Doubs (département du)

département de la région Franche-Comté, traversé par la rivière de même nom. Il a pour préfecture Besançon et pour sous-préfecture Montbéliard au nord-est et Pontarlier au sud. Il longe une bonne part de la frontière franco-suisse jusqu’au sud de Mouthe et a pour autres voisins les départements de l’Ain, du Jura, de Haute-Saône et le Territoire de Belfort. Il est divisé en 35 cantons et 594 communes, qui forment 28 communautés de communes et 2 communautés d’agglomération, Besançon et Montbéliard. Hors de ces dernières, cinq pays officiels sont dessinés. Le Conseil général a une majorité de gauche (16 socialistes, 3 divers gauche, un Vert, contre 12 UMP et 3 divers droite); il est présidé par Claude Jeannerot, socialiste, élu de Besançon-Ouest et spécialiste des questions d’emploi, également sénateur. Sur 5 députés, 4 sont UMP et un socialiste; deux sénateurs sont socialistes, un UMP.

Sous l’effet de la métropolisation, le département, qui contient les deux principales agglomérations de la région dont le chef-lieu, a une population sensiblement croissante. Pendant un siècle (1850-1950), elle est restée autour de 290 000 hab., la dépopulation des campagnes étant tout juste compensée par la croissance urbaine; depuis, celle-ci l’emporte largement; le nombre d’habitants est passé à 471 100 en 1975, 484 800 en 1990, 499 100 en 1999; elle a dépassé le demi-million et elle est estimée à 522 700 en 2008 (537 600 pour la population totale). La croissance est entièrement due à l’excédent de naissances (+0,53% par an dans les années 1990), car le solde migratoire reste sensiblement négatif (-0,21%). La fécondité est élevée, la population jeune et la proportion de retraités relativement faible.

La plus grande partie du département s’étend sur les plateaux du Jura. Toutefois, il inclut au sud une partie des grands plis orientaux dans le secteur de Pontarlier et Mouthe, où il culmine à 1 463 m au Mont d’Or; au nord, au pied du Jura, la vallée du Doubs et la partie occidentale de la Porte de Bourgogne autour de Montbéliard, les terrains accidentés entre les vallées du Doubs et de l’Ognon, celle-ci fixant la limite septentrionale du département. Du nord-ouest au sud-est, le département apparaît ainsi divisé en une série d’unités de paysages parallèles, bien résumées sur la carte http://www.doubs.fr/images/departement/cartes/Paysages_doubs_A4.pdf de l’excellent site du département (http://www.doubs.fr): vallée de l’Ognon, avant-monts et avant-plateaux, bordure jurassienne précédée à l’est par un Bas pays, Premier Plateau et Second plateau (et plus ou moins entre les deux; les vallées de la Loue et du Dessoubre), Jura plissé des Grands Monts et des Grands Vaux au sud et gorges du Doubs au nord-est.

Sur cette trame se superposent les réseaux de villes et de communications. Le département est très fortement polarisé par les deux agglomérations de Besançon au nord-ouest et de Montbéliard-Sochaux au nord-est, distantes d’environ 80 km, très différentes dans leur structure et leur dynamique: la première polyvalente, aux activités tertiaires très dominantes et nantie de fonctions de haut niveau, avec quelques traces de l’ancienne spécialisation horlogère et micromécanique; la seconde plus industrielle, dominée par le foyer sochalien de Peugeot et ses sous-traitances, mais en cours de diversification et d’affinement.

Le couloir qui les relie est dans une situation ambiguë; sa topographie écarte et disperse les voies de communication, son peuplement et ses villes sont assez discrets; en revanche, il supporte des trafics internationaux croissants entre Allemagne, Suisse, Europe médiane d’un côté, Paris et les régions de la Méditerranée occidentale d’autre part. Il n’est en effet qu’un tronçon de l’axe du Rhin à la Saône, ouvert du côté de Dijon sur le sud et Paris, et du côté de Mulhouse vers l’est et le nord. Si le trafic fluvial y est bloqué en l’absence de voie à grand gabarit, dont l’idée même a été abandonnée, les trafics routier et ferroviaire sont denses et une ligne de TGV est programmée.

Dans le département, les branchements sur ce couloir ne sont que d’intérêt local; les relations avec Vesoul au nord et Pontarlier ou Genève et Lausanne au sud se font directement à partir des deux foyers principaux. Hors de ce bipôle et de son couloir, un chapelet de petits bassins de peuplement et d’activités s’esquisse tout le long de la frontière suisse, en dépit du fait que la haute vallée du Doubs y multiplie les sites encaissés qui à la fois lui confèrent son charme et son attraction touristique, et en font un obstacle aux circulations. Le pays de Maîche, au nord-est, est le principal foyer horloger du département et de la région. Morteau, plus au sud, allie industries diversifiées, tourisme et gastronomie. Pontarlier est le principal pôle du sud du département et commande le passage en Suisse et Italie par la cluse des Hôpitaux ainsi que les attraits réunis du lac de Saint-Point et de la station de montagne à Métabief-le Mont d’Or, qui assurent au petit pays de Mouthe un peu d’animation saisonnière.

Sur les plateaux entre Besançon et la frontière, les activités et le peuplement sont réduits et poursuivent leur déclin, sauf exceptions locales. Seule Ornans y fait figure de centre de services et d’industrie, à vrai dire presque en grande banlieue de Besançon (25 km); Valdahon dépasse peu l’horizon de son camp militaire; mais le bassin de la Loue attire des visiteurs. Sur ces plateaux, ce qui reste d’activité agricole est tout orienté vers l’élevage laitier et l’entretien de la forêt, qui alimente d’assez nombreuses scieries et ateliers dispersés de meubles et de construction de chalets.

Dans l’ensemble du département, la forêt occupe 43% de la surface (226 000 ha) dont on sort environ 500 000 stères par an. La surface agricole utilisée est à peine supérieure (240 000 ha), en herbe à 75%; si l’on ajoute les cultures fourragères, on arrive à 93% de la surface: c’est dire si la spécialisation dans l’élevage est accusée; 85% des 3 000 exploitations professionnelles sont classées «bovins-lait»; les 95 000 vaches laitières fournissent 5 millions d’hectolitres de lait par an, dont il est tiré 57 000 t de fromages, la moitié en comté. Le produit agricole annuel total est d’environ 350 millions d’euros, dont 160 de valeur ajoutée. Tout cela est évidemment peu sur les 12 millions d’euros de produit annuel du département, qui se situe en fort bon rang dans le classement du produit par habitant (18e, mieux que d’autres départements urbanisés et actifs comme l’Ille-et-Vilaine et au niveau de l’Isère), et encore en assez bon rang (31e) pour le produit par emploi. La part de l’industrie dans le produit brut est très supérieure à la moyenne française (34% contre 24, bâtiment compris); l’automobile assure presque la moitié des exportations. Sur environ 70 000 salariés de l’industrie, l’automobile représente 26 000 (38%), les biens intermédiaires 31%.