrication; un village de vacances. Sa population croît sensiblement depuis le minimum de 1962 (150 hab.) et a encore gagné 90 hab. de 1999 à 2007.

Aiglun (1 100 Aiglunais, 1 489 ha dont 438 de bois), 8 km au SO de Digne à 700 m, a pour établissements une miroiterie PBR (25 sal.), la clinique et maison de retraite des Carmes (100 sal., 50 lits), les travaux publics Cosepi (35 sal.). Son finage va de la Bléone aux Duyes; le vieux village perché et jadis fortifié est délaissé depuis longtemps au profit des lotissements du bord de la route Napoléon qui longe la Bléone. Aiglun n'avait que 160 hab. en 1962 et croît vigoureusement (+160 hab. de 1999 à 2007). Plus en aval, à 12 km de Digne, Mallemoisson (1 000 Mallemoissonnois, 604 ha, à 510 m) est issue d'un vieux village perché et, comme à Aiglun, son habitat est descendu près de la route. La commune n'avait que 230 hab. de 1920 à 1954; elle a gagné 40 hab. de 1999 à 2005; centre de rééducation. Elle est le siège de la communauté de communes Duyes et Bléone, qui associe 7 communes et 2 900 hab.

Enfin, Le Chaffaut-Saint-Jurson (830 Chaffaudiers dont 160 à part, 3 620 ha dont 1 346 de bois), à 580 m, étire son finage le long de la Bléone, mais côté sud en ubac. Le Chaffaut a absorbé en 1887 Lagremuse (40 hab.), à l'ouest; en 1962, Saint-Jurson (16 hab.), à l'est; en 1973, Espinouse (18 hab.) à l'extrême sud-ouest. La commune a eu 230 hab. en 1975 et a crû sensiblement comme périphérie de la préfecture; elle a gagné 50 hab. de 1999 à 2005. Le hameau du Chaffaut est à 11 km au sud-ouest de Digne près de la rive gauche de la Bléone. Le chemin de fer de Provence comporte une petite gare à l'est de la commune, près du hameau de Saint-Jurson. Le château de Carmejane (17e s.) et les ruines du château fort de la Gremuse (15e s.) sont vers l'ouest; coopérative de distillation de plantes aromatiques. Le lycée agricole dit de Digne est à Carmejane, assorti d'un centre de formation d'adultes et d'une ferme expérimentale.