Drusenheim

5 100 hab., 1 573 ha, commune du Bas-Rhin dans le canton de Bischwiller, à 14 km ESE de Haguenau et 32 km ENE de Strasbourg, au bord de la Moder et du Rhin, près de l’ancienne raffinerie de pétrole de Herrlisheim. Le vieux centre villageois est sur la rive gauche de la Moder mais s’était doublé d’un faubourg sur la rive droite; l’habitat s’est étoffé côté nord, mais de vastes lotissements ont transformé le paysage côté siud à proximité des installations industrielles. Bénéficiant de la voie ferrée et de l’A 35, qui traversent la partie nord du finage, elle a équipé une grande zone d’activités au bord du Rhin, abritant notamment une usine de produits pharmaceutiques de Dow Chemicals (200 sal.), une fabrique de chariots métalliques (Caddie, 290 sal.); négoce de fournitures industrielles Hoffmann (70 sal.); transports Wincanton (Mondia, 20 sal.).

Drusenheim a un collège public, un supermarché Leclerc (25 sal.), la charcuterie Schwob (30 sal.) et une spécialité d’asperges. La population était de 2 400 hab. en 1954; ella augmenté de près de 400 hab. entre 1999 et 2007. Le finage inclut à l’est une moitié du port de Dolhunden sur le Rhin, au sud le port de Drusenheim et un secteur boisé, au sud-ouest une partie des terrains de l’ancienne raffinerie, au nord-ouest la forêt domaniale de Drusenheim. La ville est le siège de la communauté de communes Espace rhénan (4 communes, 15 200 hab.).

Caddie® alsacien

L’usine Caddie de Drusenheim est la plus moderne des deux usines dont la marque dispose en Alsace, l’autre étant à Schiltigheim; mais les opérations de traitement de surface (zingage) doivent se faire à 35 km de là dans l’usine du Revêtement industriel d’Oberhausbergen, filiale du groupe. Celui-ci a commencé en 1928 comme atelier artisanal de Raymond Joseph, fabricant de paniers à salade et d’égouttoirs. L’artisan est revenu avant-guerre d’un voyage à Chicago avec l’idée du chariot de supermarché, déjà créé par Sylvan Goldman dans l’Oklahoma; il est en mesure de le lancer en 1957; il dépose un nom, protège son produit par quantité de brevets et de procès, et devient le champion européen du chariot à provisions. Tout chariot n’est donc pas un Caddie, comme tout réfrigérateur n’est pas un Frigidaire. Le mot n’est pourtant pas inventé, il existait en anglais; mais il a eu beaucoup de succès dans le domaine et au-delà par analogie: Caddie est à présent utilisé pour des achats virtuels sur Internet, comme si panier ne suffisait pas, et l’on voit même des «caddies pégagogiques», comme si le mot dossier avait disparu… Pourtant la firme, qui est toujours à la famille Joseph et qui occupe près d’un millier de personnes en tout, y compris dans des ateliers au Portugal et en Chine, a tendance à réduire son personnel: il a mal supporté la concurrence et s’est fait doubler par l’allemand Wanzl (2 500 sal.), qui a même ouvert une usine à Sélestat dès 1981. Il est vrai toutefois que les produits des Ateliers réunis Caddie ne se limitent pas aux chariots à provisions mais s’étendent à d’autres moyens de manutention. Remarquons que le terme caddie est d’origine anglaise et a un double sens, issu de deux étymologies différentes: écrit caddie, il désigne le domestique portefaix du golfeur, ou plus généralement un gamin chargé de tâches très subalternes sinon ingrates, en somme le grouillot, et viendrait du français cadet; écrit caddy, il désigne une boîte ou un récipient quelconque, un conteneur, et viendrait du malais kati, terme pour un paquet de thé standard (catty, environ une livre un tiers, donc environ 600 grammes). On ne sait si R. Joseph, qui a déposé les deux orthographes, pensait à la boîte ou à l’esclave…